SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, duc de). - Lot 4

Lot n° 4
Go to lot
Estimation :
6000 - 7000 EUR
SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, duc de). - Lot 4
SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, duc de). Lettre autographe signée « Le duc de St Simon » à la marquise et comtesse de Saint-Simon, Catherine-Marguerite de Pineau de Viennay. Château de La Ferté-Vidame [dans l'actuel département d'Eure-et-Loir]. Une p. 1/2 in-8. BELLE LETTRE SUR L'EDUCATION A DONNER AUX ENFANTS DE L'ARISTOCRATIE. ATTENTIF A LA POSTERITE DE SON NOM, LE DUC DE SAINT-SIMON (1675-1755) avait perdu son fils aîné en 1740, et voyait la santé de son second fils se délabrer (celui-ci mourait en 1754). Aussi prenait-il un soin particulier de ses lointains cousins. Ce fut particulièrement le cas pour ceux de la branche de Montbléru : il s'intéressa aux filles et fils de Louis-Gabriel de Rouvroy, comte et marquis de Saint-Simon, nés depuis 1741, dont le futur grand d'Espagne Claude-Anne. « Je suis ravi, Madame, que M. de Rouffiac [second époux de la veuve du conseiller financier du duc de Saint-Simon] m’ait rendu témoignage auprès de vous de tout ce que j’en pense désire, que vous me fassiés la grâce d’en estre contente, de me parler avec confiance. À MON AGE EN MA RETRAITTE ON NE PEUT PLUS RIEN OU PRESQUE RIEN, MAIS LE PEU QUE JE POURRAY JE VOUS L’OFFRE. L’âge de vostre famille ne comporte encore rien, mais dès que la santé l’âge le permettront, JE NE CONNOIS RIEN DE PLUS PRESSE QUE DE METTRE LES FILLES EN RELIGION, point du tout dans l’espoir très réprouvé de les faire religieuses, mais pour les tirer d’objets qui ne peuvent leur estre utiles, leur en donner d’autres où elles auront instruction, éducation, tout ce qu’il convient jusqu’à ce qu’elles soyent bien véritablement appellées a estre religieuse[s], ou que vous soyez en estat de les establir. Je ne sçay ce que c’est que l’abbaye de Saintes pour l’éducation. Si elle y estoit bonne, la maison est belle, nombreuse, riche, a vostre porte, je vous répondrois de tous les soins de m[adam]e l’abbesse ma cousine germaine mon amie, avec qui je suis en comerce, à portée de tout [Marie de Durfort-Duras, abbesse de Saintes, était en fait une cousine germaine de l'épouse du duc de Saint-Simon]. Vous avés, Madame, le loisir la comodité de vous en informer doucement seurement, car le grand point est que des enfans ne perdent point leurs années dans un couvent, mais qu’ELLES Y TROUVENT CE QUI LES DOIT FORMER POUR DIEU POUR LEUR ESTAT SI ELLES SE MARIENT. POUR LES GARÇONS VOUS N’AVES RIEN QUI VAILLE EN PROVINCE. Quand l’aage la santé le permettront, IL N’Y A DE PARTI QUE CELUY DE LES ENVOYER A PARIS AU COLLEGE avec un domestique seur qui y demeure avec eux. Je m’informeray en attendant [sur] celuy où ils seront le mieux, ou les jésuittes ou autres. Je me chargeray de vaincre toutte difficulté pour les y faire venir quand vous en aurés choisy un, d’avoir l’œil seur eux tandis qu’ils y seront, en mes absences qui sont longues de Paris, d’avoir quelqu’un de seur qui m’en rende compte. Sur tout cela, leur âge à tous donne le temps de chercher de choisir, mais le plustost que l’aage la santé pourront sagement permettre de les oster d’où ils sont, sera tout le mieux. JE VOUS FELICITE, MADAME, DE PENSER A LEUR EGARD AVEC UNE TENDRESSE EFFECTIVE COURAGEUSE QUI SENT QUI VEUT LEUR BIEN AUX DEPENDS DU PLAISIR DE LES GARDER SOUS VOS YEUX. En tout ce que je pourray vous estre bon a quelque chose en particulier, à eux, soyez persuadée Madame que je m’y porteray avec toutte l’affection possible, le désir de vous témoigner que je suis très véritablement vostre très humble très obéissant serviteur... » RARE.
My orders
Sale information
Sales conditions
Return to catalogue