85. SAVARY (Anne Jean-Marie René). Manuscrit autographe, ave - Lot 85

Lot n° 85
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Estimation :
6000 - 8000 EUR
85. SAVARY (Anne Jean-Marie René). Manuscrit autographe, ave - Lot 85
85. SAVARY (Anne Jean-Marie René). Manuscrit autographe, avec quelques notes de 3 autres mains. 141 ff. recto-verso in-folio, chiffrés 1, [2] et 1 à 134 avec 5 feuillets numérotés bis , 3 collettes et un petit feuillet ajouté , le tout monté sur onglets et relié en un volume de chagrin vert sombre, dos lisse cloisonné et orné, encadrement de frise à la grecque dorée avec titre doré sur le premier plat, chemise de papier vert doublée de basane retournée grise (reliure pastiche moderne). LONG PASSAGE DE SES MEMOIRES, concernant ici la période révolutionnaire puis le Consulat jusqu'en juillet 1803, avec de longs développements sur la campagne d'Égypte puis la seconde campagne d'Italie, avec une présentation des premières affaires policières qu'il a eu à traiter, dont celle de l'enlèvement du sénateur Clément de Ris. Le texte du présent manuscrit correspond aux 472 premières pages du premier volume de l'édition originale parue en 1828 à Paris chez Adolphe Bossange. « MEMOIRES TRES IMPORTANTS DONT LE RETENTISSEMENT FUT CONSIDERABLE EN RAISON DE LA PERSONNALITE DE L'AUTEUR » (Jean Tulard, Nouvelle bibliographie critique des mémoires sur l'époque napoléonienne, Paris, Droz, 1991, n° 1322). Commencés par le duc de Rovigo lors de son emprisonnement par les Anglais à Malte en 1815-1816 et poursuivis lors de son exil à Smyrne en 1816, ils furent écrits dans le but avoué de « venger [sa] mémoire » des calomnies dont il dit que sa conduite avait été la cible, et pour démontrer qu'il avait obtenu ses fonctions et ses titres par des voies licites. TEXTE PRESENTANT DE NOMBREUSES VARIANTES AVEC LA VERSION IMPRIMEE. LA PREFACE ET LE TOUT DEBUT DU TEXTE, SONT ENTIEREMENT DIFFERENTS. CE MANUSCRIT DONNE A ENTENDRE LA VERITABLE VOIX DU DUC DE ROVIGO : s'il est écrit dans un style parfois rugueux ou maladroit, il s'avère bien plus authentique que la version imprimée, manifestement retouchée par un « teinturier » qui en a fréquemment enjolivé les tournures, sans avoir néanmoins procédé à des interpolations apocryphes. MORT DU GENERAL DESAIX A MARENGO (ff. 77 v°-83 v°) : « ... Dans ce moment-là le g[énér]al Desaix me donna cette commission-cy : "Vous voyez les ennemis et ma position, je ne puis différer à attaquer, pour ne pas l'être moi-même, avec tant de désavantages : je serai battu pour la 1ère fois de ma vie si j'attends l'attaque de cette colonne qui va me tomber sur le corps dans quelques instants [version imprimée : « Si je tarde, je serai battu, et je ne me soucie pas de l'être »] , allez au plus vite dire cela de ma part au premier consul. Prévenez-le bien que je ne puis plus attendre et rappellez-lui que je n'ai pas de cavalerie [en note : « il n'avoit que 200 hussards de son régiment. »], qu'il le sçait bien et que conséquement ce sera à lui à me faire appuyer par une bonne charge [version imprimée : « que je n'ai pas de cavalerie, qu'il est indispensable qu'il dirige une bonne charge »] dans le flanc de cette colonne pendant que je vais la heurter de front." Je partis au galop et trouvai le 1er consul près des trouppes des généraux Lannes et Gardanne qui étoient placés à la droite du village de Marengo et en mouvement pour exécuter le changement de front de l'armée. Il écouta attentivement le rapport que je lui faisois et en paroissoit préoccuppé , il me disoit, [version imprimée : « Je lui transmis le message dont j'étais chargé , il m'écouta avec attention, réfléchit un instant, et m'adressant la parole »] "Vous avez bien vu la colonne." "Oui, mon général" (on lui parlait ainsi). "Elle a donc beaucoup de monde". "Oui, beaucoup, mon général". "Mais Desaix en paroît-il inquiet." "Mais, mon général, il m'a paru n'en être inquiet que par les suites d'une hésitation que l'on mettroit à attaquer quoi qu'il en puisse arriver, et il m'a bien recommandé de vous dire qu'il étoit inutile de lui envoyer d'autres ordres à moins que ce ne fût celui de se retirer, et encore je crois que ce mouvement seroit au moins aussi dangereux que le 1er." "Alors, dit le premier consul, qu'il attaque, je vais lui en faire porter l'ordre. Pour vous, allez là (me montrant dans la plaine un point noir), vous y trouverez le g[énér]al Kellermann qui y comande cette cavalerie que vous voyez, vous lui apprendrez ce que vous venez de me dire, et vous lui direz de ma part de charger sans compter, sur cette colonne, aussitôt que l'attaque du g[énér]al Desaix commencera, d'ailleurs restez près de lui, vous lui ferez reconnoître le point par où Desaix débouchera car il ne sçait même pas qu'il est à l'armée." J'obéis, et trouvai le g[énér]al Kellermann à la tête d'à peu près six cents chevaux, reste de la cavalerie avec laquelle il avoit combattu depuis le matin , à peine avois-je fini de lui transmettre l'ordre du 1er consul, qu'un feu de mousqueterie à la gauche des maisons de Marengo annonça le commencement de l'attaque du g[énér]al Desaix qui, avec le 9ème rég[imen]t léger, chargeait vivement la tête de la colonne autrichienne, celle-cy riposta mo
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