1898 Delahaye Type 0

Lot 111
100 000 - 150 000 €

1898 Delahaye Type 0

Numéro moteur 602
Numéro boîte de vitesse 602
Carte grise française

Dès le début de la production de la marque DELAHAYE, fin 1894 à Tours, par Emile DELAHAYE dans ses ateliers au 34, rue du Gazomètre, sera construit le type 1, voiture à deux cylindres, considérée comme grosse voiture qui évoluera en cylindrée et en puissance, pour devenir successivement le type 2 puis le type 3. Le 30 décembre 1897, Emile DELAHAYE va s’associer avec Georges MORANE et Léon DESMARAIS, la Société Emile DELAHAYE et Cie est ainsi créée. C’est alors que de nouvelles perspectives s’ouvrent qui devront s’adapter à la concurrence, notamment celle de DE DION-BOUTON. Pour rivaliser avec ce dernier, un nouveau type de voiture va être créé, le type 0, la petite voiture légère, animé par un moteur monocylindre horizontal de 1099 cm3 toujours installé à l’arrière et à plat sous le châssis, comme ses prédécesseurs. Il sera produit dès la fin de l’année 1898, en évoluant progressivement jusqu’à sa disparition courant 1901, où en fin d’année tous les modèles de la marque adopteront les moteurs Titan migrant à l’avant des différentes voitures. Le type 0 sera ainsi remplacé par le type 0A ( A pour Avant ). Coïncidant avec les débuts de l’association, on considère que les premiers exemplaires du type 0 ont été assemblé sur le site tourangeau historique, puis en parallèle sur le site parisien du 10 rue du Banquier dans le XIIIème arrondissement. C’est ainsi que les cabochons en bronze des essieux sont gravés des 2 sites de production : Tours et Paris. N’ayant malheureusement aucun registre de production sauvegardé, on considère environ 250 exemplaires de type 0 produits au cours d’approximativement trois années, fin 1898-fin 1901.
Nous sommes en présence très probablement de l’un des tout premiers exemplaires du type 0 de la fin de l’année 1898. Deux éléments révélateurs nous l’indiquent formellement, la présence des grandes roues à 14 rais montées à l’arrière, avec le gros moyeu extérieur type carriole, et la direction par colonne à guidon, pignons et chaîne. Les modèles plus tardifs présenteront des roues arrière de plus petit diamètre, voire de diamètre identique à celles du train avant, et une direction par volant. On note de façon précise le n° 602 frappé à plusieurs endroits de l’ensemble mécanique qui nous indique le n° du châssis. Il est particulièrement troublant de constater que ce n° 602 correspond à celui du châssis examiné pour le passage aux Mines du type 0. Ce certificat étant daté ultérieurement par rapport à sa date de production, chose courante pour l’époque. La carrosserie de ce type 0 correspond à l’appellation « Duc « ou « Petit duc » que nous retrouvons exactement dans le catalogue DELAHAYE de 1898-1899. L’avant des premiers modèles, comme cet exemplaire, n’ayant pas encore adopté la forme en léger coupe-vent des versions ultérieures. L’origine de cette dénomination « Duc » venant naturellement de son origine hippomobile, définissant initialement une voiture de ville et de promenade à caisse largement ouverte et abaissée, dépourvue de siège de cocher, menée par le siège intérieur par le propriétaire, un siège pour le domestique pouvant être installé à l’arrière. Option de l’époque également proposée sur le type 0, assise dans le sens inverse de la marche et repose-pieds. Sauf nouvelle révélation, seulement 4 exemplaires de type 0 sont à ce jour survivants, 3 en France et 1 au musée de Grandson en Suisse. Dans deux cas il s’agit de la version vis-à-vis, et dans l’autre d’un unique tonneau, carrosseries également proposées dans les catalogues de l’époque. Ainsi survivent les trois types de carrosserie les plus répandues, montées sur le type 0.
L’histoire de ce type 0 est assez simple à résumer, commandé neuf par un industriel du textile de la commune de Reuilly dans le département de l’Indre, il sera conservé dans la propriété jusqu’à sa mise en dépôt lors de la création du musée de Vatan, situé non loin dans le même département. Musée créé par les deux frères Camille et André Guignard en 1964, déjà garagistes dans cette commune au bord de la nationale 20. André Guignard se souvient parfaitement de cette voiture. Lors du décès de la propriétaire, ses deux fils décideront de se séparer de cette Delahaye d’une autre époque, la voiture sera présentée aux enchères le 4 décembre 1979 lors d’une vente à Drouot, la voiture partira sur une enchère de 51.500 frs. Il faut bien noter que lors de son exposition au musée de Vatan et lors de la vente, notre type 0 présentait un avant modifié, affublé d’un pseudo capot-coffrage allongeant de façon inesthétique son aspect. Lors de sa restauration, la voiture a bien heureusement retrouvé sa présentation d’origine. Il s’agit d’un modèle particulièrement rare de nos jours, dans un très bel état de conservation. Le type 0 étant un modèle emblématique dans l’histoire de la production Delahaye, véritable jonction entre les sites de Tours et Paris.
Jean-Paul TISSOT

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