CLAUSEWITZ (Carl von). De la Guerre. Paris, librairie milita - Lot 3

Lot n° 3
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CLAUSEWITZ (Carl von). De la Guerre. Paris, librairie milita - Lot 3
CLAUSEWITZ (Carl von). De la Guerre. Paris, librairie militaire, maritime et polytechnique de J. Corréard, 1849-1851. 6 parties en 3 volumes in-8, xxiv-479-(une blanche) + 599-(une blanche) + 503-(une blanche) pp., demi-basane rouge, dos lisses filetés avec mention « campenon » dorée en queues, tranches mouchetées ; troisième partie reliée erronément avant la deuxième, coiffes légèrement frottées, rousseurs éparses, plus fortes aux premiers feuillets du 3e volume ; quelques traits au crayon. Édition originale de la première traduction française du texte, procurée par le major d'artillerie belge Jean-Baptiste Neuens (1812-1881), dont la culture militaire garantit une interprétation adéquate du champ lexical du traité. En outre, elle a été établie sur l'édition originale allemande (Vom Krieg, Berlin, Ferdinand Dümmler, 1832-1834), avant que le texte ne subisse des manipulations comme ce fut le cas dès la deuxième édition allemande (1853). Officier efficace et courageux, historien des guerres révolutionnaires et impériales, et Théoricien militaire de première importance, le général prussien Carl von Clausewitz (1780-1831) débuta sa carrière militaire dès l'âge de treize ans, participa comme officier de ligne aux guerres menées contre la Révolution française, puis étudia à l'Académie militaire de Berlin. Sorti en tête de sa promotion, il fut aide-de-camp du prince Auguste de Prusse, combattit contre les Français en 1806 mais, capturé à Auerstedt, il demeura prisonnier jusqu'en 1808. À son retour, il œuvra aux côtés de Gerhard Johann David von Scharnhorst à la réforme de l'armée prussienne, pour en faire un outil efficace et y renforcer l'esprit patriotique, dans l'idée novatrice de contribuer à la liberté et à l'unité de l'Allemagne. En 1810, il fut nommé professeur à l'Académie militaire, mais quand Napoléon Ier contraignit en 1812 la Prusse à l'alliance, il s'exila et se mit au service de la Russie : c'est sous uniforme russe, comme lieutenant-colonel d'état-major, qu'il négocia la reddition du corps prussien de la Grande Armée (1812) et qu'il participa aux campagnes de 1813, 1814 et 1815, servant notamment à la bataille de Waterloo. Revenu en Prusse à la chute de l'Empire napoléonien, il reprit son poste à l'Académie militaire et fut fait général en 1818. Outre le présent traité, il laissa des récits historiques des campagnes de 1796, 1799, 1812-1813 et 1815. « La guerre n'est que la continuation des transactions politiques, comportant l'immixtion d'autres moyens... » De la Guerre, traité majeur de stratégie militaire et de philosophie des conflits. La réflexion de Carl von Clausewitz se fonde sur trois constats initiaux : tout d'abord l'entrée du peuple sur le terrain de la guerre avec la Révolution française, ensuite la pratique nouvelle d'une guerre totale telle que Napoléon Ier la menait jusqu'à écrasement complet de l'adversaire, enfin la supériorité des guerres défensives et populaires sur les guerres offensives, telle que l'illustre l'expérience des Espagnols (1808-1814) et des Russes (1812) face aux Français. De la Guerre n'est pas un simple recueil de maximes, mais bien plutôt un traité fortement charpenté où se déploie une pensée formant système, et dont la compréhension nécessite une lecture approfondie afin de mettre constamment en rapport les différents concepts énoncés. En effet, il s'agissait pour Carl von Clausewitz, nourri du rationalisme des Lumières, de découvrir l'ordre, la logique, le calcul dans le désordre apparent de la guerre, et de l'appréhender dans une vision stratégique globale, c'est-à-dire dans son développement logique et temporel, et dans tous ses aspects, militaires, politiques ou moraux. Il définit le rapport des forces comme le croisement du but politique (variable) et du but militaire (immuable, consistant à désarmer l'ennemi sans l'être soi-même), mais s'il affirme que « la guerre n'est que la continuation des transactions politiques, comportant l'immixtion d'autres moyens » (vol. III, p. 195), il précise néanmoins que le primat du politique s'exerce dans la guerre et non sur la guerre. La pratique stratégique demeure de l'ordre d'un duel, dans lequel il faut pouvoir prévoir la réaction de l'adversaire à une action, mais aussi la possibilité de voir cet adversaire modifier sa réaction en fonction de l'idée qu'il se fait de nous. Si donc la théorie dégage des caractères généraux à partir desquels le stratège doit prendre des décisions dans sa pratique particulière, le génie du chef de guerre est supérieur à la théorie, car la théorie ne peut qu'expliquer a posteriori en quoi consiste ce génie. Carl von Clausewitz a par ailleurs souligné la tendance naturelle, structurelle de la guerre à tendre à l'absolu, à l'extrême, à l'illimité : tout moyen de remporter la victoire pouvant devenir utile, peut se mettre en place une l
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