1902 Gardner Serpollet Type F "Œuf de Pâques"

Lot 113
60 000 - 80 000 €

1902 Gardner Serpollet Type F "Œuf de Pâques"

Base châssis type F
Numéro de série 467
Carte grise de collection

La compétition débuta très tôt dans la carrière de Léon Serpollet puisque le 10 mai 1891, il avait déjà pris part à la Course de tricycles à moteur automatique, et n’avait pu terminer l’épreuve à cause d’une panne de son véhicule. Un échec sportif qui n’avait donné aucune suite jusqu’au 10 juin 1895 où Léon Serpollet engage deux tricycles dans la course Paris-Bordeaux-Paris, soit près de 1200 km. Sur les 21 voitures alignées au départ, six sont animées par un moteur à vapeur, et une seule franchit la ligne d’arrivée.
La situation florissante de l’entreprise permet à Serpollet d’envisager un retour à la compétition pour prouver la valeur de ses modèles. C’est tout d’abord un véhicule de série de 12 HP, conduit par Léon Serpollet lui-même, qui s’impose en 1901 dans la course Nice-Draguignan-Nice alors que la voiture était confrontée à des véhicules dont la puissance atteignait pour certains les 35 HP. Peu après, il remporte l’épreuve de vitesse du kilomètre lancé à 100,55 km/h, lors de la première Coupe Rothschild disputée à Nice.
En avril 1902, se couraient toujours à Nice pour la deuxième année consécutive les Coupes Rothschild, qui comportaient des épreuves routières, une course de côte dans la Turbie, et une épreuve de vitesse, le kilomètre lancé.
Tous les grands constructeurs d’Europe étaient présents au départ, soit directement, soit par leurs clients, car le retentissement de l’épreuve était énorme alors que les grandes épreuves automobiles internationales étaient rares.
Léon Serpollet avait décidé de courir lui-même, au volant d’un véhicule spécialement aménagé à partir d’un châssis 12 HP « client » équipé d’une double alimentation et surtout d’une carrosserie profilée selon les critères de l’aérodynamisme naissant. Le résultat fut à la hauteur des espérances de Serpollet : après un lancement de 600 mètres, le Kilomètre fut parcouru en 29 secondes 5/10ème soit à la moyenne de 120,805 km/h établissant ainsi un record du monde. La voiture participa ensuite au meeting de Bexhill (Mai 1902) puis fut vendue à Londres en juin 1902. Seulement 2 records du monde ont été réalisés avec des automobiles à vapeur.
Le précédent record du monde de vitesse avait été réalisé par Camille Jenatzy le 29 avril 1899 à Achères sur « la jamais contente ». Et le prochain record à vapeur sera réalisé par l’américain Marriott sur Stanley le 26 janvier 1906 à 195 km/h.
Sur la même base, il en fut construit un deuxième exemplaire, reconnaissable à sa carrosserie arrière arrondie, qui courut et gagna à Gaillon et Château-Thierry, confié au coureur Le Blon.
Baptisée "l’œuf de Pâques" en raison de sa forme, la voiture est ensuite exposée au salon de l'automobile de Londres afin de stimuler les ventes outre-Manche où une usine de montage des voitures Serpollet a été inaugurée.
D’autres victoires s’ajoutent au palmarès de la marque, certaines acquises par des pilotes amateurs au volant de voitures strictement de série. Des victoires dans des épreuves de vitesses mais également de belles performances dans des épreuves d’endurance comme la course Paris-Vienne avec cinq voitures au départ, et cinq à l’arrivée.
Lors de la dramatique course Paris-Madrid, l’équipe Serpollet constituée de sept voitures d’approximativement 40 HP, rejoint Bordeaux, terme de l’épreuve, à 95 km/h de moyenne, et 140 km/h en vitesse de pointe, sans avoir connu le moindre problème technique, témoignant que le système Serpollet est aussi performant que fiable.
Cependant, la plus belle victoire de la marque est remportée une fois encore par Léon Serpollet à Nice lorsqu’il gagne pour la troisième fois consécutive la Coupe Rothschild au mois d’avril 1903, s’adjugeant définitivement le trophée qui récompensait la marque ayant obtenu trois victoires dans cette épreuve.

Caractéristiques techniques :
- Générateur à vaporisation instantanée chauffé au pétrole « lampant »
- Moteur à 4 cylindres à plat opposés 2 à 2 à simple effet
- Distribution par soupapes
- Condensateur et radiateur
- Entrainement direct par chaine unique
- 80 à 120 km d’autonomie

La reconstruction de cette automobile mythique a été effectuée sur plus de 10 ans par son actuel propriétaire. Un important dossier d’échanges de courriers décrivant toutes ces étapes de refabrication sera remis à l’acquéreur. En 2010, cette Gardner Serpollet a retrouvé la promenade des Anglais, 108 ans après son exploit au volant de son propriétaire !

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