CASTELLANE (Boniface de)

Lot 42
40 000 - 50 000 €
Résultat : 95 000 €

CASTELLANE (Boniface de)

Correspondance de 24 lettres autographes adressées à ses parents. Prusse orientale puis Russie, 21 juin-2 décembre 1812, et Berlin, 21-22 décembre 1812. Environ 48 pp. de formats divers, d'une fine écriture serrée. – Dans les transcriptions ci-dessous, les diverses abréviations du texte manuscrit ont été développées, par commodité, nous y avons indiqué la numérotation propre à Castellane. UNE PRECIEUSE ET RARISSIME CORRESPONDANCE DE RUSSIE. AU PLUS PRES DE L'EMPEREUR. Capitaine promu chef d'escadron en octobre 1812, Boniface de Castellane servit durant la campagne de Russie comme aide-de-camp du général Mouton (lui-même aide de camp de l'empereur), puis comme officier attaché au service du major général de la Grande Armée Louis-Alexandre Berthier, et enfin comme aide-de-camp du général Louis-Marie de Narbonne-Lara (lui-même aide de camp de Napoléon Ier). L'emploi de Castellane auprès des généraux Mouton et Narbonne l'amenèrent à être constamment employé au service de l'empereur, qu'il devait accompagner à cheval, pour qui il devait récolter des informations, ou dont il devait acheminer les messages... Côtoyer Napoléon Ier lui permit d'accéder au service régulier de l'estafette, et d'envoyer ses précieuses lettres (datées et complétées à plusieurs moments de la journée), qui ne se raréfièrent qu'après le départ du souverain pour la France. Il utilisa d'ailleurs ponctuellement plusieurs autres voies, dont les auditeurs ou les services du ministère des Relations extérieures. D'UNE EXTRAORDINAIRE PRECISION, CES LETTRES PERMETTENT DE SITUER AU PLUS JUSTE, SOUVENT A L'HEURE PRES, LES DEPLACEMENTS DE L'EMPEREUR, DES MARECHAUX ET GENERAUX. UNE MINE DE RENSEIGNEMENTS SUR LA VIE MATERIELLE DURANT LA CAMPAGNE, que ce soit au bivouac, dans les villages, les bourgs et villes, sur les logements, la nourriture, les vêtements, et, après le passage de la Bérézina, sur la dégradation des conditions de vie: froidure, dénuement, fatigues, désorganisation, vols... LES DEUX DERNIERES LETTRES SONT ECRITES DE LA MAIN GAUCHE, CASTELLANE AYANT EU LA DROITE GELEE. UN RESEAU D'AMITIES ARISTOCRATIQUES. Le futur marquis ne manque pas une occasion de donner des nouvelles de ses camarades et relations, ceux qui figurent sur ce qu'il appelle sa «liste», et qui appartiennent quasiment tous à la noblesse d'Ancien Régime ralliée à l'empereur: aux côtés de Fernand de Rohan-Chabot (futur duc de Rohan, aide de camp du général de Narbonne-Lara), Élie de Talleyrand-Périgord (aide de camp du général de Nansouty), Raymond-Gabriel Béranger de Sassenage (au service de Joachim Murat), se trouvent des officiers de diverses grandes familles: Astorg, Beauvau, Canouville, Crillon, Chabrillant, Fezensac, Flahaut, Girardin, La Bourdonnaye, Montaigu, Montesquiou, Montholon, Mortemart, Ségur... Seul Tiburce Sebastiani, aide de camp du général de Narbonne-Lara, régulièrement cité, n'était pas noble. JEUNE OFFICIER DEJA CHEVALIER DE LA LEGION D'HONNEUR, LE FUTUR MARECHAL DE FRANCE SERAIT FAIT COLONEL AU RETOUR DE RUSSIE, A 25 ANS SEULEMENT. DE HAUTE NOBLESSE, BONIFACE DE CASTELLANE (1788-1862) était le fils d'Adélaïde-Louise-Guyonne de Rohan-Chabot et du marquis Boniface Louis André de Castellane-Novejean, député sous la Révolution puis préfet et maître des requêtes au Conseil d'État sous Napoléon Ier. Entré dans la carrière militaire à seize ans (1804), il débuta dans l'Infanterie avant de passer dans les Dragons (1806) et de servir en Italie. Devenu aide de camp du général Mouton, futur comte de Lobau et futur maréchal (il demeura auprès de lui jusqu'en 1812), il fit ses premières armes en Espagne, où il fut fait lieutenant et se distingua particulièrement à Medina del Rio-Seco et Burgos (1808), étant employé pour la première fois au service de Napoléon Ier. Durant la campagne d'Autriche, il participa aux batailles d'Eckmühl, Essling et Wagram (1809), ce qui lui valut d'être envoyé par l'empereur porter la nouvelle de la paix au roi Jérôme en Westphalie, au roi Louis en Hollande, et de se voir octroyer la légion d'Honneur. Bientôt fait capitaine, puis chef d'escadron, il serait colonel à la chute de l'Empire, et poursuivrait une belle carrière militaire sous les régimes successifs, général puis maréchal en 1852. LA CORRESPONDANCE DE CASTELLANE S'AVERE UNE SOURCE IMPORTANTE QUI, PAR UNE PLUS GRANDE ABONDANCE DE DETAILS, COMPLETE AVANTAGEUSEMENT SON JOURNAL, publié de 1895 à 1897 (Paris, Plon, Nourrit). La fille du maréchal, dans la préface à l'édition de ce journal, explique: «Il était le meilleur des fils, et l'amour fanatique du métier militaire avait pu seul contrebalancer chez lui l'amour filial. Sans négliger aucun devoir de sa situation, grâce à son ordre et à sa méthode, grâce aussi à une grande activité qui ne dégénérait jamais en agitation, il trouvait chaque jour, même à la guerre, le temps d'écrire une lettre à son père, et de tracer quelques lignes sur son journal» (p. i). La numérotation indiquée ci-dessous correspond à celle employée par Castellane pour marquer l'ordre de ses lettres au cas où certaines aient pu ne pas parvenir en France. La plupart de ces lettres ont été écrites en plusieurs fois et en plusieurs lieux différents. - N° 39, à son père. – Stallupönen [actuelle Nesterov dans l'enclave russe de Kaliningrad], 21 juin 1812: «... Ce matin j'ai été chez le commissaire ordonnateur, chez Mr de Narbonne, puis mettre ma lettre à l'estafette où attendu le départ de Sa Majesté. Il était 5 heures. J'AVAIS VU AVANT, DEVANT LE PALAIS, LE PRINCE DE NEUFCHATEL [le major général de la Grande Armée Louis-Alexandre Berthier] QUI M'A DIT DEVANT MON GENERAL (qui n'a pas entendu, au reste cela m'est égal, à ce que je crois, parce qu'il parlait à Perrin [le futur colonel Hubert Joseph Vincent Perrin, neveu et aide de camp du général Mouton]): "J'ai reçu des nouvelles de votre père, il veut absolument que vous soyez chef d'escadron. Cela viendra." J'ai répondu bêtement: "Oui, Monseigneur, cela viendra... " – Wilkowitzken [actuelle Vilkaviškis en Lituanie], 22 juin. «... Je suis arrivé ici il y a une heure. Je suis resté 2 heures à faire rafraîchir mes chevaux à Stalluphonen. À Virballen [actuelle Virbalis en Lituanie], 1ère poste polonaise, il y a 4 lieues. Je ne m'y suis pas arrêté. À Wilkowisken, 4 lieues, arrivée à 6 h. 3/4 du matin, ayant mis 6 heures depuis Stallupohnen. L'EMPEREUR EST ENCORE ICI, je mettrai cette lettre à l'estafette avant mon départ...» n° 40, à son père. – «Pilwischten» [Pilwischken, actuelle Pilviškiai en Lituanie], 22 juin: «... J'AI VU PASSER EN ROUTE LE ROI DE NAPLES A CHEVAL [Joachim MURAT]...» – «Nodornisky» [actuelle Naugardiške en Lituanie, près de Kovno/Kaunas], 23 juin: «... 10 h. 3/4 du matin. Je suis à cheval depuis hier presque continuellement. LE GRAND ÉCUYER [le général Armand-Augustin-Louis de Caulaincourt] AYANT EU LA BONTE DE ME METTRE DE SERVICE, n'y ayant point d'officier d'ordonnance en avant, j'ai été assés heureux pour être en avant... Je suis au vin de Chambertin depuis hier au soir. JE RETOURNE A LA TENTE DE L'EMPEREUR... 7 h. 3/4 du soir. Depuis que je vous ai écrit ce matin, LE GRAND ÉCUYER M'A ENGAGE A VENIR M'ETABLIR DANS UNE GRANGE AVEC LE GRAND MARECHAL [le général Géraud Christophe Michel Duroc], le général Narbonne, les généraux EXELMANS et GUYOT, Mr de Lamberti [le futur maréchal Remi Joseph Isidore Exelmans, Claude Étienne Guyot, l'écuyer de l'empereur Marie Antoine Camille Ernest de de Lambertye]. Notre établissement a été fort gai... 8 h. du soir. J'AI REJOINT L'EMPEREUR A SKRANDZ [actuelle Skriaudžiai en Lituanie] hier au soir, ayant servi à cheval le Grand Écuyer.. De Pilwildz [actuelle Pilviškiai en Lituanie] à Skrandz il y a 10 lieues, nous y avons soupé. JE SUIS REMONTE A CHEVAL ET AI SUIVI SA MAJESTE. Je suis resté à cheval jusqu'à 5 heures du matin...» «L'empereur est arrivé... nous sommes montés à cheval... aux avant-postes...» n° 42, à son père. – Kovno [actuelle Kaunas en Lituanie], 25 juin: «... Je vais partir avec Fernand, Sebastiani, pour le quartier général du roi de Naples [Joachim MURAT] à 7 lieues, où l'empereur va demain matin...» – «Zismory» [Jijmory, actuelle Žiežmariai en Lituanie], 26 juin: «... De Kowno ici il y a 10 lieues, 39 verstes... mais je me suis trompé, j'ai suivi les bords de la Wilia au lieu de ceux du Niémen... et ME SUIS TROUVE A 11 HEURES AU QUARTIER GENERAL DU MARECHAL NEY... J'en suis parti ce matin et suis arrivé ici depuis 1 heure. Je fais rafraîchir mes chevaux et continuerai 2 lieues plus loin où Sa Majesté couchera probablement ce soir – il y a du sable pendant 8 lieues mais pas très tirant. On fait 6 lieues des bords du Niémen de KOWNO ici. Cette ville EST ASSEZ BELLE ET ASSEZ BIEN BATIE POUR LA POLOGNE. QUAND A ZISMORIS LES MAISONS Y SONT DE PLANCHES. UN CHATEAU AUPRES A ASSEZ D'APPARENCE. Pays de plaine, bois de sapins de chêne, seigle, la Pologne se ressemble assez partout, celle du Grand-Duché [de Varsovie] et celle de Russie. – «Stranelisky» [près de Vilnius], 27 juin: «... JE VIENS DE COUCHER DANS MON BIVAC AVEC LE GENERAL LEBRUN qui nous a rejoint hier au soir. Je suis arrivé hier ici à 4 heures du soir y étant venu 2 fois car j'étais retourné au 1er village parce que le quartier général pour le service léger n'y était pas encore arrivé... Voilà ma conversation avec Perrin [le futur colonel Hubert Joseph Vincent Perrin, neveu et aide de camp du général Mouton] qui a été fort ridicule, et bête ledit Perrin. Il m'a dit avec l'air animé: "Le général m'a chargé de te dire qu'il avoit fait exprès de t'ordonner devant tout le monde d'aller à ses chevaux. Il ne faut pas croire, parce que tu as un de devant ton nom, que tu ne doives pas t'occuper du fourgon &a "... Grande sortie contre les nobles à la suite du de, que sa caste valait mieux que la mienne &a. Je lui ai répondu que je ne lui en parlais pas, que je n'y mettais point de différence, mais que c'était nous placer aussi bien bas. – Vilnius, 28 juin: «... JE NE SAIS SI JE REVE ENCORE QUAND JE VOIS QUE NOUS SOMMES ICI. IL N'Y A EU QUE 5 COUPS DE CANON DE TIRES, 2 HOMMES TUES ET NOUS OCCUPONS TOUTE L'ANCIENNE POLOGNE ou du moins la plus grande partie... JUSQU'A PRESENT LES RUSSES N'ONT FAIT QU'EVACUER LE PAYS A NOTRE APPROCHE. Depuis que j'ai quitté Gumbinen [actuelle Goussev dans l'enclave russe de Kaliningrad], j'ai à peine eu le tems de vous écrire et bien peu celui de dormir, j'ai presque toujours été à cheval. Hier matin je suis parti d'où j'étais pour le 1er village, après ai été à une lieue de là chercher des vivres, suis revenu au 1er village – ma carte est mauvaise, je n'ai pu retenir les noms. L'EMPEREUR Y EST ARRIVE A 2 HEURES, A 5 HEURES NOUS SOMMES MONTES A CHEVAL, AVONS FAIT 8 LIEUES, AYANT ETE AUX AVANT-POSTES A UN MOULIN. À 19 HEURES NOUS SOMMES REVENUS COUCHER A 1 PETIT CHATEAU QU'EN FRANCE ON APPELLERAIT CHAUMIERE...» n° 44, à son père. – Vilna, 30 juin, 8 h. 3/4 du matin: «... Je vais aller prendre le service au Palais... 9 h. 3/4 du soir... Je viens du salon de service où j'ai passé toute la journée. JE SUIS MONTE CE SOIR A CHEVAL AVEC SA MAJESTE et vais faire une petite course. En revenant je mettrai cette lettre à l'estafette. Elle n'est pas partie, parce que 2 brigades de chevaux de Sa Majesté sont déjà parties pour l'état major du roi de Naples...» n° 48 / 10, à sa tante la comtesse de Castellane, transmise à son père. – Vilna, 6 juillet: «... Je viens de rencontrer Fernand [de Rohan-Chabot] à cheval qui m'avait relevé ce matin allant en mission à 30 lieues au prince d'Eckmühl [le maréchal Louis-Nicolas DAVOUT] du côté de Minsk... Je suis passé au Palais pour savoir l'adresse du vice-roi [d'Italie, Eugène de BEAUHARNAIS] chez lequel je voulais remettre une lettre de la duchesse d'ABRANTES pour son mari [le général Jean-Andoche JUNOT] qu'elle m'a remise à mon départ de Paris, m'enjoignant de ne la remettre qu'à lui-même ou de la lui faire passer par un officier sûr... J'AI ETE ENSUITE CHEZ LE DUC DE BASSANO [LE MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES, HUGUES-BERNARD MARET] OU JE SUIS RESTE 2 HEURES A CAUSER...» «L'empereur disait tout à l'heure devant tout le monde...: "Nous trouverons de bons chevaux de carosse à Moscou"...» n° 49, à son père. – Vilna, 6 juillet: «... M'été acheter une bouteille de vinaigre de Maille pour 6 f. d'après le conseil d'Ivan [le chirurgien de Napoléon Ier Alexandre-Urbain YVAN] qui m'a dit que cela était très sain à mêler avec de l'eau dans ce pays-ci...» – Vilna, 7 juillet: «... Les avant-postes du roi de Naples [Joachim MURAT] sont à Widsy [au Nord-Est de Vilnius]. Je ne sais si vous avez reçu mes cartes, de Nuremberg. Vous pouvez écrire à Mr Frédéric Campe, libraire marchand d'estampes et de musique n° 198 à Nuremberg pour les réclamer... IL PARAIT QUE C'EST SUR MOSCOU QUE NOUS NOUS DIRIGERONS, CAR L'EMPEREUR DISAIT TOUT A L'HEURE DEVANT TOUT LE MONDE...: "NOUS TROUVERONS DE BONS CHEVAUX DE CAROSSE A MOSCOU... "» n° 52bis / 11, à sa mère, transmise à son père – Vilna, 11 juillet: «Midi 1/4... Il fait ici une chaleur étouffante... 9 h. 1/4. JE DESCENDS DE CHEVAL AVEC L'EMPEREUR... AVANT, SA MAJESTE A REÇU UNE DEPUTATION DE LA DIETE DE VARSOVIE QUI LUI A DEMANDE DE PROTEGER LE RETABLISSEMENT DE LA POLOGNE. SA MAJESTE A REPONDU QUE OUI, A L'EXCEPTION DE LA GALLICIE, ATTENDU QU'IL AVAIT GARANTI A L'EMPEREUR D'AUTRICHE L'INTEGRITE DE SES POSSESSIONS MAIS QU'ILS AURAIENT L'UKRAINE, LA VOLHINIE &&&a...» n° 58 (suite seule), à son père. – Gloubokoïé, 19 juillet: «... Midi 1/2... Mes chevaux n'arriveront de Vilna qu'à cette époque, après-demain au plutôt. J'en ai à l'état-major du roi de Naples [Joachim MURAT] du côté d'Orscha. Je suis toujours étonné de ma timidité avec tous les grands personnages. Je ne suis à mon aise qu'avec Mr de Narbonne... 6 h. 3/4... Je vous écris du salon de service pendant que l'empereur est à cheval, mais plus commodément que dans ma cellule puisque je suis assis sur une chaise au lieu d'être couché sur la paille. Mr le comte DARU vient d'y entrer [intendant général de la Grande Armée]. On a renouvellé la liste du Conseil d'État il y a quelques jours sans y rien changer mais sans travail particulier... JE SUIS VENU DINER AU PALAIS puis je viens de venir au salon de service qui n'est pas très loin de ma cellule. Tous les généraux sont dans des cellules 2 par 2... Fernand [de Rohan-Chabot] n'es pas encore arrivé... Toute ma liste excepté lui est ici, à l'exception de Flahaut qui je crois vient de Vilna et se porte fort bien. Le duc de Vicence traîne cependant un peu la jambe [le général et grand écuyer Armand-Augustin-Louis de CAULAINCOURT]...» - «J'arrive de poursuivre quelques Cosaques...» n° 64, à son père. – «Beszenkowicz» [Bechenkowitz, actuelle Beshenkovichi en Biélorussie,, entre Lepel et Vitebsk], 26 juillet, «2 heures de l'après-midi»: «Je vais partir... L'empereur est déjà en route...» – Sur la route de Vitebsk («14 lieues en avant de Beszenkowicz»), 26 juillet: «8 h. 1/2 du soir... Je viens d'arriver et vous écris auprès du bivac de mes chevaux. LA 1ère DIVISION DU VICE-ROI [D'ITALIE, EUGENE DE BEAUHARNAIS] A EU AUJOURD'HUI UNE AFFAIRE TRES BRILLANTE [A OSTROVNO]. ICI ELLE A ENLEVE LES POSITIONS DES RUSSES QUI ETOIT DU DOUBLE PLUS FORT... Flahaut a eu son aiguillette coupée d'une balle et est quillard, Bongars a eu son cheval blessé... Le capitaine Ferreri du 7e Hussards a la jambe emportée, il va bien. Le colonel Pégot [le futur général Jean Gaudens Claude Pégot] du 84e... a une balle à l'épaule... Je suis un des 1ers de l'état major ici, je vais aller au bivac de l'empereur...» – Devant Vitebsk, 27 juillet: «... Nous sommes arrivés de bonne heure, NOUS AVONS REPOUSSE L'ENNEMI 3 LIEUES, ON LE TIRAILLE ENCORE. Le général Mouton a fait prendre position à 3 divisions dont il est possible qu'il ait le commandement demain. Je vous écris d'un bois à côté d'un grouppe de mes camarades qui se reposent...» – Vitebsk, 28 juillet: «... 10 h. du matin... Je suis arrivé il y a 4 ou 5 heures, et ai été en avant d'ici. IL PARAIT QUE LES RUSSES SE RETIRENT SUR LA ROUTE DE SMOLENSK PUISQU'ILS NOUS ONT ABANDONNE CETTE VILLE... Je suis à cheval depuis 2 heures du matin, me suis occupé d'un logement qui ne servira pas puisque l'empereur est déjà en avant et que je vais le servir... J'ARRIVE DE POURSUIVRE QUELQUES COSAQUES... Je suis venu rendre compte à l'empereur qui y est déjà parti.. 3 h. 1/2 de l'après-midi. Nous avons été un peu en avant de la ville. Les troupes ont filé et il paraît que nous restons ici. Les camarades russes se retirent par la route de Smolensk... 5 h. 3/4... IL EST ARRIVE CE MATIN AU GENERAL [MOUTON] ET A MOI UNE CHOSE FORT DESAGREABLE. 4 DE SES DOMESTIQUES ET MON 1er VALET ONT ETE ARRETES PILLANT. On leur a trouvé 22 couverts d'argent... On les a lâchés par considération pour lui car son 2nd piqueur de beaucoup le plus coupable aurait été fusillé. J'ai donné des coups de plats de sabre et des souflets au mien, ils disent que c'est parce que des soldats emportaient tout. Le mien, très fidèle, s'est laissé entraîner par le mauvais exemple... L'empereur est déjà à cheval, on ne sait s'il reviendra ici...» n° 71, à son père. – Vitebsk, 8 août: «... JE VIENS DE ME METTRE EN BELLE TENUE POUR ALLER PRENDRE LE SERVICE CHEZ LE PRINCE DE NEUFCHATEL [le major général de la Grande Armée Louis Alexandre Berthier]. Ce qui m'ennuie fort c'est ce qu'on dit qu'on ne peut pas écrire dans le salon de service. J'ai déjà entendu plusieurs fois les aides de camp s'en plaindre. Au reste, je crois qu'on écrit des lettres malgré la défense. Chez l'empereur, c'est bien plus commode. On dessine au lit, on écrit, on fait ce qu'on veut...» – Vitebsk, 9 août: «... Je suis enchanté. Je viens de recevoir ma nomination d'aide de camp de Mr de Narbonne qui y a mis toute la grâce, toute l'obligeance que vous lui connaissez...» «Je vous écris dans un très beau bois de bouleau près de la tente de l'empereur...» n° 73, à son père. – Vitebsk, 12 août 1812: «... Je suis aujourd'hui de service avec Mr de Narbonne. NOUS AVONS ETE FAIRE UNE PROMENADE A CHEVAL AVEC L'EMPEREUR AVANT DINER...» n° 75 (avec un billet joint) à son père. – «... à 6 lieues en avant de Krasnoy» [Krasnoïé en Russie], 16 août: «... J'AI PASSE LA NUIT PARTIE DANS LA TENTE DE L'EMPEREUR, PARTIE AUPRES DU FEU DU BIVAC ET PARTIE EN COURSE. Hier nous avons fait 9 lieues environ, partie à cheval suivant la voiture de Sa Majesté et partie suivant aussi à cheval Sa Majesté... – Devant Smolensk, 16 août: «... 7 h. du soir... LES RUSSES SONT DANS LA VILLE. Il y a à peu près deux heures que je suis ici... Il y a eu quelques coups de canon et de fusil tirés... On vient dire que l'empereur loge à 1/2 lieue d'ici. Je vais monter à cheval... et y aller... – Devant Smolensk, 17 août: «8 h. du matin... JE VOUS ECRIS DANS UN TRES BEAU BOIS DE BOULEAU PRES DE LA TENTE DE L'EMPEREUR... Nous mangeons très bien quand nous sommes comme cela en route parce que nous vivons avec les officiers de la Maison... 7 h. du soir... Nous sommes montés à cheval à 10 h. après déjeuner. Je m'étais amusé à me mettre dans mon sac et à me reposer au son de la fusillade. À peine y étais-je qu'ON EST MONTE A CHEVAL. À MIDI 1/2 L'AFFAIRE S'EST ENGAGEE. NOUS AVONS ENLEVE LES POSITIONS. À 4 h. 1/2 nous étions maîtres des faubourgs... J'ai été assez employé ce qui m'a fait grand plaisir...» – Devant Smolensk, 18 août: «9 h. 1/2 du matin... LES RUSSES ONT EVACUE SMOLENSK CETTE NUIT. NOUS MONTONS A CHEVAL POUR ALLER A LA VILLE...» n° 77bis / 17, à sa mère, transmise à son père. – Smolensk, 22 août:«... Je vais écrire à Monge en le priant de passer chez Mr Félix de Crillon, place de la Concorde, n° 1, pour lui annoncer qu'AU COMBAT DU 19 [A POLOTSK] OU LE GENERAL GOUVION SAINT-CYR, QUI A REMPLACE LE MARECHAL OUDINOT, BLESSE D'UN BISCAYEN A L'OMOPLATE, A PRIS 20 PIECES DE CANON, FAIT HUIT MILLE PRISONNIERS, qu'à ce combat, Prosper de Crillon a été blessé d'une balle au bras qui ne le lui a pas cassé... Le duc de Plaisance est toujours souffrant, son état n'a rien d'inquiétant... 9 h. 1/4 du soir... JE VIENS DE DINER... ETANT RESTE A CHEVAL AVEC SA MAJESTE JUSQU'A 8 H. 1/2. Elle a passé en revue l'armée d'Italie. Je vous écris de la maison de l'estafette qui tient à celle où nous mangeons. Nous avons eu de la soupe, du bouillis, du mouton, des choux et du café. Voilà... notre dîner... Pour boisson de l'eau et du shnaps (eau de vie du pays)...» n° 81, à son père. – Rybki, 28 août: «... Je suis arrivé hier ici à 10 h.... et me suis établi dans une des chambres du château... sur la paille... LE ROI DE NAPLES A EU HIER UNE PETITE AFFAIRE ET A BATTU PAR CONSEQUENT LES RUSSES... LE MARECHAL GOUVION SAINT-CYR EST MARECHAL D'HIER. L'empereur de Russie est à Moscou. – «Sur les hauteurs 2 lieues en arrière de Viasma», 29 août: «... Nous avons eu beaucoup de poussière, cette nuit de la pluie, ce matin du brouillard. Notre avant-garde est entré à Viasma... Je vous écris sur du papier acheté à Kœnigsberg...» – «D'un château 2 lieues en arrière de Viasma», 29 août: «... Je pense que nous irons aujourd'hui à Viasma que les Russes ont évacué...» «La bataille du 7 dont je ne connais pas encore le nom [La Moskova]...» - n° 88 bis / 10, à sa tante, transmise à son père. – Mojaïsk, 10 septembre: «... C'est le lendemain de LA BATAILLE DU 7 DONT JE NE CONNAIS PAS ENCORE LE NOM [LA MOSKOVA]... que j'ai reçu votre excellente lettre... J'AI ETE CE MATIN VOIR LE GENERAL GROUCHY QUI SOUFFRE DE SA BLESSURE A LA POITRINE, il en a trois, son fils l'est également à la poitrine, mais sans danger non plus que Grammont, d'Astorg, que j'ai vu et qui a eu une contusion de biscayen à la fesse, Carbonel a eu la même blessure que Grammont, mais, moins fort puisqu'il peut marcher. Hély de Périgord se porte bien et est ici avec son général Mr de NANSOUTY dont la blessure est légère...» n° 96, à son père. – Moscou, 21 septembre: «... Je suis de service demain...» – Moscou, 22 septembre: «... J'AI PASSE PRESQUE TOUTE MA JOURNEE EN COURSE A CHEVAL DANS LA VILLE, L'EMPEREUR M'AYANT ENVOYE, et quand on ne sais pas les adresses, chercher dans une ville comme Paris n'est pas facile... J'ai acheté trois paires de bottes fourrées pour mettre par dessus les autres. J'en compte donner une paire à Fernand [de Rohan-Chabot] et en offrir une à Mr de Narbonne... J'ai un jockée polonais qui a suivi ma voiture depuis Ghjat et me sert pour l'honneur de me servir...» n° 111, à son père. – Moscou, 16 octobre: «... Je vous écris de mon 8e logement... Je suis descendu au salon de service, y suis resté une heure...» – Moscou, 17 octobre: «... Je vous ai mandé hier que le général Lauriston était allé aux avant-postes russes, on attend son retour aujourd'hui ou demain... – Moscou, 18 octobre: «... Avec un chapeau de 120 f. qu'un lieutenant-colonel de la Garde m'a cédé, j'ai fait en tout pour près de 300 f. d'achat aujourd'hui: des gants fourrés, du casimir blanc, n'en trouvant pas d'autre, de quoi en faire des bottes fourrées, un couvert d'argent, des éperons plaqués, un pantalon pour un de mes gens, des bas de laine, un bonnet fourré, &&&a... LE GENERAL LAURISTON EST REVENU HIER AU SOIR, IL PAROIT QUE NOUS ALLONS NOUS PORTER EN AVANT. LA VIEILLE GARDE PART, JE COMPTE DONC DEMAIN MATIN PRENDRE LA ROUTE DE KALUGA... Je vais, je crois, aller droit au château... J'ai reçu ma nomination de chef d'escadron au lieu de celle de chef de bataillon, qu'on me prie de renvoyer, ce que je ferai avec grand plaisir...» - «Le maréchal Bertier... arrivait de Moscou dont il est parti... après avoir fait sauter le Kremlin...» n° 115, à son père. – Véréïa, 27 octobre: «... 8 h. 1/2 du matin... Je suis parti hier de Mojaïsk à 2 h., suis arrivé ici à 5 h., où j'ai trouvé Mr de BOURMONT [le futur maréchal Louis Auguste Victor de Bourmont] qui arrivait, le prince PONIATOWSKI qui y était avec son corps et LE MARECHAL BERTIER QUI ARRIVAIT DE MOSCOU DONT IL EST PARTI LE 23 APRES AVOIR FAIT SAUTER LE KREMLIN... Mr de Pannat, frère de l'auditeur aide de camp du général Lefèvre-Desnouettes a été tué hier dans une affaire d'avant-garde, près de Médouin [Médine, au Sud de Vereïa]. Je suis logé avec Mr de Bourmont... 6 h. 1/2 du soir... L'empereur est arrivé ici aujourd'hui... FERNAND [DE ROHAN-CHABOT] est en très bonne santé. Il M'A MONTRE LES COUPS DE LANCE DANS SES HABITS, qu'il a reçus le 18...» – «2 lieues en avant de Mojaïsk, vers Ghjat», 28 octobre: «... Je vous écris auprès du feu de la cuisine de l'empereur...» – Gjatsk, 29 octobre: «... Nous arrivons à l'instant, avons fait 16 lieues, le temps est beau, un froid sec...» – Gjatsk, 30 octobre: «... Je viens du Palais de service... Il fait un froid sec, très beau tems...» n° 115 bis / 27 (avec une note jointe), à sa mère, transmise à son père. – Viazma, 1er novembre: «... Nous voyageons par un très beau tems, un peu froid mais sec... On m'a volé mon petit porte-manteau il y a 2 jours... ON A PRIS MA PELISSE... Dans mon petit porte-manteau j'avais tout ce qui est nécessaire à la toilette & ma pelisse me tenait chaud pour dormir la nuit... Bérenger marche maintenant avec nous, le roi de Naples [Joachim MURAT] étant au quartier de l'empereur [Béranger de Sassenage Du Gua, aide de camp au service de Murat]...» – Viazma, 1er novembre: «Nous nous remettrons sûrement en marche demain, nous ne savons pas encore où nous prendrons nos quartiers d'hyver. Je pense qu'on prendra pour ligne le Dnieper et la Duina...» n° 116, à son père. – Viazma, 31 octobre: «... Après vous avoir écrit hier, nous sommes partis avec l'empereur de Ghjat [Ghjatsk] et avons été coucher à 6 lieues au château où nous avions été la 1ère fois... Ce soir je suis dans une cave où chambre voûtée où sont mes chevaux, et ne souffrirai pas du froid...» – Viazma, 1er novembre: «... 11 h. du matin... J'adresse maintenant toutes mes lettres sous le couvert de Mr de LAVALETTE [le directeur des Postes Antoine Marie Chamans de Lavalette]... 8 h. du soir... J'avais été voir MM. de Beauvau et de Mailly qui vont bien de leurs blessures, ils sont tous deux dans la même calèche de l'empereur... Je vais prendre une tasse de café et m'étendre sur la paille dans la chambre d'où je vous écris chauffée par un poële...» – Viazma, 2 novembre: «... Je viens de prendre une tasse de café...» – «D'un château à 7 lieues de Viasma», 3 novembre 1812: «... Je suis parti hier tard de Viasma, attendant ma voiture qui était en avant, que j'ai rencontrée en route. J'AI MAINTENANT MA PEAU D'OURS ET DES PELISSES DE FEMME QUI ME TIENNENT CHAUD LA NUIT...» - «Hier nous avons passé la Bérésina...» n° 124 (avec «suite» et «seconde suite»), à son père. – «2 lieues en avant de Koukonovo» [actuelle Kochanava en Biélorussie, à l'Ouest d'Orcha], 21 novembre: «... Nous avons fait à peu près 7 lieues aujourd'hui, ai profité de votre bon chocolat arrivé dans la caisse de chapeaux... Il fait un tems humide, LE PAYS EST COUPE ET MELE DE BOIS, LA ROUTE EST BORDEE DE DEUX RANGEES DE BOULOTS. Je vais retourner au salon de service...» – Bobr, 22 novembre: «... Je viens de souper chez le général SEBASTIANI [le futur maréchal Horace Sebastiani] et suis chez le général GROUCHY [le futur maréchal Emmanuel de Grouchy]. Nous sommes partis à 8 h. et arrivés à Tolocsin [actuelle Talachyn en Biélorussie], petite ville, à midi, 4 lieues. L'empereur m'a envoyé en avant chercher les généraux PAJOL et BORDESOUL [Claude Pierre Pajol et Étienne Tardif de Pommeroux de Bordessoulle], ce qui fait en tout 12 lieues. Je suis arrivé à 7 h. du soir. BOIS ET PAYS DE MARAIS, la double allée de boulots le long de la route cesse à Tolocsin. Bobr sur le Bobr est une petite ville polonais. JE VAIS M'ETENDRE SUR UNE PEAU D'OURS à côté de Carbonel [Antoine François Carbonel, aide de camp du futur maréchal Grouchy] et du jeune Grouchy [le futur général Alphonse Frédéric Emmanuel de Grouchy, fils du futur maréchal]...» – Bobr, 23 novembre: «... L'empereur qui a couché à Tolocyn est venu ici aujourd'hui, par conséquent j'ai eu séjour... Il gèle un peu, je vais aller chez le général SEBASTIANI [le futur maréchal Horace Sebastiani] où nous logeons...» – Bobr, 24 novembre: «... Bienkletki m'a emporté beaucoup plus que je ne croyais... L'autre Polonais Koho est parti il y a 2 jours avec un cheval. Il m'en reste 5... J'AI MIS TOUT CE QUI ME RESTE SUR MES CHEVAUX... JE N'AI PLUS EN HABITS QUE CELUI QUE J'AI SUR LE CORPS...» «Lochinka» [Lochnitsa], 25 novembre: «Parti hier à 11 h. de Bobr, je suis arrivé ici à 7 h. du soir ayant fait 8 lieues. C'est une forêt de pins continuelle. Depuis Bobr, on passe 3 ponts et 3 villages. Il gèle mais très peu...» – «2 lieues sur la droite de Borisow près de la Bérésina», 26 novembre: «... 7 h. 1/2 du matin... Je vous écris à la lueur d'un feu de bivac... Nous avons fait hier 8 lieues, partis à 9 h. nous nous sommes arrêtés à Lochenicz [Lochnitsa], sommes arrivés à 5 h. à Borisow où nous avons trouvé le 2e corps [commandé par le maréchal Oudinot]. Sommes repartis à 8 h. et ARRIVES A 10 H. A UN CHATEAU SUR LA DROITE PRES DE LA BERESINA [Staroï-Borissov, appartenant au prince Radziwill], en tout 8 lieues, forêts, défilés et marais. À notre arrêt à moitié chemin, un officier polonais venu de Vilna... nous a apporté la nouvelle de la VICTOIRE DU PRINCE DE SCHWARTSINBERG [le général autrichien Karl Philipp zu Schwarzenberg, à la tête du corps autrichien au service de Napoléon avec autorité sur le 7e corps du général Reynier]... – «D'un village 4 lieues sur la droite de Borisov près de la Bérésina», [27 novembre]: «HIER LE CORPS OUDINOT A PASSE LA BERESINA. L'ENNEMI A PEU INQUIETE NOTRE PASSAGE. IL FAIT UN TRES BEAU TEMS PAS TRES FROID. NOUS AVONS FAIT HIER 2 LIEUES LONGEANT LA BERESINA dont les fonds sont très marécageux... – «D'un village, Zanivky, 1/2 lieue de la Bérésina», [Zaniwski ou Zaliwki selon d'autres sources], 28 novembre: «... HIER NOUS AVONS PASSE LA BERESINA et sommes venus nous établir ici à 1/2 lieue après avoir été au corps OUDINOT à 1 lieue sur la gauche, étant de service. Ce corps et le 3e [du maréchal Michel NEY] ont eu aujourd'hui UNE TRES BELLE AFFAIRE... IL FAIT AUJOURD'HUI UN GRAND VENT HUILE DE NEIGE, LES NUITS DE 15 A 16 HEURES SONT INSUPPORTABLES... J'ai beaucoup couru aujourd'hui pour le service... – «Kamen» [entre Zembin et Staïki], 29 novembre: «Nous sommes partis ce matin à 7 h. du village où nous avons couché, avons déjeuné à Zembin, petite ville polonaise et sommes venus arrivés ici vers les 3 h. au château, 7 lieues, chemins de traverse, et défilés, bois. Il gèle mais pas très fort. Nous venons de manger un morceau. Je vais m'étendre sur ma peau d'ours, établi sur de bonne paille dans une espèce de chambre. C'est beaucoup d'être à couvert...» – «Kamen», 30 novembre: «6 h. 1/2 du matin... IL FAUT SUSPENDRE NOAILLES DE MA LISTE [Alfred Louis Vincent de Noailles, aide de camp du maréchal Berthier, VENAIT D'ETRE TUE le 28 novembre près de la Bérézina en allant porter des ordres au maréchal Oudinot]... Je me porte très bien...» – Staïki [au Nord Est d'Ilia dans l'actuelle Biélorussie], 1er décembre: «6 h. du soir... Parti à 7 heures du matin, je suis arrivé ici à 2 h. ayant fait 8 lieues. IL GELE ASSEZ FORT MAIS LE VENT SURTOUT EST TRES VIF. Hier nous avons fait 4 lieues et sommes venus coucher à Plechtchénitsoui [actuelle Pliešcanicy], 4 lieues. NOUS SOMMES FORT BIEN ICI, A UN CHATEAU DE BARON... – «Selieca» [Siélichtcha, entre Ilia et Molodetchno en Biélorussie], 2 décembre: «... Anatole de Montesquiou [fils du grand chambellan et de la gouvernante du roi de Rome] va partir, je lui remettrai cette lettre... Nous avons passé par Ilia et fait 8 lieues. Il dégèle... Je charge Anatole de mettre cette lettre à l'estafette à Vilna...» «Nous avons passé hier la Bérésina... Le corps Oudinot et le 3e corps ont fait aujourd'hui 3000 prisonniers aux Russes...» n° 126, à son père. – «D'un village à 1/2 lieue de la Bérésina», 28 novembre: «... NOUS AVONS PASSE HIER LA BERESINA... LE CORPS OUDINOT ET LE 3e CORPS ONT FAIT AUJOURD'HUI 3000 PRISONNIERS AUX RUSSES... Fezensac, Montesquiou sont en bonne santé, le bon Fernand [de Rohan-Chabot], Mr de Narbonne, toute ma liste à l'exception de Noailles dont je ne puis donner de nouvelles, se porte bien...» «Je vous ai mandé que j'avais eu la main droite gelée auprès de Vilna...» n° 129, à son père. Écrite de la main gauche en raison de sa main droite gelée. – Berlin, 21 décembre: «... JE VOUS AI MANDE QUE J'AVAIS EU LA M
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue