PAYS-BAS MERIDIONAUX - Lot 181

Lot n° 181
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Estimation :
3000 - 5000 EUR
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Résultat : 3 712EUR
PAYS-BAS MERIDIONAUX - Lot 181
PAYS-BAS MERIDIONAUX Exceptionnel panneau de tapisserie vers 1550/1570, probablement Tournai ou Bruxelles. Son registre : Les œuvres de miséricordes sont des actions que tout bon chrétien doit accomplir, comme : nourrir les affamés, donner à boire, accueillir les pauvres, soigner les malades, vêtir ceux qui sont nus. Ce sont des actes de charité, mais aussi des devoirs moraux des puissants. On est face à une tapisserie construite selon une logique morale, où plusieurs actions simultanées illustrent : les œuvres de miséricorde, la justice humaine, le salut chrétien, et l’organisation idéale de la société. Laine et soie Milieu XVIe siècle Hauteur : 250 cm ; Largeur : 230 cm. (Oxydations et usures naturelles, Tapisserie sur châssis en bois, Non doublée) Provenance : - Hôtel de Conti à Fontainebleau - acquis à la galerie Bresset dans les années 1970 par les propriétaires ANALYSE DU PANNEAU : Au premier plan on peut voir au centre une femme assise tenant entre ses genoux une cruche, elle est face à un moine tonsuré qui est à droite sur le panneau, celui-ci tient une marmite et set de la soupe à l'aide d'une louche, un homme situé entre la femme et le moine boit de la soupe dans une écuelle. Plus à droite en retrait du moine se tient debout une noble femme, tenant de son bras gauche un panier, et de sa main droite donne du pain à une femme, située au centre du panneau, entre le moine et l'homme qui boit de la soupe. AU second plan derrière la femme au pain, on voit un homme enchaussé dans un trébuchet, condamné à être exposé à la vindicte populaire. A gauche un noble d'un age certain, vient lui apporter du réconfort. Plus à gauche, un mendiant vieillard, affublé d'une béquille est vêtu de haillons attends son tour pour pouvoir avoir de la soupe. A l'arrière-plan entre l'homme enchaussé dans le trébuchet et la noble femme, on peut apercevoir derrière les barreaux de fenêtre d'un château deux hommes qui sont vraisemblablement des prisonniers. Le château prenant l'ensemble de l'arrière-plan coté droit du panneau. l'arrière-plan côté gauche, au-delà du vieux mendiant et de noble d'âge certain, on voit un homme qui passe une charrue à l'aide d'un cheval dans un champ. Et plus haut dans le panneau au centre, dans les coteaux on aperçoit attroupement clairsemé de personnes qui assiste à la pendaison d'un condamné. I. LE PREMIER PLAN : LE REGISTRE DE LA CHARITÉ ACTIVE Le premier plan concentre les gestes les plus importants. Chaque action correspond à une œuvre de miséricorde corporelle. 1. Le moine qui distribue la soupe → « Nourrir les affamés » Le moine tonsuré: tient une marmite, sert à la louche, nourrit les pauvres. Il représente :la charité chrétienne institutionnelle, le rôle des ordres religieux dans l'assistance aux nécessiteux. La soupe est essentielle : nourriture simple, communautaire, symbole de secours minimal mais vital. Le geste de la louche est central : il matérialise la circulation de la grâce et de la nourriture. 2. La noble femme qui donne du pain → « Donner à manger » et « exercer la charité » Cette figure est extrêmement importante. Elle : porte un panier, distribue du pain, agit avec calme et dignité. Elle incarne : la noblesse chrétienne idéale, la générosité des puissants, la responsabilité morale de l'élite. Le pain possede évidemment : une valeur alimentaire, mais aussi eucharistique. Le pain évoque le Christ, le partage et le salut. 3. La femme assise tenant une cruche → Figure de réception et de médiation Cette femme est fascinante car elle n'agit pas directement : elle tient une cruche entre les genoux, elle est assise, elle regarde la scene. La cruche peut symboliser : l'eau, le vin, donc la subsistance ou la purification. Elle semble jouer un rôle : d'intermédiaire, de stabilité, presque allégorique. Elle pourrait personnifier : l'abondance, la tempérance, ou la communauté bénéficiaire de la charité. 4. L'homme qui boit la soupe → Le pauvre secouru Son geste est très concret : boire, recevoir, survivre. Il représente : les nécessiteux, les humbles, ceux qui dépendent de la miséricorde chrétienne. Son écuelle est importante : elle symbolise la dépendance mais aussi l'acceptation du secours. II. LE REGISTRE DE LA SOUFFRANCE ET DE LA JUSTICE 5. L'homme au trébuchet → Justice publique et humiliation Le trébuchet est une peine d'exposition publique. Ce personnage : est puni, humilié devant tous, livré au regard collectif. La tapisserie introduit ici un theme essentiel : la justice terrestre. Mais ce qui est remarquable : la scène n'est pas uniquement punitive. 6. Le noble âgé qui réconforte le condamné → « Visiter les prisonniers » Voilà probablement la clé iconographique majeure du panneau. Le noble : s'approche du condamné, lui apporte du réconfort moral. Cela renvoie directement à une œuvre de miséricorde : «visiter les prisonniers»
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