Charles de LA FOSSE (Paris 1636 – 1716) - Lot 113

Lot n° 113
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2000 - 3000 EUR
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Charles de LA FOSSE (Paris 1636 – 1716) - Lot 113
Charles de LA FOSSE (Paris 1636 – 1716) Sainte Cécile Toile 47,5 x 30 cm Notre Sainte Cécile, patronne des musiciens et incarnation de la ferveur spirituelle exprimée par la musique, s’inscrit dans la période de maturité de Charles de La Fosse. Élève de Charles Le Brun, il s’en affranchit progressivement pour adopter un style plus lumineux et coloré, marqué par l’influence de la peinture vénitienne, en particulier celle de Véronèse. À cette époque, les sujets religieux faisaient l’objet de nombreuses commandes, destinées aussi bien aux églises qu’à la dévotion privée ou aux collections princières. La figure de la sainte, le regard tourné vers le ciel, symbolise le lien direct avec le divin et la réception de l’inspiration sacrée. Son instrument devient le signe de l’harmonie céleste, transformant la musique en véritable prière. On retrouve dans l’œuvre une lumière chaude, des couleurs vives, un mouvement doux et gracieux annonçant la sensibilité rococo. La lumière, enfin, rehausse la sainteté du sujet et crée un effet de grâce et d’élévation. Cette représentation illustre ainsi la transition entre le baroque encore expressif et la délicatesse du rococo naissant. La Fosse y démontre son talent pour la couleur et les jeux de lumière, transformant un thème religieux en une scène d’extase poétique. Nous rapprochons notre toile de deux œuvres : une Sainte Cécile, moins richement vêtue que dans notre toile et accompagnée de deux anges placés à sa gauche (voir C. Gustin-Gomez, Charles de La Fosse, Dijon 2006, T.II., P. 120, reproduit). Un élément commun toutefois : le pied de l’orgue, qui adopte la forme d’une sphinge. La touche, très onctueuse, est rapidement brossée ; la palette et les effets « cangianti » témoignent clairement de l’influence de Véronèse. Une deuxième Sainte Cécile de dimensions légèrement supérieures (H. 0,54 ; L. 0,45 cm, voir Ibidem, P. 138, reproduit) apparaît dans plusieurs ventes du XVIIIᵉ siècle. Nous remercions Madame Clémentine Gustin-Gomez d’avoir confirmé l’authenticité de l’œuvre sur photo et pour son aide apporté dans la rédaction de cette notice. Expert : Cabinet René Millet
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