[CAGLIOSTRO]. —[WILDERMETH (Alexander)]. [Le comte de Caglio - Lot 113

Lot n° 113
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[CAGLIOSTRO]. —[WILDERMETH (Alexander)]. [Le comte de Caglio - Lot 113
[CAGLIOSTRO]. —[WILDERMETH (Alexander)]. [Le comte de Cagliostro Autorisé à résider dans la ville suisse de Bienne] Pièce émise en qualité de maire de Bienne, écrite et signée de la main de son chancelier Alexander Moser. Bienne, 3mars 1787. In-folio, sceau armorié de la ville en cire sous papier; mouillure. Permis de séjour en Suisse. Expulsé de France à la suite de l'affaire du collier, à laquelle il s'était malgré lui trouvé mêlé, le comte de Cagliostro séjourna en Angleterre, mais ne parvenant pas à s'y faire une situation avantageuse, ildécida de se fixer en Suisse, point central en Europe où il comptait en outre un ami intime influent, Jakob Sarasin. Notable bâlois acquis aux Lumières, tenant un salon où il recevait des personnalités comme Lavater ou Pestalozzi, Jakob Sarasin avait connu Cagliostro à Strasbourg, où celui-ci avait soigné sa femme considérée comme perdue par les médecins. C'est lui qui aida le comte à s'installer en Suisse: ne recevant pas d'assurances pour la ville de Neuchâtel (alors sous contrôle prussien), il proposa Bienne au Sud de Bâle, étant lui-même lié avec des personnalités de la ville, notamment les frères Jakob Sigmund Wildermeth et Alexander Wildermeth, l'un banneret l'autre maire. Il s'assura d'abord que le consul de LouisXVI à Berne ne s'opposerait pas à l'installation du banni si près de la France, et alla à Bienne en mars se faire remettre le présent permis de séjour. En avril 1787, le comte de Cagliostro visita Bienne, et fonda à Bâle, chez Jakob Sarasin, la «Loge mère des pays helvétiques» autour des hommes bâlois et biennois qu'il avait initiés à son Rite égyptien lors de son précédent passage à Bâle en 1781. Il s'installa finalement à Bienne en juin 1787 et exerça principalement une activité de guérisseur, mais une brouille avec son ami le peintre strasbourgeois Philipp Jakob Loutherbourg, lui-même guérisseur, conduisit à un procès et à sa décision de quitter la Suisse en juillet 1788. «Nous, maire, bourguemaître et Conseil de la ville République de Bienne en Suisse, certifions par les présentes, ayant été informé par monsieur le comte de Cagliostro actuellement domicilié à Londres, que l'intention dudit Mrle comte étoit de se rendre en Suisse et qu'il auroit choisi de préférence le séjour de notre ville, si nous voulions lui accorder la protection, sûreté et autres droits attachés à l'habitation de cette ville, sur ce considéré les mérites personels, les talents distingués, et les sentiments de bienfaisance de Mrle comte de Cagliostro, connus généralement dans ce pays-cy, nous avons defféré avec empressement à ses vœux, lui octroyant à cet effet toute protection, sûreté, tranquilité, droits, prérogatives et privilèges, que nos Constitutions et règlements assurent aux personnes de sa considération, établis en notre juridiction, nottament celui d'exercer en toute liberté ses talents et sa bienfaisance, qu'il a pratiqués ailleurs avec tant de succès, pour le soulagement des malheureux; moyennant toutesfois se conformer aux loix, règlements et usages de ce pays-cy, lui souhaitant au surplus le plus entier contentement, succès et satisfaction à la suite de son séjour parmi nous...» Aventurier flamboyant, alchimiste et fondateur de la «maçonnerie égyptienne», le comte de Cagliostro, de son vrai nom Giuseppe Balsamo (1743-1795), était un Sicilien d'origine noble et juive mêlée. Il quitta son premier métier de dessinateur pour parcourir l'Europe en mettant à profit sa connaissance des sciences occultes et en exerçant ses talents de guérisseur. Ésotériste lié aux loges maçonniques mystiques, il suscita un intérêt et un engouement particulier en France, devenant notamment l'alchimiste personnel du cardinal Louis-René-Édouard de Rohan-Guéméné (1756-1791). Le comte de Cagliostro fut alors mêlé à l'affaire du collier de la reine: victime d'une virulente campagne pamphlétaire, embastillé durant dix mois (21 août 1785-1er juin 1786), il fut finalement innocenté mais expulsé par lettre de cachet. Il mena ensuite une vie errante, en Angleterre, en Suisse, en Savoie et en Italie, avant d'être arrêté à Rome et remis à l'Inquisition (1789): condamné à mort en 1791 pour hérésie, magie et franc-maçonnerie, le comte de Cagliostro vit sa condamnation commuée à une peine d'emprisonnement à vie. Détenu à la forteresse de SanLeo, il y mourut en 1795. Le comte de Cagliostro fut immortalisé par Dumas père, Sand, Nerval, ou Mozart qui l'exalta dans le personnage de Sarastro (La Flûte enchantée, 1791).
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