MONTGOLFIER (Jacques-Étienne de). Lettre autographe à son «t - Lot 108

Lot n° 108
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Estimation :
12000 - 15000 EUR
MONTGOLFIER (Jacques-Étienne de). Lettre autographe à son «t - Lot 108
MONTGOLFIER (Jacques-Étienne de). Lettre autographe à son «très cher frère». Vidalon, «11mai, matin» [1790]. 7pp.in-4, quelques taches angulaires. «Je vous plains bien sincèrement, M.T.C.F. [de] la cruelle journée que celle que vous avés passé[e] hier, il faut avoir bien du patriotisme et de l'amitié pour en avoir supporté l'ennuy. Je plains bien une peine que vous avez prise avec aussi peu de fruit. L'abbé me dit que vous pensés que je me dois à moy-même d'écrire aux communautés du Nord pour m'assurer de leur répugnance invincible, atendu que les protestations ne sont signées que des maires. L'abbé a pu vous dire qu'apprès avoir dimanche longtemps médité l'idée de leur écrire de nouveau, je mis la main à la plume pour la réaliser. Il me sembla ouïr que j'étois porté à cette démarche plutôt par sentiment que par réflexion et jesuis persuadé que si dans les affaires personelle[s] c'est ce premier qu'on doit consulter, c'est à la seconde seule qu'on doit obéir dans les affaires publicques dont on peut être chargé. J'allay méditer de nouveau à l'écart loin du bruit et des distractions. Je vis d'abord que cette démarche ne ramèneroit point les esprits prévenus des gens d'Annonay et souleveroit sans fruit ceux des cytoyens de campagne qui ont le plus d'influence sur le peuple... Entre deux partis dont l'un m'a signifié qu'il demandoit ma révocation, l'autre que mes fonctions étant cessé[e]s à son égard, j'étois un brouillon de les continuer, il ne me convient plus d'agir, je dois laisser la tâche à mes collègues, mais pourquoy Annonay, s'il a quelque espoir de ramener les campagnes, ne s'adresse-t-il pas directement à elles pour consulter leur vœu. Leurs assemblées primaires y ont autant et plus de droit que moy... Ce n'est pas à moy à être juge de la validité des élections faittes, c'est à l'Assemblée des électeurs qui doit se tenir à Privas... On m'accuse d'être un peu roide, mais environné continuellement de pièges, je dois me tenir en garde contre les fausses démarches auxquelles on cherche à me pousser. Au reste, ceux qui peuvent et doivent être juges de ma conduitte ne me font aucun reproche si ce n'est le Comité de Constitution qui se plaint que je le fatigue de questions, que je ne prens pas assez sur moy. Ai-je tort?» Nommé en mars 1790 commissaire royal pour le Nord de l'Ardèche afin de superviser la mise en activité du département nouvellement créé, Jacques-Étienne de Montgolfier rencontra maintes difficultés dans l'organisation des assemblées primaires (cantonales) pour désigner les électeurs qui en seraient chargés. Il écrit là à un Frère Maçon, comme le suggère l'adresse abrégée signifiant «Mon Très Cher Frère»: lui-même appartenait à la Loge LaVraie Vertu d'Annonay et à celle célèbre des Neuf Sœurs de Paris. Cinq autres membres de la famille de Montgolfier firent également partie de la Loge d'Annonay, dont son frère Joseph-Michel.
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