GARY (Romain). «N'oubliez pas que les marquises n'ont pas te - Lot 74

Lot n° 74
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GARY (Romain). «N'oubliez pas que les marquises n'ont pas te - Lot 74
GARY (Romain). «N'oubliez pas que les marquises n'ont pas tellement le goût du bonheur: le plaisir leur suffit...» Manuscrit autographe signé «Romain Gary», de son texte Plaidoyer pour une marquise. [1968]. 8pp.1/2 grand in-folio et 9pp.1/2 grand in-folio, quelques ratures et corrections; trous de classeurs marginaux. Sur le remariage de Jacky Kennedy avec Aristote Onassis en octobre 1968. Plus qu'un véritable plaidoyer pour la veuve du président américain, Romain Gary propose une réponse ironique sur les voix critiques qui s'étaient élevées contre ce mariage et parlaient d'irrespect, de trahison ou de vulgarité. Il trace par ailleurs un portrait au plus juste de l'ex-première dame des États-Unis, «si peu faite pour l'Histoire et ses Musées imaginaires», loin des «images d'Épinal» fabriquées «par l'opinion publique avec la collaboration des mass media». Il se montre à la fois admiratif et acide sur JohnF.Kennedy, et déclare un a priori favorable à Aristote Onassis: «Jeconsidère le mot "parvenu" comme déshonorant pour celui qui l'emploie. Personne n'a le droit de se réclamer de cette supériorité-là». «...Que faites-vous donc lorsque vous êtes une aimable marquise qui aime le soleil, la mer, les voyages, qui a soif d'insouciance et qui surtout, surtout! en a assez de tragédie grecque? Vous épousez un Grec sans tragédie. Prenez-la grandeur, l'Histoire, le mythe, le sang, le sérieux, et cherchez exactement le contraire de tout cela: vous risquez fort de tomber sur Aristote Onassis. N'oubliez pas que les marquises n'ont pas tellement le goût du bonheur: le plaisir leur suffit. Vous avez vécu à l'ombre d'un homme puissant: vous choisissez un homme également très puissant, mais qui, lui, vivra dans votre ombre. Vous n'avez jamais été une femme choyée: votre illustre mari avait autre chose à faire. Vous épousez donc cette fois un homme qui jettera toute son immense fortune à vos pieds, pour qui vous êtes le couronnement triomphal, inespéré, fou, d'une vie de "parvenu". Il va faire de notre marquise une véritable reine... Vous faites comme on disait jadis "unefin". Certes, j'aurais préféré que Jacqueline Kennedy épousât, comme on disait chez nous au mois de mai, un "juif allemand" [allusion à mai 1968 et à Daniel Cohn-Bendit]. Mais, à défaut, je me contente de la voir épouser un "parvenu" et un "levantin". Moi aussi, j'aime les jolies histoires...»
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