ÉLUARD (Paul). «Je suis révolté de l'attitude de Max Ernst.. - Lot 72

Lot n° 72
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ÉLUARD (Paul). «Je suis révolté de l'attitude de Max Ernst.. - Lot 72
ÉLUARD (Paul). «Je suis révolté de l'attitude de Max Ernst... Je veux avoir à faire à une hostilité précise ou à une vraie solidarité...» Lettre autographe signée «Paul» [à Joë Bousquet]. Arosa [dans le canton suisse des Grisons], 13février [1929]. 2pp. in-folio, en-tête à sa signature et bas-de-page illustré. «J'ai enfin reçu une lettre de Gaillard. pas ce que j'aurais voulu. Mais enfin, il m'a assuré que mes décisions seront les miennes, etc. Je lui ai répondu que le seul moyen pour Ballard de sortir les mains propres de cette histoire est de ne pas s'obstiner et de cesser de faire paraître les Cahiers du Sud. Si cette revue dure, je considérerai 1°tous ses collaborateurs comme mes ennemis personnels, et 2°que ma collaboration passée m'a véritablement été escroquée. Je suis révolté de l'attitude de Max Ernst qui me laisse aussi sans nouvelles. Je viens de lui adresser un véritable ultimatum. Je veux en finir avec la négligence, l'indifférence, je veux avoir à faire à une hostilité précise ou à une vraie solidarité. Mais rassurez-vous. Je vous procurerai les tableaux que vous désirez et ils n'en seront que plus beaux. Je partirai d'Arosa pour Berlin vers le 10mars, puis de là j'irai à Amsterdam, à Bruxelles puis à Paris où je me procurerai vos tableaux par tous les moyens en mon pouvoir. Je serai à Marseille vers la fin de mars. J'y retrouverai Gala qui reste en Suisse ce mois, à Locarno. Et nous irons à Carcassonne [où habitait Joë Bousquet]. Nous vous apporterons les tableaux. Avez-vous lu les maximes inédites de Novalis qui viennent de paraître. On y trouve, mêlées à de vieilles tulipes mystiques, les pensées les plus étonnantes, les mieux reines, nos reines. Essayez de vous procurer: Benkard, Das ewige Antlitz. Vous y trouverez les prodigieux visages de Swift, de Hugo, de Robespierre et la féerie du sourire de l'Inconnue de la Seine [cet ouvrage d'Ernst Benkard est un recueil de photographies de masques mortuaires, dont celui de cette inconnue qui fascina nombre d'écrivains dont Rilke, Supervielle, Céline, Aragon ou Breton]. Si vous ne pouvez pas l'avoir, je peux vous le faire envoyer d'ici. Gala va vous écrire. Soyez sûr de moi...» Fondée par Marcel Pagnol et des amis en 1914 sous le titre de Fortunio, puis renommée Cahiers du Sud en 1925 quand Jean Ballard en prit la direction, cette revue s'intéressa alors à l'avant-garde littéraire, grâce à la collaboration du poète André Gaillard, qui montrait de l'intérêt pour les surréalistes: les Cahiers du Sud accueillirent en 1928 des collaborations de Joë Bousquet, et publièrent deux textes de Paul Éluard. Mais cela entraîna des désabonnements et le rédacteur en chef Gabriel d'Aubarède dut donner sa démission en décembre 1928, ce qui provoque le départ de Joë Bousquet. Le bas-de-page est un bois gravé d'après une composition de Georges Malkine, représentant un cygne noir portant sur son dos une enclume et un crabe sur fond de tache de sang, inspiré de deux passages des œuvres de Ducasse, l'un de ses Poésies, l'autre de ses Chants de Maldoror.
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