Théodore GERICAULT (Rouen 1791 – Paris 1824) - Lot 301

Lot n° 301
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Estimation :
300000 - 400000 EUR
Théodore GERICAULT (Rouen 1791 – Paris 1824) - Lot 301
Théodore GERICAULT (Rouen 1791 – Paris 1824) L’officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant La Descente de Croix Sur sa toile d’origine, double-face 53 x 44 cm Provenance : Peut-être vente Géricault, Paris, Hôtel de Bullion (Me Parmentier), 2-3 novembre 1824 (d’après Ph. Grunchec) ; Collection Félix Feuillet de Conches (1798-1887) ; Collection de son gendre Charles Jagerschmidt (1820-1894) ; Toujours resté dans cette famille. Bibliographie : Ch. Clement, Géricault. Etude biographique et critique avec le catalogue raisonné de l’œuvre du maître, Paris, 1868 et 1879, n° 43 (L’Officier de Chasseurs) et 174 (Descente de Croix) ; H. A. Luthy, « Géricaults kopien nach Tizian » dans Offentlichen Kunstsammlung Basel, Bâle, 1976, pp. 189-199 ; Ph. Grunchec, Tout l’œuvre peint de Géricault, Paris, 1978, n° 45a et 45b, et sous le n°A194, avec reproduction du 45b ; G. Bazin, Théodore Géricault : étude critique, documents et catalogue raisonné, tome III, Paris, 1986, p. 52, n°821 (L’Officier de Chasseurs) et tome II, Paris, 1987, n°329 (Descente de Croix) ; Catalogue de l’exposition Géricault, Kamakura, Kyoto, Fukuoka, 1987-1988, p.39, reproduit fig. C ; Ph. Grunchec, Tout l’œuvre peint de Géricault, Paris, 1991, n°45a et 45b, reproduits. Notre tableau marque un tournant majeur dans les premières années de formation de l’artiste, il s’agit du tableau avec lequel Géricault devient Géricault. La toile est peinte recto verso. Sur la première face est représentée la Descente de Croix, reprise du tableau de Jouvenet peint en 1696 pour l’église des Capucines et rentrée dans les collections du museum, le futur Louvre, en 1796. De tout temps, le tableau de Jouvenet a toujours été considéré comme le sommet de la peinture classique, peut-être son chant du cygne, terminant le siècle de Poussin et Le Brun. Il n’est donc pas étonnant que Géricault l’ait copié, mais avec une matière puissante et une touche hardie, étonnante dans un travail de copie et annonciatrice de son propre style, celui de La Méduse. Géricault fut d’abord l’élève de Carle Vernet entre 1808 et 1810, puis de Pierre-Narcisse Guérin, avant de s’inscrire en 1811 à l'École des Beaux-Arts de Paris. Géricault y pratiqua alors la copie au musée Napoléon (Le Louvre), étudiant Titien, Le Sueur, Rubens, et également Jouvenet. Notre toile est donc à situer à cette période. Elle est citée par Clément sous le numéro 174, il précise bien qu’au dos de la toile se présente une esquisse pour l’Officier de chasseurs. Découverte étonnante mais pas surprenante à la lueur de ce contexte : une troisième œuvre se cache sur notre toile. A l’examen infrarouge, sous la Descente de Croix, un portrait d’homme apparaît. Réutiliser sa toile est une pratique courante chez les artistes en formation, qui recyclent volontiers des supports déjà esquissés comme « brouillons » pour leurs études sur le vif. Sur ce portrait Géricault réalise sa version de la Descente de Croix, puis au revers de cette toile, il nous livre son premier travail personnel : un officier de chasseurs, esquissé rapidement, où la vivacité de son pinceau déploie la virtuosité qui le caractérise. L’esquisse est particulièrement intéressante puisqu’elle montre le travail de l’artiste à plusieurs étapes de sa réalisation. Le haut de l’œuvre est composé de cavaliers où le mouvement est insufflé par la touche rapide et rougeoyante de l’arrière-plan qui évoque le chaos de la bataille. La partie inférieure est simplement dessinée au pinceau : les membres du cheval sont indiqués par un simple trait noir. Elle constitue la première idée pour le grand tableau du Louvre, Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant (toile, 292 x 194 cm, voir Ph. Grunchec, Tout l’œuvre peint de Géricault, Paris, 1978, n°48, reproduit). Le tableau du Louvre, première tentative officielle du jeune Géricault alors âgé de 21 ans, est présenté au Salon de 1812. Selon Clément, l’idée du sujet née d’une rencontre avec un cheval gris sur la route de Saint-Cloud. L’animal se serait cabré et la scène aurait fortement inspiré Géricault, qui décide de la sublimer en y ajoutant une dimension historique. Il peint son chasseur à une période où l’Empire est durement touché par ses premières difficultés lors de la campagne de Russie. Appelé aux armes en avril 1811, il échappe à la conscription. Son remplaçant, Claude Petit, mourra quelques mois plus tard. Ce type de représentation, habituellement réservé aux effigies équestres de généraux – comme chez David avec son Napoléon au Saint-Bernard, ou encore Gros et son Murat dans La bataille d’Eylau ... [ATTENTION description tronquée par Drouot - Fiche complète à retrouver au catalogue]
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