« JE LANGUIS DANS UNE TRISTE PRISON... » - Lot 248

Lot n° 248
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« JE LANGUIS DANS UNE TRISTE PRISON... » - Lot 248
« JE LANGUIS DANS UNE TRISTE PRISON... » MADAME ROYALE (Marie-Thérèse-Charlotte de Bourbon, dite). Manuscrit autographe. [PRISON DU TEMPLE A PARIS, 1793]. 2 pp. in-4. POEME DE CAPTIVITE ECRIT SOUS LA TERREUR, en deux temps : d'abord d'une écriture posée, puis d'une écriture plus relâchée. Cette rédaction peut sans doute être datée d'une période comprise entre l'exécution de son père Louis XVI le 21 janvier 1793 (elle parle de lui au passé) et celle de sa mère la reine le 16 octobre suivant (mentionnée ici comme vivante). Madame Royale a choisi le décasyllabe, vers historiquement employé pour les œuvres épiques. « DE VOTRE ROI J'ETOIS LA FILLE, / séparée de toute ma famille / je languis dans une triste prison / mais, hélas je dis avec bien raison : / si j'étois seule malheureuse / ma prison me sembleroit heureuse. / Je fus dans ces lieux avec mon père, / ce bonheur, hélas, ne dura guère, / le Ciel de sa vie termine le cours / et à mes pleurs le ravit pour toujours. / En vain jour et nuit je l'appelle, / à ma voix il ferme l'oreille. / DE MA MERE A LA CONCIERGERIE / JE DEMANDE D'ETRE REUNIE / mais pour toute réponse mon gardien / dit, "cela ne me regarde en rien". / Sur elle répand tes bénédictions, / Dieu, ouvre promptement sa prison. / DE MON UNIQUE ET MALHEUREUX FRERE / J'IGNORE LA DESTINEE SI CHERE... » Dans la seconde partie, elle raconte une anecdote de sa captivité, quand elle reçut sans motif apparent une inspection en pleine nuit. Madame Royale excuse cependant son gardien dont elle évoque « l'honnêteté » et la complaisance à lui faire obtenir tout ce qu'elle veut, « livres, ouvrages et beaucoup de feux ». Certaines inscriptions sur la deuxième page semblent de sa main mais ajoutées sous le coup d'une forte émotion. Elles font suite au dernier vers, « C'étoit un mardi le 22 octobre... » SEULE DES ENFANTS ROYAUX A SURVIVRE A LA REVOLUTION, MARIE-THERESE-CHARLOTTE DE BOURBON (1778-1851) ETAIT LA FILLE AINEE DE LOUIS XVI ET DE MARIE-ANTOINETTE. Emprisonnée au Temple le 13 août 1792 avec ses parents, son frère, sa sœur, elle apprit successivement la mort de chacun d'entre eux, et fut gardée en captivité de manière arbitraire jusqu'en juin 1795 : d'abord remise à sa famille maternelle et accueillie à Vienne, elle fut appelée par Louis XVIII à le rejoindre à Mitau en Courlande russe (actuellement Jelgava en Lettonie). Elle y fut donnée en mariage à son cousin germain le duc d'Angoulême, Louis-Antoine de Bourbon, fils aîné du comte d'Artois. Ayant repris sa place à la Cour à la Restauration, l'accession au trône de son beau-père Charles X en 1824 la fit Dauphine de France, mais la révolution de Juillet 1830 lui fit reprendre le chemin de l'exil aux côtés de son mari. À la mort de Charles X en 1836, elle fut considérée par les légitimistes comme la véritable reine de France, mais cela demeura nominal et, veuve en 1844, elle s'éteignit à Frohsdorf près de Vienne sans avoir revu le sol français. Provenance : succession famille Jutheau (1986). Objet en importation temporaire L'acquéreur devra acquitter des frais d'importation, soit 5,5% en sus du prix d'adjudication sauf s'il réexporte immédiatement l’objet hors de l'Union Européenne. Work in temporary import The buyer will have to pay import fees of 5.5% in addition to the hammer price, unless the buyer immediately re-exports the lot outside the European Union.
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