Jean-Antoine Théodore Giroust dit Antoine GIROUST (Bussy Sai - Lot 479

Lot n° 479
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Jean-Antoine Théodore Giroust dit Antoine GIROUST (Bussy Sai - Lot 479
Jean-Antoine Théodore Giroust dit Antoine GIROUST (Bussy Saint Georges 1753 - Mitry Mory 1817) Huile sur toile. H_56 L_73 cm Rentoilé et restauré. Notre tableau relate un épisode d’Œdipe à Colone tiré de la dernière tragédie de Sophocle. « Va, maudit, chassé et renié par ton père, le plus scélérat des hommes, emporte avec toi ces imprécations que je fais contre toi, afin que tu ne t'empares point de ta terre, que tu ne retournes jamais dans le creux Argos, mais que tu tombes sous la main fraternelle et que tu égorges celui par qui tu as été chassé ! » Sophocle (v. 1385 et suivant). Ces vers décrivent la scène peinte par Giroust. Œdipe maudit son fils Polynice tyran de Thèbes venu chercher son soutien. Aveugle, réfugié à Colone, Œdipe a été chassé par ses fils Polynice et Étéocle de la ville. Dans la guerre que Polynice mène pour reprendre le trône de Thèbes à son frère il espère le soutien d’Œdipe. Il est rejeté par son père qui refuse la rédemption d’un fils qui ne vient que dans le but de reprendre le trône de Thèbes. Il prédit dans ces vers le futur fratricide et le combat à mort pour le pouvoir de ses deux fils. La scène montre également Ismène à gauche et Antigone agenouillée suppliant le père et le fils de se réconcilier. Il est d’ailleurs probable que l’artiste ait utilisé des femmes de sa famille comme modèles. Réalisée à Rome « dans une heure de grande émulation (1) » l’esquisse est préparatoire à l’Œdipe à Colone morceau de réception à l’Académie Royale de peinture de l’artiste le 29 mars 1788 (164 x 194 cm). L’oeuvre définitive aujourd’hui conservée au Dallas Muséum of Art a reçu une très bonne critique, la plaçant comme le pendant du Bélisaire de David (1781) tant la composition et la force des couleurs s’en rapproche. Giroust utilisant des codes semblables veut forcer la comparaison et les rapprochements des deux œuvres aux sujets pourtant différents. Le fameux graveur Alexandre Morel gravera l’Oedipe à Colone en pendant de celle du Bélisaire comme l’époque l’appréciait. Nous pouvons ainsi noter certaines différences et repentirs montrant le travail de réflexion de l’artiste. Ainsi, la jambe d’appui de Polynice s’inverse comme la position du temple en arrière-plan. Un repentir sur le cheval à gauche est également visible. Deux ans plus tôt en 1786 le compositeur Antonio Sacchini composait un opéra Œdipe à Colone que Giroust a vraisemblablement entendu après son grand succès à l’Opéra de Paris, le 1er février 1787. À l’image d’une alliance entre la mélodie italienne et le tragique lyrique que Glück avait initiée quelques années plus tôt, le néoclassicisme illustre l’engouement de l’époque pour les sujets tirés des tragédies grecques et marque la naissance d’un style nouveau, revendiquant les valeurs de l’Antiquité. Antoine Giroust naît dans une famille de petite bourgeoisie de Bussy-Saint-Georges avant que son père n’acquière le domaine du Vivier au Châtelet de Paris le 8 mai 1773. À 16 ans, en 1770, il parvient à rentrer dans l’atelier de Vien grâce à des liens de famille éloignés avec les Roslin dont Vien est très proche. Dans l’atelier de Vien, il fait deux rencontres qui seront déterminantes dans sa carrière; Louis David de cinq ans son aîné et Mirys, peintre polonais devenu professeur d’histoire et de dessin des enfants du duc d’Orléan dont la propriété jouxte le domaine du Vivier. Après le départ de Vien pour Rome où il est nommé directeur de l’académie fin 1775, Giroust concours à trois reprises pour le Grand Prix de Rome qu’il remporte la troisième fois à la suite de son ami Regnault l’année précédente. Il est alors mentionné comme élève du maître Nicolas-Bernard Lépicié, il serait donc à ce moment dans l’atelier de ce dernier. Giroust complète ses titres académiques grâce à l’Oedipe qui lui vaut le statut d’académicien. Néoclassique de la première heure Antoine Giroust, un peu oublié par l’histoire moderne n’en est pas moins un grand maître comme ses amis et contemporains que sont Jacques Louis David ou Jean Baptiste Regnault. L’Oedipe à Colone reste un des chefs d’œuvres de l’artiste le confirmant en égal de David. (1) biographie de l’artiste par son neveu d’après les souvenirs de sa fille en 1888 Bibliographie : -E.S. Antoine Giroust : Antoine Giroust peintre d’histoire de l’ancienne académie : étude biographique 1753 - 1817, Pontoise, Imprimerie Amédée, 1888. -Dossiers d’œuvre du Dallas Museum of Art, La leçon de harpe et L’Oedipe à Colone. -Valéria di Giuseppe di Paolo : Jean-Antoine-Théodore Giroust 1753-1817: peintre d’histoire et portraitiste, Bulletion de la société d’histoire de l’art français, 2009. -Sophocles, Oedipe à Colonne, vers 1385 et suivant.
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