HENRY (Pierre). Lettre autographe signée au comte de Montfer - Lot 451

Lot n° 451
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HENRY (Pierre). Lettre autographe signée au comte de Montfer - Lot 451
HENRY (Pierre). Lettre autographe signée au comte de Montferrier. Bivouac de La Ronde [dans un faubourg ouest de METZ], 27 août [1870]. 2 pp. 1/4 in-8, en-tête imprimé « Armée du Rhin. 6e corps. Le général chef d'état-major général ». « Je lis dans l'Indépendant [de la Moselle] du 26 quelques lignes sympathiques pour la perte cruelle que je viens de faire, ce doit être vous qui les avez écrites, et je viens vous dire toute ma reconnaissance. C'ÉTAIT UN BRAVE ENFANT QUE CE FILS PREMIER NÉ QUE LA GUERRE M'A RAVI. Je lui avais serré la main la veille ! Son bon oeil bleu loyalement ouvert, tout brillant de joie du glorieux baptême reçu la veille [à la bataille de Borny-Colombey, le 14 août 1870], était plein de promesses pour les batailles de l'avenir et c'est fini ! Il avait 20 ans. IL EST MORT VAILLAMMENT, BRILLAMMENT, SON DIGNE CHEF ME L'A ÉCRIT, POUR L'HONNEUR ET LA DÉFENSE DU PAYS. IL EST TOMBÉ NON LOIN DES MURS DE NOTRE CHÈRE CITÉ MESSINE où il était né ; je pourrai un jour un jour y ramener ses chers restes. Il aimait comme je l'aime notre noble métier. Je n'ai donc pas le droit de me plaindre, et d'ailleurs l'heure n'est ni aux larmes ni aux regrets. Dieu fasse seulement que l'aïeule, la tante et les soeurs qui attendent anxieuses des nouvelles qui ne leur arrivent pas des batailles du 16 et du 18, n'apprennent pas en même temps et sa mort et ma blessure, ce serait trop à la fois ! Du reste, comme vous le dites, cette blessure n'est rien. Merci encore de votre sympathie pour le père ; si vous avez un moment à perdre, venez le voir à son bivouac, il sera très heureux de vous serrer la main... » BLESSÉ À LA BATAILLE DE GRAVELOTTE, LE GÉNÉRAL PIERRE HENRY (1816-1883) était issu de Saint-Cyr. Il servit en Algérie, devint officier d'ordonnance du maréchal de Saint-Arnaud qu'il accompagna en Crimée, et fut ensuite aide de camp du prince Jérôme Bonaparte lors de la campagne d'Italie. Promu général en 1868, il participa à la guerre franco-prussienne comme chef d'état-major du maréchal Canrobert qui commandait le 6e corps de l'armée du Rhin : il reçut une blessure à la bataille de Gravelotte le 18 août 1870, et fut fait prisonnier à l'issue du siège de Metz (sa ville natale). MORT AU CHAMP D'HONNEUR À LA BATAILLE DE REZONVILLE, SON FILS, maréchal des logis au 11e régiment de dragons, portefanion du général Paul de Ladmirault, eut la tête brisée par un éclat d'obus le 16 août 1870 à la bataille de Rezonville. Né en Lorraine comme le général Henry, mais d'une famille du Sud de la France alliée aux Cambacérès, Anatole Duvidal de MONTFERRIER était le neveu de la peintre Julie Duvidal de Montferrier, épouse d'Abel Hugo (frère de l'écrivain). Il publia plusieurs ouvrages dont, en 1871, L'Armée du Rhin [...] par le comte de Montferrier, témoin oculaire.
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