Aventurier mystificateur napoléonolâtre, le Polonais Frédéri - Lot 262

Lot n° 262
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Aventurier mystificateur napoléonolâtre, le Polonais Frédéri - Lot 262
Aventurier mystificateur napoléonolâtre, le Polonais Frédéric Piontkowski (Fryderyk Piątkowski, 1786-1849) Piontkowski (Frédéric). Lettre autographe signée « Piontkowski » à Louis-Aimé Martin (s.l.n.d., 3/4 p. in-12, adresse au dos), avec apostille autographe de ce dernier (s.d., 1/4 p. in-12). « Mon cher ami, je ne suis pas sorti de chez moi depuis que j’ai eu le plaisir de dîner chez vous ; je suis tourmenté par une migraine si forte que je puis à peine ouvrir les yeux ; me portant à présent un peu [mieux], je profiterai avec beaucoup de plaisir de votre aimable invitation pour dimanche prochain. Mes hommages à Madame que j’aurai le plaisir de voir à ma première sortie. Adieu, mon cher Monsieur Aimé ; je vous aime autant que vous le méritez... » De sa main, Louis Aimé-Martin a inscrit la mention suivante sous la signature de Frédéric Piontkowski : « Le Polonais qui a suivi Buonaparte à Saint[e]-Hélène, et qui, malgré sa folle passion pour ce héros tyran, est l’homme de la plus haute vertu que je connoisse. » Historien de la littérature, second époux de la veuve de Bernardin de Saint-Pierre, Louis-Aimé Martin (1782-1847) fut également secrétaire-rédacteur de la Chambre des députés de 1815 à 1829. Aventurier mystificateur napoléonolâtre, le Polonais Frédéric Piontkowski (Fryderyk Piątkowski, 1786-1849) affirma sans preuves avoir participé à la campagne française contre l’Autriche en 1809 et contre la Russie en 1812. Il est sûr cependant qu’il ait été nommé lieutenant de cavalerie dans la Grande Armée et qu’il ait été capturé en 1813. Venu à l’île d’Elbe en 1814, il fut intégré comme simple soldat dans la Garde, puis retrouvant son grade de lieutenant sous les Cent Jours, participa à la bataille de Waterloo. Il prétendit y avoir été capitaine et même officier d’ordonnance de l’empereur, et s’attribua le titre de comte. Avec d’autres Polonais, il voulut s’embarquer au service de l’empereur, mais fut refoulé par les Anglais : Lord Byron écrivit un poème évoquant les adieux déchirants de ces officiers (« Must thou go, my glorious Chief... »). Piontkowski trouva cependant à s’embarquer sur un navire marchand à destination de Sainte-Hélène où il arriva le 29 décembre 1815... en uniforme d’officier d’ordonnance. De manière étonnante, les Anglais lui accordèrent le séjour sur l’île, mais Napoléon Ier stupéfait, qui ne pouvait obtenir qui il voulait et se retrouvait avec un homme non demandé, demeura méfiant et l’affecta à la garde de son écurie. Il y eut peu de familiarité entre eux, mais l’empereur appréciait cependant sa faconde. Piontkowski fréquentait les Anglais, se battait, causait du désordre, et Lord Bathurst le fit expulser en octobre 1816. À son départ, Napoléon Ier lui établit un certificat où il était qualifié de chef d’escadron, mais il se prétendit colonel en arrivant à Londres. Il partit ensuite pour l’Italie afin de rencontrer la famille Bonaparte et Marie-Louise, mais fut interné par les Autrichiens. Libéré en 1821 après la mort de l’empereur, il tenta de fréquenter Jérôme Bonaparte puis réclama une pension aux exécuteurs testamentaires de Napoléon Ier, sans succès, et séjourna en différents endroits d’Europe. Véritable énigme de l’histoire napoléonienne, il fut un des premiers à faire connaître en Europe des détails sur la vie à Longwood.
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