LE GÉNÉRAL DUMOURIEZ AU COUSIN DU MARQUIS DE SADE - Lot 222

Lot n° 222
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LE GÉNÉRAL DUMOURIEZ AU COUSIN DU MARQUIS DE SADE - Lot 222
LE GÉNÉRAL DUMOURIEZ AU COUSIN DU MARQUIS DE SADE DUMOURIEZ (Charles-François). Correspondance de 9 lettres, 8 autographes signées et une autographe, adressées à Louis de Sade. Londres, 1814-1815. Quelques adresses au dos, une enveloppe conservée, 2 lettres avec déchirure due à l’ouverture sans atteinte au texte. Superbe correspondance politique. Le général Dumouriez vivait alors en émigration à Londres, pensionné par le Gouvernement anglais. Le chevalier Louis de Sade (1753-1832), issu d’une branche collatérale à celle de l’auteur de Justine, avait fait carrière comme officier de Marine, et avait émigré dès le début de la Révolution, résidant alors le plus souvent à Londres jusqu’à son retour définitif en 1819. Il publia plusieurs ouvrages, dont De la Tydologie, ou de la Science des marées (Londres, 1810-1813) ou Dialogues politiques sur les principales opérations du Gouvernement français depuis la Restauration (Londres, 1815). – 31 septembre 1814 : « Je vous renvoie la lettre de votre neveu qui est fort intéressante. Elle prédit d’avance le tumulte qui vient d’éclater à Lyon, où, pour le rappel des conscripts, les fauxbourgs et la campagne ont arboré la cocarde tricolore, crié vive Napoléon et tué cinq gendarmes... On attend la suite, surtout ce que fera Soult, dont beaucoup de monde se méfie. On craint qu’il ne soit le loup berger... Le discours du bon Macdonald a fait la plus grande sensation dans les deux Chambres, dans l’armée même dans Paris. Il m’a même procuré de la part du Gouvernement une offre de rentrer ; mais les conditions ne m’ont pas convenu, j’ai refusé. J’en suis là, dites-le à l’excellent comte de La Châtre que j’aime de tout mon cœur quoiqu’il me néglige... » – 24 décembre 1814 : « Le duc de Kent aura la bonté... de vous remettre demain votre mémoire que j’ai lu avec le plus grand intérêt [le duc de Kent résidait alors à Ealing, près de chez Dumouriez]. Il est plein de vues lumineuses, mais trop peu développées pour des lecteurs ignorants, de mauvaise foi, ou intéressés à la continuation du cahos. Beugnot n’y comprendra rien [Jacques-Claude Beugnot, alors ministre de la Marine], le communiquera à ses bureaux, tout le chenil abboyera contre nous. Le chancelier ne voit dans le mot tribunal qu’une assemblée de juges soit civils ou criminels. Le ministre de la Marine ses suppôts tant de plume que d’épée n’y verront qu’un frein terrible une censure insupportable... » – 18 mars 1815 : « ... Rien n’est encore désespéré, si on ne perd pas la tête. L’armée se partage en royalistes bonapartistes, mais l’avantage du nombre sera pour les premiers, étant renforcés par les gardes nationales... D’ailleurs le roi est maître des places fortes de l’argent. Ainsi j’espère toujours... » – 30 mars 1815 : « ... Tout est consommé. La défection est plus universelle qu’on ne l’avait cru, les ministres les entours de notre malheureux roi lui ont nui autant que la frénésie de l’armée. Il ne reste pas un homme, pas un village pour appuyer la cause des Bourbons, qui serait moins désespérée s’ils n’avaient pas reparu en France... » – 31 juillet 1815 : « ... J’ai lu avec autant de plaisir que d’intérêt votre dialogue, il m’a prouvé une autre satisfaction, c’est de relire une seconde fois les parties de votre Tidologie auxquelles vous renvoyez par les citations dans les dialogues. Il paraît que le roi s’est occupé sérieusement de sa principale affaire dans ce moment-ci, qui est de laisser dormir sa clémence quelque tems pour faire agir sa justice ; mais il est si bon que je crains encore que ce ne soit qu’une demie mesure. Je compte sur les excès des jacobins pour l’obliger à punir. Nous causerons de tout cela... » – 6 avril 1815 : « Je vous renvoye... le pamphlet que je connaissais déjà de l’intriguant Playfair contre Lord Bathurst et La Châtre [paru sous le titre A statement, which was made in October, to Earl Bathurst, one of His Majesty’s principal secretaries of state, and in November, 1814, to the Comte de La Chatre, the French ambassador, of Buonoparte’s plot to re-usurp the crown of France]. J’en ai eu une ample explication de ce dernier avec qui j’ai dîné lundy... Entre vous moi nous aurions fait un pape, car nous nous sommes trouvés entièrement de la même opinion sur les causes du retour de Bonaparte, j’ai employé dans un mémoire qui est déjà entre les mains du ministre précisément les mêmes arguments que vous m’avez dévelopés dans votre longue lettre... à propos du pape, d’après le caractère indélébile de sacrement qu’il attache au sacre qu’il a eu la lâcheté de donner luy-même à Bonaparte, il doit le reconnaître sans difficulté empereur de France a, il lui enverra peut-être les cardinaux Fesch Maury comme légats a latere. J’espère que s’il prend
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