1945

Lot 325
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1945

DEUTSCH & BONNE Type DB Sport 2 l Châssis n° 5 Carte grise française. René Bonnet, mécanicien garagiste, et Charles Deutsch, aérodynamicien et ingénieur polytechnicien, se rencontrent fortuitement en 1932. Ils s'associent pour construire une voiture de sport, nouvelle et innovante, qui sort effectivement en 1938 après deux ans d'études. La seconde sera construite un an plus tard. La marque DB deviendra très célèbre et portera très haut les couleurs du sport automobile français en remportant un nombre important de victoires aussi bien en Europe qu'aux USA. La toute première compétition automobile organisée après la fin de la guerre se tient à Paris. C'est l'A.G.A.C.I, sous l'influence de son président M. Mestivier, qui organise La Coupe de Paris le 9 septembre 1945 sur un circuit de 2.826 m situé dans le bois de Boulogne. Toutes les voitures présentes datent d'avant la guerre sauf deux. Il y a seulement deux voitures qui sont neuves. Elles sont aussi les seules avec la traction avant et 4 roues indépendantes. Il s'agit des voitures Deustch & Bonnet type DB Sport. Le châssis DB #4 est équipé d'un moteur 1500cc et le châssis DB #5 d'un 2000 cc, ils sont respectivement pilotés par Charles Deutsch dans la Coupe Robert Benoit et René Bonnet dans la Coupe de la Libération. Ils portent les n° de course 7 et 8. 1945 COUPE DE PARIS, LA COUPE DE LA LIBÉRATION La DB #5, après le premier tour est pointée à la 7e place sur 18 partants. Du 10e au 15e tour, Bonnet se retrouve 5e juste derrière Auguste Veuillet sur une MG à compresseur. Mais au 20e tour, Henri Louveau sur Maserati qui mène la danse depuis le départ a comme pour- suivant immédiat Bonnet et DB #5 qui pointe maintenant en 2e position, lui-même poursuivi par Veuillet. La MG compressée parvient à dépasser DB #5 à 10 tours de l'arrivée. Bonnet a eu un problème mais il termine quand même à une belle sixième place au général mais 1er de la catégorie SPORT qu'il remporte. La course aura vu la victoire facile de Louveau sur sa Maserati à compresseur et 8 abandons. DB #5 est terminée depuis à peine une semaine et n'a encore aucune expérience mais elle a quand même montré qu'elle était très performante. Lors de cette première course, le public est venu en masse et la ferveur populaire était bien présente malgré les années de guerre. La presse spécialisée a bien remarqué la très belle carrosserie profilée et l'excellente tenue de route des toutes nouvelles DB. La saison 1946 promet d'être belle. Le 22 avril 1946 a lieu le 5e Grand Prix de Nice. René Bonnet sur sa voiture DB #5, avec le n° 21, est engagé dans la Coupe de la Méditerranée. Il y a 45 tours de 3,2 km à parcourir. Mais au 22e tour, il doit abandonner après une spectaculaire sortie de route suite à la rupture d'une fusée arrière. C'est José Scaron qui remporte la victoire. Moins d'un mois plus tard, le 13 mai 1946, c'est le 5e Grand Prix de Marseille. Bonnet a réparé DB #5 et se présente pour la Coupe de l'entraide française qui se déroule en deux manches et une finale. Dans sa manche, Bonnet termine à une excellente 3e place derrière Gordini et Scaron. Mais dans la Finale, après une superbe course très disputée, il termine 4e à seulement 32 secondes du podium et à moins d'une minute du vainqueur! Le 19 mai 1946, une semaine après, c'est le 1er Grand Prix du Forez sur le circuit d'Andrezieux. Dans la Coupe de la Ville de Saint Etienne, Bonnet et sa monture favorite DB #5 accrochent une superbe 2e place et termine enfin sur le podium. Arborant le numéro 15 pendant la course, il empoche le record du tour à 102,77 km/h de moyenne. Le 9 juin 1946, c'est le retour sur Paris à l'occasion de l'inauguration de l'autoroute et du fameux tunnel de Saint-Cloud. Sur 20 tours et 120 km, la Coupe du Conseil Municipal tiendra toutes ses promesses avec 26 concurrents au départ. René Bonnet et DB #5 porte pour l'occasion le numéro de course 34. Ils termineront à 8 secondes du vainqueur empochant ainsi un superbe podium dans une course difficile qui verra 13 abandons. Dans Actualités Automobile 7/1946, on peut lire: «c'est le pilote Scaron qui s'adjugea la première place talonné par la voiture spéciale DB de Bonnet, qui accomplit le meilleur tour. Si la course avait duré quelques tours de plus, l'issue aurait pu être un peu différente. » Le 16 juin 1946, on retrouve avec le numéro 24, la DB #5 et Bonnet à Bruxelles pour le Grand prix de Belgique, mais c'est l'abandon et aucun résultat ne sera rapatrié en France. Par contre pour le 3e Grand prix de Bourgogne, le 7 juillet 1946, si René Bonnet et DB #5 abandonnent après 10 tours sur panne de pompe à essence, ils empochent quand même le record du tour et montrent une nouvelle fois les performances indiscutables de la voiture! CARACTÉRISTIQUES: Châssis-poutre en acier Carrosserie «barquette» en aluminium 2 places, 2 portes Moteur 4 cylindres de 1997 cc Soupapes en tête 2 carburateurs Solex 32 Boîte de vitesses à 4 rapports + MA Roues avant motrices Direction à crémaillère Suspension par 4 roues indépendantes Freins à tambours, commande hydraulique double circuit Empattement 2 400 mm Voie avant 1 360 mm Voie arrière 1 240 mm Roues 15" en aluminium PTH (Passeport Technique Historique) Fiche FIA Passeport technique FFSA Attestation de Charles DEUTSCH concenant DB 5 Important dossier historiqueC'est au cours de la Coupe de Nantes, le 28 juillet 1946, que Robert Mazaud sera victime d'un accident mortel sur sa Maserati, vraisemblablement après que Louis Gérard n'ait pas voulu le laisser passer et qui sera d'ailleurs disqualifié. Pour Bonnet et DB #5 la journée avait bien commencé par une 2e place dans la manche qualificative. Mais dans la finale, c'est l'abandon après un seul tour. Il faut souligner que les D.B ont les honneurs de la presse internationale dès le 7 août 1946 par un très bel article de deux pages dans la revue «The Motor». Pour la Coupe Robert Mazaud qui se tient au Bois de Boulogne le 6 octobre 1946, DB #5 n'est pas présente mais on y retrouve DB #4 qui termine 7e. La saison 1946 se termine, la voiture DB #5 a montré des qualités évidentes et des performances de premier plan. Le palmarès se solde par quatre abandons, une 4e place et deux 2e place, on peut ajouter deux records du tour et deux podiums en manches qualificatives. Pour 1947, Deutsch et Bonnet ont terminé la construction de la voiture monoplace DB #6 qui sera essentiellement pilotée par René Bonnet durant la saison de courses. C'est le 1er avril 1947 qu'est officiellement créée la Société DEUTSCH et BONNET. Le 8 juin pour la réouverture du Circuit de Montlhéry, l'AGACI organise la Journée Automobile. C'est avec DB #4 que Deutsch remporte la victoire et le record du tour dans la classe Sport 1re catégorie. Dans la Coupe de Paris, le 28 juillet 1947, René Bonnet reprend le volant de DB #5. Charles Deutsch est sur DB #4 et André Bossut roule sur la DB #1 de 1938. Durant les essais, Bossut se tue et DB #1 est détruite. Si Bonnet abandonne au 5e tour, Deutsch termine à une belle 4e place dans la manche. En 1948, une nouvelle voiture DB #7 est mise en chantier. Elle recevra une carrosserie Barquette dans le style de DB #5, son châssis n'est pas en acier mais en alliage léger et le moteur est un 1500 cc. A cette occasion, une nouvelle carrosserie est installée sur DB #5 et la voiture DB #4 est vendue à Auguste Lachaise qui l'a déjà pilotée plusieurs fois. Pour le Grand Prix de Paris le 30 mai 1948 sur le circuit de Montlhéry, René Bonnet et DB #5 se présentent avec la toute nouvelle carrosserie dans la course réservée aux voitures de Sport et Course jusqu'à 1100 à compresseur et 2000 sans compresseur. Vingt et une voitures sont au départ. C'est Trintignant sur sa monoplace qui remporte la course au général. DB #5 termine 1re de la catégorie Sport qu'elle a menée de bout en bout et 5e au général à 131,95 km/h de moyenne. Le second de la catégorie est Deutsch, les autres sont loin derrière. Au mois de juin 48, on peut apercevoir DB #7 aux Concours d'élégance d'Enghien organisés par l'ACIF ou celui de Paris par Femina/France Soir ou encore à Ermenonville. L'équipage est composé des épouses Bonnet et Deutsch habillées en combinaison de pilote et coiffées d'un serre-tête. Elles y glanent des récompenses bien méritées. Les 12 Heures de Paris ont lieu le 12 septembre 1948 sur le circuit de Montlhéry. Trois voitures DB sont présentes, #4 avec Auguste Lachaise/André Debille, #5 avec René Bonnet/ Pierre Flahaut et #7 Charles Deutsch/Harry Shell. Pour l'anecdote, René Bonnet a perdu son copilote parce qu'il s'est fait une frayeur pendant les essais suite à une sortie de route, il ne prendra pas le départ. Malgré tout DB #5 finira 2e de sa classe et 14e au général. Mais c'est DB # 4 qui terminera à la meilleure place en prenant la 10e au général et la 1ère de sa classe. Pour le Salon de l'Automobile de Paris d'octobre 1948, c'est la DB #7 qui est exposée sur le stand de la société E.P.A.F. Cette société, créée le 1er octobre 1946, appartient à Deutsch et Bonnet. Elle est spécialisée dans les accessoires d'amélioration du rendement automobile comme les collecteurs d'admission à deux carburateurs, culasses et roues en alliage léger,...Un dépliant est publié pour l'occasion. Il reproduit le palmarès 1948, quelques produits EPAF et la DB #7. Le marseillais René Abbo avait vu Bonnet courir en Mai 1946 avec DB #5. Au Salon, il rencontre Bonnet et lui achète la voiture DB #5. Il devient par la même occasion le troisième client à acheter une voiture de course à DB. René Abbo est plus connu sous son nom de pilote René Simone, il accole à son prénom celui de sa femme. Dans une note manuscrite, René Abbo indique qu'il termine 3e du Grand Prix d'Aix-les- Bains le 19 juin 1949 pour sa première course avec DB #5. Les inscriptions en course de René Simone se font sous le nom de Automobiles DB, lui n'étant que le pilote de sa voiture. 24 HEURES DU MANS 1949 - 25 juin 1949 Les premières 24 Heures du Mans d'après-guerre ont lieu les 25 et 26 juin 1949. Pour la première fois c'est le président de la République, Vincent Auriol, qui donne le départ. Deux voitures DB sont au départ. René Bonnet et Charles Deutsch se partagent le volant de DB #5 tandis que l'équipage Lachaise/ Debille s'occupe de DB #4. On remarquera l'installation d'un gros phare supplémentaire sur chaque voiture. Les deux voitures sont engagées en 1500cc. DB #4 terminera la course à la 16e place au général et empoche la 2e de la classe 1500cc. Avec DB #5, Bonnet visait la victoire à l'indice de performance. Sa stratégie était bien étudiée et s'il était 3e à la 12e heure, il remontait à la 2e place après 17 heures de course. Mais après 175 tours, c'est une panne mécanique qui empêchera DB #5 de rallier l'arrivée. Bonnet est dans les cinq derniers à abandonner, le drapeau à damier n'était pas loin. Pour mémoire, c'est la Ferrari 2 litres de Chinetti qui termine première, suivie par la Delage de Louveau. C'est la dernière course de Bonnet avec DB #5. Juste après les 24H du Mans notre voiture retrouve son moteur 2 L. Le 7 août 1949, Simone et DB #5 sont au départ du Grand Prix de l'ACF du Comminges mais c'est l'abandon: «J'ai eu un accident en me bagarrant avec Sommer, j'ai voulu le suivre, il est passé, moi pas.» A la Course de Côte de Bellevue et le 21 août, Simone accroche une belle 2e place. Le Grand Prix du Salon a lieu le 9 octobre 1949 sur le circuit de Montlhéry. Dans la course réservée aux voitures «sport», René Simone et DB #5 avec le numéro de course 11 termineront à la 7e place. A Marseille, dans la Coupe René Larroque, Simone et DB #5 avec le numéro 9 empochent la 2e place avec le record du tour. Le 26 mars 1950, à Montlhéry pour la Coupe des USA, Simone sur DB #5 finit 1re de sa catégorie. 1000 MIGLIA 1950 - 23 AVRIL 1950 Cette course sur route est sans doute l'une des plus excitantes belles aventures qu'un coureur automobile puisse vivre. Jusqu'en 1957, la Mille Miglia faisait rêver. C'était cette merveilleuse aventure italienne que pouvaient vivre les pilotes sur 1 600 km de route à travers la campagne, les villages, la montagne en traversant 30 départements. La ferveur populaire pour cette grande fête automobile était représentée par une foule extraordinaire massée tout le long du parcours en bord de route, sur les arbres, aux fenêtres, partout où c'était possible. L'équipage René Simone / Bruno de Marchio et DB #5 se sont engagés dans l'édition 1950 qui se déroule les 23 et 24 avril 1950. C'est la première fois qu'une voiture DB participe à la plus belle course sur route du monde. Avec le numéro 703, notre équipage prend le départ de Brescia à 7h03 du matin pour une grande aventure. Avec son moteur deux litres, DB #5 est engagée en «Sport 2 L». Dans cette prestigieuse catégorie on trouve les Ferrari 166 MM barchetta Touring de Bracco/Maglioli et Bertone/Casalegno ou encore la Maserati A6GCS de Palmieri/Meloni. En tout 11 Ferrari, 3 Maserati, 1 Aston Martn, 1 Frazer Nash et notre DB #5 composent la catégorie. Parmi les 378 voitures présentes au départ, il y en a 228 dans les classes Tourisme ou Grand tourisme et 150 en catégorie Sport et parmi celles ci seules 36 voitures sont équipées d'un moteur de 2 litres ou plus. C'est dans ces 36 voitures que l'on retrouve tout le haut du classement général. Cette année là, sont présents l'Alfa Romeo 2500 berlinette de Fangio, la Ferrari 195 S de Marzotto, Ascari et Villoresi sur Ferrari 195 S,... Mais c'est un jeune homme de 22 ans en costume et cravate qui remporte une superbe victoire, son nom: Gianni Marzotto. Juan Manuel Fangio termine sur la troisième marche du podium. Il y aura eu un total de 204 classés avec près de 12 heures d'écart entre le premier et le dernier, c'est bel et bien une course très difficile. Hélas pour DB #5, la pluie, la méconnaissance du tracé, les pièges à l'italienne et la malchance écourteront assez rapidement les chances de terminer l'épreuve. Au bord du lac de Garde, à Peschiera del Garda exactement, DB #5 fait une spectaculaire sortie de route. Les dégats sont tels que Simone/De Marchio sont contraints à l'abandon, ils venaient de faire à peine 50 kilomètres. René Simone nous raconte son expérience: «Aux Mille Miles, un étranger pouvait difficillement gagner l'année où j'ai couru, Fangio était deux voitures après moi. Les organisateurs m'avaient dit quand il y a un passage dangereux, il y a des commissaires avec un drapeau jaune qui vous le signalent. Je suis arrivé au sommet d'une côte et dans la descente, 30m après, il y avait un virage à 90° qui débouchait sur un pont, il pleuvait je me suis planté, j'ai pris un piquet». Dommage... 24 HEURES LE MANS 1950 - 24 JUIN 1950 Les 25 et 26 juin, pour les 24 Heures du Mans 1950, DB #5 se présente réparée avec l'équipage Simone/Chaussat arborant le numéro 64 pour Automobiles DB,. Simone nous raconte une anecdote peu connue: «Deutsch s'est trompé pour le ravitaillement et je suis resté en panne sur le circuit. J'ai poussé la voiture jusqu'au stand. Je l'avais attachée à ma ceinture et je l'ai tirée. C'est là que Chaussat a pris le volant car j'étais épuisé. Et c'est lui qui a cassé la voiture, c'était un grand coquet. Il a fait un surrégime. La mécanique ne le supportait pas surtout lorsqu'on rétrogradait, en accélérant ça pouvait passer mais pas en rétro.» Après 44 tours, sur une erreur de manipulation, DB #5 est contrainte à l'abandon. Bien que notre DB court depuis 1945, pour les 24 Heures elle était considérée comme étant de 1949! En effet DB #5, était désignée comme une «DB Sport Proto 1949» dans le journal l'équipe du 25/6/1950. Cela s'explique simplement car sa première immatriculation normale 163 RS a été attribuée le 18/06/1949 auparavant elle courait avec un «W» garage. C'est louis Rosier qui remporte la victoire sur une Talbot 4,5 litres. La présidence de la République commanda immédiatement après une Talbot T26 «Présidentielle» qui sera carrossée par Saoutchik. Aux 12 Heures de Paris qui se tiennent à Montlhéry le 23 juillet, DB#5 abandonne. Mais la semaine suivante, au Grand Prix de Rouen, le 30 juillet, c'est une belle 2e place pour René Simone dans sa catégorie. Le 20 Août 1950, Simone se retrouve avec DB #5 pour le Grand Prix d'Allemagne sur le circuit du Nurbürgring. Avec le n° de course 16, il terminera 8e de sa classe. Au Grand Prix de Cadours, le 19 septembre 1950, l'écurie B engag 4 voitures dot DB #5 avec René Simone. Il y a deux manches et la finale. Pendant la finale c'est Sommer sur une Cooper qui mène le bal suivi par Simone sur sa DB et Gordini. Dans le 8e tour, Simone est témoin d'une scène effroyable: Raymond Sommer fait une sortie de route tapant trois arbres dont le second avec sa tête, «Il s'est tué devant moi». Sommer aura droit à des obsèques très importantes, un grand champion du sport automobile venait de perdre la vie. Simone et DB #5 seront récompensés de leur régularité par la victoire et devancent Gordini. DB #5 courut encore en 1951 et même jusqu'en 1958. Sa carrosserie se modifiera surtout de l'avant en fonction des touchettes. Mais avec 8 courses, la plus grosse saison aura été 1950, avec notamment les 24 Heures du Mans, les 1000 Miglia, les 12 Heures de Paris, le Grand Prix d'Allemagne, le Grand Prix de Rouen, le Grand Prix de Cadours. Les abandons au Mans et en Italie sont dûs à des erreurs de pilotage et non à une panne mécanique. Après une intense carrière sportive, DB #5 se retrouve sur la Côte d'Azur un peu modifiée au niveau du capot et de son avant, on remarque aussi l'ajout d'un pare-brise. Philippe R, l'actuel propriétaire, l'achète vers août 1974 du côté de Nice. Il a bien conscience que c'est une voiture spéciale mais sans savoir exactement ce qu'elle était. Après des années de re cherches, il put déterminer qu'il avait découvert la voiture de course pilotée par René Bonnet puis par René Simone. Le châssis est totalement d'origine tout comme 80 % de la carrosserie. Suspension, freins, roues, direction sont d'origine ou d'époque. L'ensemble moteur-boîte ne peut pas être garanti d'origine, on ne sait pas combien de fois Bonnet ou Simone l'ont changé ou réparé. Les deux carburateurs et le collecteur sont conformes tout comme la boîte à eau. Le radiateur d'origine en aluminium et la roue de secours sont livrés avec la voiture. Après restauration, Philippe R. utilisa très régulièrement cette barquette de course qui se conduit aussi facilement qu'elle se pilote. Sa tenue de route, sa légèreté et ses performances sont les meilleurs atouts de DB #5. A son volant, il a notamment participé à la rétrospective des 24 heures le Mans en 1978, au 50e anniversaire des Automobiles DB en 1986, Grand Prix de l'Age d'Or, Grand Prix des Remparts, Grand Prix de Vichy, Grand Prix d'Andrezieux,... Avec ses fils comme partenaires, il prit part aux 5 premières éditions des 24 Heures «le Mans Classic» de 2002 à 2010, se classant très bien à l'indice de performances sur 60 concurrents. Rapide, la voiture accroche les 200 km/h dans la ligne droite des Hunaudières. Parfaitement entretenue et régulièrement utilisée, elle est «Super Fiable». Philippe R. tient à souligner «cette voiture ne m'a jamais laissé sur le bord de la route». C'est un immense honneur de présenter DB #5 aux enchères publiques. Elle n'est pas seulement la première voiture de course neuve à être apparu après la guerre, c'est aussi l'une des rares de l'époque à avoir 4 roues indépendantes. Quand elle fut conçue en 1945, DB #5 est très en avance par le dessin de sa carrosserie profilée et la modernité de son châssis en Y. L'intérieur est spartiate et l'ambiance résolument «Course». C'est un bel exemple de barquette «Sport 2 litres» comme le sont les Maserati A6 ou les Ferrari 166 contemporaines. DB #5 est bien sûr éligible à un grand nombre d'événements mais aussi aux 1000 Miglia historique. Elle y est obligatoirement inscrite car c'est elle qui y a participé en 1950. De plus, il ne semble pas que la voiture soit retournée en Italie depuis, ce sera le privilège du prochain propriétaire que de lui faire recourir cette fabuleuse course s'il le désire! En 1983, René Abbo (dit René Simone) se rappelait: «Je garde un excellent souvenir de cette époque. Les voitures étaient alors au maximum de leurs possibilités, maintenant je pense que les pilotes ne peuvent pas utiliser toute la puissance de leur voiture à tout moment. Nous n'Avions ni les freins, ni les pneumatiques d'aujourd'hui». Pour le spectateur avant c'était plus spectaculaire, on voyait la finesse de conduite de certains pilotes. Cela se lisait sur leur visage, maintenant ce sont presque des robots qui courent. On voit une masse qui fait corps avec la voiture avec les casques intégraux on ne voit plus le visage. Ascari, on le voyait serrer les dents dans les virages, c'était un bagarreur par rapport à Fangio qui passait presque en sifflotant. Les spectateurs suivaient la course avec un chrono. Il y avait plus de participation. Les femmes des pilotes participaient. On peut comparer l'équipe DB au cirque. Le clown démonte aussi le chapiteau. Nous c'était pareil, on déchargeait le matériel. Le pilote n'arrivait pas les mains dans les poches, tranquille pour s'asseoir dans sa voiture. La DB n'était pas toujours dans le coup parce qu'il y avait ces «pétard» de Ferrari qui en plus étaient fiables mais on arrivait à se battre et les écarts n'étaient pas importants». Que dire de plus?
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