EUGÉNIE (IMPERATRICE). - Lot 78

Lot n° 78
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EUGÉNIE (IMPERATRICE). - Lot 78
EUGÉNIE (IMPERATRICE). Lettre autographe signée à Firmin Rainbeaux. Prince’s Gate [à Londres], 18 novembre 1881. 2 pp. in-4 oblong et 5 pp. in-8 sur 3 bifeuillets in-8, liseré de deuil. « J’ai reçu la lettre q[u]e v[ou]s a adressée la princesse Mathilde et celle par laquelle v[ou]s rendez compte de l’entretien qu’elle a eu avec v[ou]s au sujet de mon passage à Paris. Je ne comprends pas q[u]e la princesse ait pu se méprendre sur la réponse q[u]e j’ai faite à sa lettre de condoléances lors de la mort de mon beau-frère. Elle n’était qu’une réponse polie à une démarche trop directe pour pouvoir être évitée. Elle ne pouvait en rien modifier les situations. J’AI ETE PROFONDEMENT FROIS[S]EE PAR LE REFUS DU PRINCE [NAPOLEON BONAPARTE, FRERE DE LA PRINCESSE MATHILDE] ET DE LA PRINCESSE DE SE RENDRE A LA MESSE QUE JE FESAIS DIRE A ST-AUGUSTIN LE 1ER JUIN, POUR LE REPOS DE L’AME DE MON FILS BIEN-AIME, et de la lettre de la princesse fesant allusion au testament de mon fils ! Quant au prince, inspirateur avéré de Mr Langlé et d’autres, il ne doit pas s’étonner de porter la responsabilité qui lui incombe comme chef de parti, lorsque ceux qui le servent outragent le passé sans qu’il les désavoue. Je crois, pour ma part, être restée dans mon isolement étrangère à toute attaque. Ma conduite vis-à-vis de la famille de l’empereur a été toujours correcte et convenable. Le 12 juillet [1879, date des funérailles du Prince impérial], au moment du plus grand déchirement q[u]e peut éprouver un cœur de mère, par esprit de sacrifice et d’abnégation, je fis chercher le prince Napoléon et ses enfants. LE PRINCE REFUSA DE SE RENDRE PRES DE MOI et fit dire par la suite dans ses journaux qu’il avait décliné l’entrevue p[ou]r ne pas s’exposer à une discussion politique, et cela LE JOUR MEME DE L’ENTERREMENT DE MON ENFANT !... Je le savais et cependant j’ai cédé à la prière de sa sœur qui est venue me supplier, lors de mon passage A PARIS, EN NOVEMBRE 1879, de recevoir son frère et ses enfants. Je consentis ; et IL VINT, SEUL, avec elle... NE CONNAISSANT PAS LES JEUNES PRINCES, JE NE PUIS AVOIR DE L’AFFECTION POUR EUX. JE N’EPROUVE QU’UN INTERET NATUREL Q[U]E LEUR NOM M’IMPOSE. Je n’ai donc pas à leur faire de nouveaux sacrifices. L’occasion de me les faire connaître a été perdue deux fois, volontairement, par leur père. j’attendrai donc, non leur heure, mais la mienne, persuadée q[u]e DE FAUSSES RECONCILIATIONS NE FONT QU’AVILIR LES CARACTERES. Je regrette que la princesse, qui aurait pu, en souvenir de nos bonnes relations d’autrefois, servir de trait d’union entre ce que j’appellerai deux pôles opposés, se soit, en s’associant complètement aux actions du prince, solidarisée avec lui. Elle m’a désappris à compter sur son amitié. Voilà les motifs qui m’ont empêchée de prévenir le prince et la princesse lors de mon passage à Paris. Il y a eu entre nous trop d’écart pour qu’une simple visite puisse le combler. Je vous donne toutes ces explications, persuadée q[u]e la franchise est le meilleur langage à tenir dans cette occasion... Vous pouvez communiquer ma lettre à la p[rinc]esse et même au p[rin]ce s’il le désire. Mes souvenirs à Hortense [Hortense Mocquard, épouse de Firmin Rainbeaux]. » ANCIEN ECUYER DE NAPOLEON III, l’industriel Firmin Rainbeaux, était également le gendre de Jean-François Constant Mocquard, ancien chef de cabinet de l’empereur et ancien sénateur. JOINT, 3 pièces de l’époque ayant trait à la même question que la lettre ci-dessus : une copie de la lettre du 13 novembre 1881 que Firmin RAINBEAUX écrivit à l’impératrice Eugénie et relatant son entretien avec la princesse Mathilde et le prince Napoléon (qui se déclarent près à rencontrer l’impératrice avec les enfants du prince Napoléon) ; une copie de la lettre du 14 novembre 1881 que la princesse MATHILDE adressa à Firmin Rainbeaux pour lui dire qu’ELLE CONSIDERAIT QUE TOUTE RELATION ETAIT ROMPUE ENTRE ELLE ET L’IMPERATRICE du fait de cette dernière ; une copie de la lettre du 19 novembre 1881 que Firmin RAINBEAUX envoya à l’impératrice Eugénie, pour lui dire qu’il n’a encore pu trouver la princesse Mathilde pour lui communiquer la présente lettre du 18 novembre.
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