HORTENSE DE BEAUHARNAIS (1783-1837) - Lot 136

Lot n° 136
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HORTENSE DE BEAUHARNAIS (1783-1837) - Lot 136
HORTENSE DE BEAUHARNAIS (1783-1837) LAS, Arenenberg 3 août 1830, au colonel Guillaume Henri DUFOUR1 (1787-1875), instructeur à l’école militaire centrale fédérale de Thun [Thoune] ; 2 pages sur 2 f. in-8. On y joint : une lithographie représentant le « trône de Charles X » (29 juillet 1830) Emouvante lettre écrite quelques jours après le soulèvement du peuple de Pariscontre le roi Charles X. A la faveur des journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830, – les « trois glorieuses », - Louis Philippe sera proclamé Roi des Français, le 9 août 1830. Il confirmera, par une loi du 10 avril 1832, le bannissement de la famille Bonaparte. « Colonel, je sais COMBIEN MON FILS SE TROUVE HEUREUX A THUN2, COMBIEN IL SE LOUE DE TOUTE LA BIENVEILLANCE QU’IL Y A RENCONTREE ET SURTOUT DE VOS BONS SOINS, aussi malgré mon chagrin d'être éloignée de lui, j'étais satisfaite de le savoir près de vous. AUJOURD’HUI LES TRISTES NOUVELLES DE FRANCE M’INQUIETENT3. C'est peut-être une sollicitude maternelle trop prévoyante, MAIS JE CRAINS QUE MON FILS, QUOIQU’ELEVE LOIN DES PASSIONS POLITIQUES ET MODERE PAR CARACTERE, NE SOIT EXPOSE A ENTENDRE DES MOTS QUI POURRAIENT LE CHOQUER, TRES FRANÇAIS, ET VIVANT PARMI DES JEUNES GENS QUI NE LE SONT PAS. Mon inquiétude est peut-être sans fondement, vous seul pouvez en juger. C’est pourquoi j'ai besoin de vous écrire et DE VOUS CONFIER TOUTE MA FAIBLESSE. Ma confiance en vous est entière, si vous prévoyez qu’il ne soit plus convenable ou QU’IL DEVIENNE FÂCHEUX QUE MON FILS RESTE A THUN, RENVOYEZ-LE-MOI EN DISANT QUE JE SUIS MALADE Enfin je m’en rapporterai à tout ce que vous déciderez, et si vous le gardez je ne me tourmenterai plus. Croyez, colonel, que c’est avec plaisir que je profite de cette circonstance pour vous remercier et vous assurer de tous mes sentiments. Hortense En relisant ma lettre, je crains que ma faiblesse maternelle ne vous fasse me renvoyer mon fils tout de suite et sans excuse, ce qui l’affligerait beaucoup. Je me répète donc, gardez le si vous ne prévoyez rien de fâcheux pour lui […]. JE ME RAPPORTE PLUS A VOTRE SAGESSE QU’A UNE DISPOSITION CRAINTIVE QUE LE MALHEUR M’A LAISSE. QUAND ON NE FAIT PLUS DE CAS QUE DU BIEN QUI NOUS RESTE, IL EST PERMIS D’EN ÊTRE AVARE. » 1 Le futur général et membre fondateur de la Croix-Rouge, Guillaume Henri DUFOUR, fut l’une des personnalités suisses qui marqua le plus Louis Napoléon. Ils furent liés, tout au long de leur vie, par une amitié sincère. 2 En juin 1830, Louis-Napoléon entra à l’École militaire de Thoune, près de Berne en Suisse, pour y étudier l’artillerie. 3 Dans une lettre adressée à sa mère, datée de Thoune, mercredi [4 août], Louis Napoléon témoigna un très vif enthousiasme au bruit des évènements de Paris : « Ma chère Maman, les nouvelles se succèdent ici avec rapidité et CE QU’IL Y A D’EXTRAORDINAIRE, TOUT LE MONDE S’EN REJOUIT. Nous sommes très tranquilles dans notre petit coin tandis que plus loin on se bat pour les intérêts les plus chers. J’espère recevoir aujourd’hui une lettre de vous. Adieu ma chère Maman, le drapeau tricolore flotte actuellement en France, heureux ceux qui ont pu le premier lui rendre son ancien éclat. Croyez au sincère attachement de votre tendre et respectueux fils. L.N. » (fonds Napoléon – cotes : 400AP/39, I. 1813-1831)
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