VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit). Lettre signée « Volta - Lot 184

Lot n° 184
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VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit). Lettre signée « Volta - Lot 184
VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit). Lettre signée « Voltaire » [à Antoine-Jean-Gabriel Le Bault]. Ferney, 14 janvier 1763. 2 pp. in-4. « J'ai les yeux rouges comme un yvrogne, et je n'ai pourtant pas l'honneur de l'être. Ma fluxion, et quelques autres bagatelles de cette espèce, me privent de l'honneur de vous écrire de ma main. QUAND JE PRENDS LA LIBERTE DE VOUS DEMANDER DU VIN DE CORTON, CE N'EST POINT PAR SENSUALITE, C'EST PAR REGIME ; c'est ce qui fait que je vous en demande pour cette année. À l'égard de l'autre vin, j'avoue qu'il ne ressemble pas aux lys de France qui ne travaillent ni ne filent [allusion à une devise de la famille royale française] ; mais je crois que c'est ma faute de l'avoir laissé trop longtemps un peu exposé dans la petite ville de Nyon au païs de Vaux, où on me l'avait adressé. Je fais réparation d'honneur à Madame Le Bault, et je crois que son vin est comme elle, très agréable et bienfaisant. Je conviens, Monsieur, que les arbitres ont passé un peu leur pouvoir ; mais il me semble qu'ils ne pouvaient le passer d'une manière plus raisonnable. Je conseille au père d'acquiescer et d'ensevelir dans l'oubli tous ces petits différents qui troublent le repos de deux hommes respectables. Je vous rends, Monsieur, de très humbles actions de grâce de tout ce que vous avez bien voulu me mander. Revenons, s'il vous plaît, au vin de Corton, JE NE LE DEMANDE NI NOUVEAU NI VIEUX, NI EN TONNEAU NI EN BOUTEILLES, je le demande tout comme vous voudrez bien me l'envoier, tout m'est égal, POURVU QU'IL SOIT BON ; faites comme il vous plaira, vous êtes le maître... Vraiment, Monsieur, j'oubliais de vous remercier des plan[t]s de vigne que vous voulez bien m'offrir. j'aurais l'air d'être un ingrat, et je ne le suis pas. Je vous aurai la plus grande obligation. » Conseiller puis président (1771) au Parlement de Bourgogne, membre de l'Académie de Dijon, Antoine-Jean-Gabriel Le Bault (1728-) était propriétaire des vins de Corton, et avait été contacté à cet égard par Voltaire par l'intermédiaire du docteur Tronchin.
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