87. SIEYÈS (Emmanuel-Joseph). Minute autographe signée de so - Lot 87

Lot n° 87
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87. SIEYÈS (Emmanuel-Joseph). Minute autographe signée de so - Lot 87
87. SIEYÈS (Emmanuel-Joseph). Minute autographe signée de son initiale de lettre à Jean Debry, alors plénipotentiaire au Congrès de Rastatt. Berlin, 16 thermidor an VI [3 août 1798]. 1 p. 1/4 in-4. Proche ami de Jean Debry, Emmanuel-Joseph Sieyès était alors ambassadeur de la République française à la Cour de Berlin. « J'ai reçu, mon cher de Bry, la lettre du 5e... Je pense comme toi, IL Y A TROP D'INTRIGUES ET DE FORMALITES A RASTADT. MAIS LE PLUS GRAND EMBARRAS DANS VOS AFFAIRES, DANS LES NOTRES, DANS CELLES DE L'EUROPE, VIENT EVIDEMMENT DES ARTICLES DE CAMPOFORMIO [TRAITE NEGOCIE EN TOUTE INDEPENDANCE PAR NAPOLEON BONAPARTE]. Comment faire ? Ne croyez-vous pas que c'est à Vienne ou à Berlin qu'on pourra seulement couper le câble qui vous attache au rivage ? Bien des remercîmens du bon souvenir de ta femme et de tes enfans. Rends-leur de ma part hommages et amitié. Adieu, je t'embrasse de tout mon cœur... » JOINT : DEBRY (Jean). Lettre autographe signée à Emmanuel-Joseph Sieyès. 5 thermidor an VI [23 juillet 1798]. « J'ay attendu à t'écrire, mon cher Sieyès, que j'eusse trouvé une voie sûre qui me permît de parler sans crainte d'être intercepté... Je te dirai donc... que LA NEGOCIATION RESTE TOUJOURS EN PANNE. LES PRETENTIONS DE L'AUTRICHE ET L'INDECISION DE LA PRUSSE LIVRENT ENTIEREMENT CETTE AFFAIRE A DES INTRIGAILLERIES QUI LA DECONSIDERENT PLUS QU'UNE MAUVAISE VOLONTE MARQUEE , on se balance réciproquement, on ne veut point s'expliquer le premier, peut-être n'en a -t-on pas le droit et se trouve-t-on absolument limité et entravé par ses instructions. Tu connois, quant à nous, ce qui fait la difficulté de notre position, nous ne demandons que de pouvoir agir. Les agens prussiens m'ont fait entendre qu'ils ne s'éloigneroient pas de consentir à la démolition d'Erhenbrestein [forteresse sur la rive droite du Rhin, face à la ville de Coblence qui venait d'être annexée par le traité de Campo Formio], si l'on accordait également celle de Cassel , cette condition me paroît inadmissible car tant que le fort d'Erhenbreistein existe, la possession de Coblentz est précaire, et si Cassel est détruite, Mayence est ouvert du côté de l'Empire. Au reste, tu sens que toutes ces difficultés élevées soit par la Prusse soit par l'Autriche sont subordonnées à des solutions d'un intérêt beaucoup plus important, dont elles ne seront que les conséquences. L'Empire est nul, il est bien étonnant que ceux qui pourroient lui donner la vie à leur avantage, ne se prononcent pas... Ma femme et mes enfans se rappellent à ton souvenir je te salue et t'embrasse de tout mon cœur... » (2 pp. in-4). LES NEGOCIATIONS DIPLOMATIQUES FAISANT SUITE A LA CAMPAGNE D'ITALIE DE NAPOLEON BONAPARTE. À l'issue du siège de Mantoue (février 1797), Napoléon Bonaparte s'avança en direction de Vienne tout en faisant poursuivre des opérations en Italie, ce qui força l'Autriche a signer un armistice provisoire à Judenburg le 7 avril, des préliminaires à Leoben le 18 avril, et un traité à Campo Formio le 18 octobre 1797. L'Autriche cédait ses Pays-Bas à la France, reconnaissait l'indépendance de la République Cisalpine, abandonnait à celle-ci la Lombardie, mais partageait la Vénétie entre l'Autriche, la France et la Cisalpine, dans un esprit contraire aux principes révolutionnaires du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Le 27 octobre 1797, Napoléon Bonaparte fut nommé plénipotentiaire au congrès de Rastatt (dans le margraviat de Bade) convoqué pour discuter du transfert de souveraineté et des compensations aux princes allemands évincés de la rive gauche du Rhin par le traité de Campo Formio. Il négocia avec Cobenzl et Metternich la signature le 1er décembre 1797 d'une convention prévoyant l'évacuation réciproque de Mayence et de Venise, puis il quitta Rastatt pour ne pas s'enferrer dans des méandres diplomatiques incertains et susceptibles de nuire à sa popularité. Le congrès se tint d'ailleurs jusqu'au 23 avril 1799 sans aboutir à un résultat définitif tandis que se nouait déjà la deuxième coalition contre la France.
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