52. ESPAGNE (Guerre en). — Manuscrit intitulé « Journal comm - Lot 52

Lot n° 52
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52. ESPAGNE (Guerre en). — Manuscrit intitulé « Journal comm - Lot 52
52. ESPAGNE (Guerre en). — Manuscrit intitulé « Journal commencé le 2 mars 1807 ». [Probablement 1812]. In-12, 80-(14) pp. sur feuillets de papier vélin à filigranes datés de 1804 et 1806, demi-parchemin avec plats cartonnés de papier marbré à la colle brun, cahiers détachés, quelques déchirures sans manque (reliure de l'époque). Intéressant document autobiographique qui s'apparente à un journal par sa marche chronologique serrée (avec quelques sauts) et par la proximité de sa date de rédaction avec les événements relatés, mais qui a été écrit selon les règles du genre des mémoires, avec la mise à distance propre à l'emploi du passé simple. Le présent manuscrit est divisé en deux parties distinctes : jusqu'à la page 80, il est rédigé d'une fine écriture calligraphiée avec peu de corrections et concerne la période allant de mars 1807 à la fin du siège de Valence en janvier 1812, avec copies de pièces officielles en annexes. Le récit fait donc une pause quand le régiment de l'auteur fut affecté à la garnison de la ville de Valence, et ne reprend qu'à la date de juin 1812, quand son régiment reprit ses opérations actives, jusqu'en novembre 1812. Il est alors rédigé d'une écriture relâchée avec nombreux ajouts et corrections (12 ff.). Il s'agit donc successivement d'une mise au net établie lors d'une période d'inactivité, suivie d'un brouillon pris au fil des jours. Il est intéressant de noter que le brouillon est malgré tout lui-même écrit au passé simple. Entré à l'École spéciale militaire de Fontainebleau (future Saint-Cyr) en mars 1807, l'auteur en sortit sous-lieutenant et servit en Espagne où, longtemps aide de camp du général Anne-Gilbert de La Val, il s'acquit le grade de capitaine avec fonctions d'adjudant-major (vers juin 1811) et la distinction de chevalier de la Légion d'honneur (vers septembre 1812). Intégré dès décembre 1807 dans la 2e légion de réserve de l'Intérieur, il fit partie du bataillon envoyé en Espagne, dans la 3e division des généraux Malher puis Frère dans le 2e corps d'observation de la Gironde sous le commandement du général Dupont de L'Étang, mais, envoyé à Valladolid, Madrid, puis Ségovie, il échappa au désastre de Bailén. La 2e légion fut alors versée dans le 3e Corps de l'armée d'Espagne sous les ordres du maréchal Moncey qui, placé à la fin de l'été 1808 sur l'Èbre, prit la place de LERIN en octobre 1808, et lutta contre le général Francisco Javier Castaños. Un temps placé sous la direction supérieure du maréchal Lannes, il servit à la bataille de TUDELA le 23 novembre (pp. 6-7). Alors que le 3e corps passait ensuite sous les ordres du général Junot, l'auteur devenait en décembre 1808 aide de camp du général de La Val, et combattait au siège de SARAGOSSE avant et après la venue du maréchal Lannes. Le récit de cet épisode est rendu en des termes dramatiques, aussi bien sur le plan militaire qu'humain (pp. 8-12). Par exemple lors de l'assaut du couvent fortifié Saint-Joseph, puis de l'entrée dans la ville vaincue : « ... Au signal donné par le gal Grandjean, nos grenadiers s'élancent de la tranchée, s'avancent au pas de course, mais sont bientôt arrettés par un fossé de vingt pieds de profondeur sur vingt-cinq de large, et qu'on avoit négligé de calculer. Cet obstacle n'avoit pas été prévu, on n'avoit préparé que quelques échelles, les grenadiers regardent déjà derrière eux. Le chef de bat[aill]on les voyant chanceler et prêts à faire demi-tour, s'élance dans le fossé, saisit la première échelle, arrive à la brèche, y monte en criant "Vive l'empereur !". Son exemple entraîne les officiers après lui , les soldats enhardis se précipitent avec eux, et chacun monte gaiement en briguant l'honneur d'arriver le premier , le fort est emporté, la garnison passée au fil de l'épée, et le soir même on tourne contre la ville les canons qu'on a pris... Rien de plus affreux que la ville de Saragosse lors de sa reddition. Une maladie épidémique la désoloit , la dise[t]te y étoit à son comble , on voyoit les corps morts entassés dans les rues et dans les églises , les hôpitaux encombrés plutôt de cadavres que de malades , des malheureux affamés s'arracher les morceaux et mourir en les dévorants , les pères rendre le dernier soupir sur leurs enfants expirants , des familles entières mortes victimes de la maladie ou de la faim, privées de sépulture et devenues la proie des chiens dévorants , des squelettes échappés pour ainsi dire du tombeau se pressant aux portes... La vue seule de la ville nous faisoit gémir des maux que nous avions causés. Les maisons détruites ou pillées, les rues couvertes de décombres, toutes les issues coupées par des traverses et des batteries, les églises, les plus beaux monuments écrasés par les bombes... » Le 3e corps passa ensuite dans l'armée d'Aragon sous les ordres du futur maréchal Louis-Gabriel Suchet, dont le général de La Val commandait l'avant-garde, menant des opérations contre le général Joaquín Blake, participant aux batailles d'ALCAÑIZ (mai 1809, pp. 15-
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