SAINT-SAËNS (Camille). Lettre autographe signée à l'éditeur - Lot 117

Lot n° 117
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SAINT-SAËNS (Camille). Lettre autographe signée à l'éditeur - Lot 117
SAINT-SAËNS (Camille). Lettre autographe signée à l'éditeur de mu_x0002_sique Henri Heugel. [Mai 1908]. 4 pp 1/2 in-folio. Lettre ouverte parue le 23 mai 1908 dans l'hebdomadaire Le Ménestrel que dirigeait Henri Heugel, en réaction à un article d'Arthur Pougin sur Rameau paru le 16 mai 1908. « Je lis dans Le Ménestrel cette phrase : "Gluck est large, pompeux et solennel , il donne l'idée de la tragédie antique, tandis que Rameau est mouvementé, tourmenté, plein de vigueur et d'action..." Laisser passer cela sans protester là-contre est au-dessus de mes forces... Depuis quelques années, avec les meilleures intentions du monde, par suite de l'oubli des traditions, d'une interprétation inexacte des indications de l'auteur, on nous a donné des œuvres de Gluck une idée si différente de leur nature véritable, que le public, en les admirant de confiance, n'admire que l'ombre des chefs-d'œuvre qu'il croit connaître. GLUCK N'EST NI LARGE, NI POMPEUX, NI SOLEMNEL , GLUCK, C'EST LA VIE, C'EST LA PASSION, C'EST LE SENTIMENT DRAMATIQUE DANS CE QU'IL A DE PLUS INTENSE... Alors que d'ordinaire on inflige aux œuvres musicales du passé des mouvements trop précipités, inconnus dans le temps où ces œuvres furent écrites, dès que l'on s'attaque aux opéras de Gluck, c'est tout le contraire , on croit devoir procéder avec une majestueuse lenteur , et ces pages brûlantes s'éteignent sous un manteau de glace... "Comment savez-vous tout cela , me dira-t-on ? Vous n'avez pas connu Gluck." Non, mais J'AI BEAUCOUP CONNU BERLIOZ, ET BERLIOZ, DANS SA PREMIÈRE JEUNESSE AVAIT VU REPRÉSENTER À L'OPÉRA LES OUVRAGES DE GLUCK, ENCORE AU RÉPERTOIRE, ALORS QUE LES TRADITIONS N'ÉTAIENT PAS PERDUES, alors que la "diction large", qui a tué le récitatif, n'était pas encore inventée , il avait de ces représentations un souvenir très précis, et ce souvenir, je peux l'affirmer, n'était nullement celui de la largeur et de la solemnité... » Par comparaison, Camille Saint-Saëns fait au passage un éloge du jeu de Sarah Bernhardt qui a sorti les tragédies antiques de la pompe ennuyeuse où elles avaient été reléguées.
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