MONET (Claude). Lettre autographe signée [à Alice Raingo]. P - Lot 103

Lot n° 103
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MONET (Claude). Lettre autographe signée [à Alice Raingo]. P - Lot 103
MONET (Claude). Lettre autographe signée [à Alice Raingo]. Pour_x0002_ville-sur-Mer, « 15 mars pour le 16 ». 3 pp. 1/4 in-8, en-tête imprimé du casino de Pourville-sur-Mer. Claude Monet vint peindre les paysages de falaises autour de Pourville-sur-Mer à trois reprises, en 1882, 1896 et 1897. Il évoque ici par ailleurs plusieurs enfants d'Ernest Hoschedé et Alice Raingo (qui devint sa femme en 1892), Germaine, Suzanne, Blanche, et Jean-Pierre, qu'il a tous représentés dans des tableaux. « ... Je suis très anxieux d'avoir de tes nouvelles, je suis sûr que tu vas te surmener et faire un tas de choses qui vont te fatiguer. Je compte sur Germaine pour te surveiller. Mais ce que je voudrais bientôt savoir, c'est votre rentrée à Giverny, je me préoc[c]upe du temps plus pour Suzanne que pour moi, ne manque donc pas de m'écrire, même au crayon si tu n'a que peu de temps. Tu vois que je n'y manque jamais, malgré ma grande fatigue quand vient le soir mais je me porte bien. Mme Eugène a reparu avec une face superbe de santé, je ne sais ce qu'elle a, mais toujours est-il qu'hier elle est allé[e] à Paris voir son médecin. Quand à son mari, il descend de temps en temps, mais il change à vue d'œil, et ne peut rien manger, ce qui épouvante tout le monde. Il a des accès de gaîté, puis subitement, abattu, vous dit, "je vais claquer". Il paraît que depuis 8 jours il n'a rien pu manger. Mais, je ne te parle pas de moi : tu vas penser que c'est bon signe. Oui, un peu, et ce n'est pas sans peine, et je ne veux pas trop le dire, ayant une peur atroce du temps. Enfin, j'y vois un peu plus clair et travaille avec un peu plus de suite, mais aussi quelle lassitude à cette heure-ci, je n'en peux plus. JE M'ENDORS TRÈS VITE, MAIS L'INQUIÉTUDE DU TEMPS QU'IL FERA LE LENDEMAIN, ET LA CRAINTE DE NE PAS ME RÉVEILLER AU PETIT JOUR, ME RÉVEILLE BIEN DES FOIS DANS LA NUIT. Je suis si inquiet, si attristé de moi. Enfin, ça va mieux, peut-être finirai-je par me ressaisir. Je suis bien content à la pensée de voir Jean-Pierre demain, car il me semble qu'il y a un siècle que j'ai quitté Giverny. Je n'ai pas reçu la lettre de Blanche, elle ne l'aura sans doute pas adressé[e] par Offranville, de là le retard. Pardonne-moi de ne pas remplir cette page blanche mais je sens que j'ai besoin de mon lit. Je suis levé depuis 6 h. moins le quart. Baisers à tous, les meilleurs pour toi et la chère Suzanne... »
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