Rare et superbe bijou de Dame de la Maison...

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Rare et superbe bijou de Dame de la Maison...

Rare et superbe bijou de Dame de la Maison de l’Impératrice Eugénie, ayant appartenu à Charlotte LEFEBVRE DESNOUETTES, baronne de SANCY DE PARABÈRE, Dame du Palais de l’Impératrice Eugénie. En or, formé d’un écu concave émaillé bleu, enrichi d’un ruban de part et d’autre et surmonté du chiffre « IE » de l’Impératrice Eugénie, rapporté à vis. L’ensemble pavé de diamants taillés à facette (manque un petit à l’un des rubans). L’écu est surmonté de la couronne impériale à coiffe émaillée rouge et branches ciselées en fort relief alternativement d’aigles impériales aux ailes éployées et de feuillages, également pavés de diamants en suite, montée à charnière. Anneau de suspension en or à décor perlé. L’ensemble est serti d’environ 104 diamants. Noeud de ruban en soie moirée blanche à large bande centrale bleu ciel et bandes extérieures noires. 68 x 45 mm. Poids brut : 34 g. T.T.B (Un léger éclat à l’émail bleu) Époque Second Empire (vers 1855). Provenance : - Baronne de SANCY DE PARABÈRE. - Resté depuis dans sa descendance. Ce bijou est unique dans l’histoire de la symbolique des souverains français. En effet, ni la cour de France d’Ancien Régime, ni celles qui lui succédèrent dans la première moitié du XIXe siècle - Empire, Restauration sans reine, puis Monarchie de Juillet sans faste - ne suivirent les grandes cours européennes dans cette luxueuse mode qui consistait à décorer d’un chiffre royal diamanté les nobles dames au service de la souveraine. Créée à la veille du mariage impérial en 1853, la Maison de l’Impératrice fut dirigée tout au long de l’Empire par la princesse d’Essling, Grande Maîtresse de la Maison de l’Impératrice. Elle était assistée par la duchesse de Bassano, Dame d’honneur, qui fut remplacée à sa mort en 1867 par la comtesse Waleswka. Venaient ensuite les Dames du Palais en charge du service d’honneur quotidien de l’Impératrice. Jusqu’à la fin de l’Empire, seules quinze Dames occupèrent cette charge. Les sept premières furent nommées en 1853 : la comtesse de Montebello, la comtesse de Lezay-Marnesia (Dame honoraire du Palais après sa démission en 1866), la baronne de Pierres, la baronne de Malaret, la marquise de las Marismas, la marquise de Latour Maubourg et la comtesse de Feray (fille du général Bugeaud, elle démissionna en janvier 1855 et n’eut donc probablement jamais ce bijou). En 1855, six nouvelles Dames furent nommées : la baronne de Sancy de Parabère, la comtesse de la Bédoyère et sa soeur la comtesse de la Poëze, la comtesse de Lourmel, la comtesse de Rayneval et Mme de Saulcy. Elles furent rejointes en 1861 par la baronne de Viry Cohendier et enfin en 1866 par Mme Carette, ancienne Lectrice de l’Impératrice (sur son portrait réalisé en 1868 et conservé au Château de Compiègne, elle est représentée portant le bijou de sa nouvelle fonction). Toutes ces Dames arboraient quotidiennement ce spectaculaire bijou, insigne de fonction et véritable marque d’honneur. Caractéristique du style de son époque, il fut vraisemblablement créé peu après l’exposition universelle de 1855. En effet, deux chefsd’oeuvre s’y sont côtoyés, l’un témoin de son absence, l’autre l’ayant inspiré. Il s’agit d’une part du célèbre tableau de Franz Xaver Winterhalter « l’Impératrice Eugénie entourée de ses Dames d’honneur », peint dans les premiers mois de 1855, sur lequel l’artiste n’a pas fait figurer ce bijou qui ne devait donc pas encore orner les corsages des Dames de l’Impératrice , d’autre part de la couronne de l’Impératrice réalisée par Alexandre-Gabriel Lemonnier - aujourd’hui conservée au Louvre – qui a directement inspiré l’insigne, puisqu’elle est représentée au-dessus de l’écu chiffré. Attaché aux lumineux souvenirs de l’Impératrice Eugénie et de ses Dames d’honneur, sans doute réalisé à moins de vingt exemplaires, ce bijou constitue un rarissime témoignage des splendeurs impériales. OEuvres en rapport : Les bijoux de Dame de la Maison de l’Impératrice Eugénie sont particulièrement rares. - Celui de la Grande Maîtresse de la Maison de l’Impératrice, la princesse d’Essling (collection particulière), exposé à l’exposition « L’art au service du pouvoir – Napoléon Ier – Napoléon III » (Atelier Grognard, 13 avril 2018 – 9 juillet 2018). On consultera l’article de Xavier MAUDUIT sur ce bijou, disponible sur le site de la Fondation Napoléon. - Celui de la Dame d’honneur de l’Impératrice, la duchesse de Bassano (collection particulière), exposé à l’exposition « Napoléon III raconté par les décorations » (Musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie, 28 novembre 1973-27 janvier 1974, n°248). Biographie : Charlotte Lavinie Lefebvre Desnouettes, baronne de Sancy de Parabère (1815-1887), fille du Général Lefebvre Desnouettes, aide de camp de l’Empereur Napoléon Ier, commandant les chasseurs à cheval de la Garde impériale. Mariée en 1833 à Émile-Alexandre-César Le Fébure baron de Sancy de Parabère (1800-1863). « Charlotte Lavinie Lefebvre Desnouettes, était la fille du général Lefèvre Desnouettes et était l’une des femmes les plus distinguées de la cour Impériale. Elle était parente de la famille Bonaparte, elle fut nommée Dame du Palais en 1855. Elle était jeune encore et très bien de sa personne, fort intelligente et très indépendante de caractère. Elle était d’un esprit très supérieur, ignorant les petites intrigues et les cancans qui ne manquent jamais dans une Cour, quelque sérieuse qu’elle fût. Elle osait n’être pas toujours de l’avis de l’Impératrice, ce dont celle-ci lui savait gré. Elle ne craignait pas de dire la vérité aux Souverains quand elle croyait de son devoir de la leur faire connaître. C’était une âme forte et virile. Pendant la guerre d’Italie, l’Impératrice régente, dérangée à tous moments de son écrasant travail par des femmes et des mères qui lui faisaient demander des nouvelles de maris, de fils, citait comme exemple Mme de Sancy, qui, ayant ses deux fils à l’armée et étant de service auprès d’elle, ne lui adressait aucune question. Dans cette guerre, le fils ainé de Mme de Sancy, alors dans l’infanterie, fut blessé dans une charge à la baïonnette. » Source : Duc de Conegliano, « La Maison de l’Empereur », Paris 1897. Experts : Jean-Claude DEY et Jean-Christophe PALTHEY
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