1928 D'Yrsan "Très Sport"

Lot 117
35 000 - 45 000 €

1928 D'Yrsan "Très Sport"

Type BS
Châssis n° 244
Carte grise de collection



Raymond de Siran de Cavanac, est plus connu des cyclecaristes sous le nom de d’Yrsan.
En 1919, Yvan Teste, ami polytechnicien de Raymond de Siran avait inventé un carburateur à gicleur central dans la cuve et le flotteur. Ils montèrent ce carburateur sur le coach Hispano-Suiza d’avant-guerre appartenant au père de Raymond. « Ce fut un succès, nous avons obtenu une meilleure accélération et une vitesse supérieure ». Il fit alors la connaissance de Sandford qui débutait en course et lui proposait de monter ce carburateur sur son trios-roues. Sandford battait le record de sa catégorie devant Darmont !
Une association fut envisagée mais Madame Sandford avait mis son véto, ce qui permit d’avoir 2 trois-roues ! « Puisque votre épouse renâcle à vouloir me faire confiance, c’est tout simple, je dessinerai un trois-roues de ma conception et dans 3 mois je l’essaierai ! ».
3 brevets furent déposés, un concernant une suspension à lames de ressorts semi-elliptiques, un sur la suspension avant indépendante, un sur la roue arrière amovible.
L’acheteur éventuel qui faisait un essai de suspension était émerveillé par la tenue de route.
Le cyclecar d’Yrsan fut présenté à la patrie des trois-roues, en Grande Bretagne dès 1925 au Salon de Londres où comme on peut le lire dans Moto Revue, il fut bien accueilli : « il faut dire que présenté au Salon Anglais le cyclecar d’Yrsan a connu d’emblée plus que le succès. D’Yrsan leur apportait autre chose : un confort exceptionnel pour lequel l’Anglais est si sensible ! ».
Moto Revue 1925 indiquait également : « ce cyclecar est construit avec des spécialités de toute première qualité. Citons au hasard : les chaines Renolds, les roulements S.K.F., les aciers de la Sarre et Caplain-Berger… Le plus intéressant reste sa suspension incroyable. Quiconque a essayé une Lancia Lambda, une Sizaire Frères ou un D’Yrsan a pu se rendre du confort et de la tenue de route. La carrosserie très basse a vraiment une agréable ligne. La facilité du changement de roues est unique ».
Un essai sur route a été décrit dans un numéro de Light Car and Cyclecar : « nous avons effectué un essai sur route, à grande vitesse, de 120 miles aux environs de Paris. Les conditions atmosphériques étaient abominables et nous avions choisi intentionnellement des routes en mauvais état, de façon à nous rendre compte des possibilités de la suspension. Comme sur la majorité des grandes routes françaises, la surface se compose alternativement de macadam et de trop longs passages de vieux pavés usés… La suspension du d’Yrsan est du haut niveau que l’on est en droit d’attendre et que l’on trouve sur les meilleures voitures. Quant au changement arrière qui est trop souvent le défaut d’un trois-roues, nous l’avons effectué sans problème. La roue arrière peut être changé aussi facilement que sur n’importe quelle voiture. Dans l’ensemble nous avons été favorablement impressionnés par le d’Yrsan. C’est une petite machine très sportive, capable de grandes vitesses et de notables accélérations ».
Maurice Krebs, journaliste indique également : »D’yrsan : des qualités de Torpilleur de la route ! Le d’Yrsan sport est bien un véhicule de sport, a des bons freins, des reprises excellentes et surtout une suspension supérieure qui le rend indifférent à l’état de la route ! ».
La première apparition en course d’un cyclecar d’Yrsan d’après Raymond Siran a lieu au circuit du Loiret, où les 2 véhicules engagés s’adjugèrent les 2 premières places devant le Morgan d’un pilote orléanais. « A poids égal du cyclecar, dans la même cylindrée, obtenant au banc d’essai la même puissance, nous battions avec Marc Chauvierre, le Sandford de compétition lors des tentatives de records du monde sur la route d’Arpajon ».
Il remportait à Brooklands, le Trophée des Trois-Roues, battant au poteau le constructeur Morgan Junior, devant 40 morgan.
La première apparition d’un d’Yrsan lors d’une épreuve d’endurance britannique, les fameux trials, fut le London-Land’s End. Le trial Londres-Edinbourg de 24 heures sous une pluie battante où la solidité du d’Yrsan ne pouvait plus être mise en doute, fut récompensé par une médaille d’or à Londres. Un modèle scarabée fut également engagé à la course de côte de Fontainebleau par un certain Casanova ! Et pour finir, Monsieur Raymond de Siran rajoutait : « si les d’Yrsan furent pour moi une catastrophe financière en sport et en tourisme, en course ce fut merveilleux ! Aussi je ne regrette rien de ces belles et ardentes années et de jouissance éprouvée à leur volant ! ».


Le modèle rescapé présenté est un modèle « Très-Sport » fabriqué à Asnières et vendu par la filiale Anglaise la D’Yrsan Limited, 33 Kinnerton street à Londres (voir plaque constructeur sur le tableau de bord). Son actuel propriétaire la possède depuis plus de 20 ans, mais ne l’a restauré que ces dernières années. Son moteur, sa boîte de vitesses, ainsi que tous les composants mécaniques, sont d’origine et ont été entièrement rénovés. Le moteur est encore en phase de rodage. La carrosserie 2 places a été entièrement restaurée : bois neufs ainsi que la tôlerie, seul le capot est d’origine. Roues, calandre, tableau de bord et son instrumentation ainsi que le saute vent sont originaux. Il possède encore toute la partie arrière de la carrosserie, les parties habillant le châssis sous le capot ainsi que la banquette et les dossiers d’époque. Son moteur est le Ruby 4 cylindres culbuté 972 cm3, allumage par magnéto Saga, carburateur Solex (carburateur bronze d’origine disponible) embrayage à bain d’huile, boîte 3 rapports plus marche arrière. Démarrage à la manivelle. La transmission primaire est par arbre, puis par chaîne à la roue arrière. Les freins sont à tambours à l’avant commandés par câble sous gaine (système de palonnier). Le frein arrière est actionné par le frein à main. Il possède bien un système unique sur le D’YRSAN : les roues indépendantes et interchangeables avant/arrière. La vitesse du type BS est de 115/120 km/h qui à l’époque, se caractérise par l’excellence de ses suspensions et de sa tenue de route.

Nous vous offrons une opportunité rare d’acquérir un morceau du Patrimoine Historique Automobile Français, puisque seulement 3 modèles 3 roues sont recensés aujourd’hui, dont un en Suisse. Cet exemplaire est le seul restauré dans sa stricte configuration d’origine.
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