Exceptionnel volume annoté de la main du...

Lot 241
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Exceptionnel volume annoté de la main du...

Exceptionnel volume annoté de la main du Général FOY Relié par Jean Georges PURGOLD et enrichi par l’orfèvre Jean Baptiste ODIOT Charles FOX (1749-1806) « L’Histoire des deux derniers rois de la Maison de Stuart » Offert par la veuve du Général au Baron Gérard, en remerciement du portrait posthume de Foy en 1826. Tomes Ier et IIe , 368 pages et 246 pages regroupées dans un volume à tranches dorées. Imprimerie Mame Frères (1809), chez Nicolle, rue de Seine, n°12, et chez GIGUET et MICHAUD, rue des Bons Enfants n°34. Le tome Ier est annoté d’environ 80 notes manuscrites à la plume par le Général FOY. Il s’agit de réflexions sur l’auteur (Charles FOX) et Lord Holland : « Le bon lord Holland est excellent à entendre et à lire lorsqu’il parle de M. Fox, parce que M. Fox n’était pas seulement un personnage public éminent, mais encore un bon homme dans son intérieur, avec ses amis et ses parents : les appartements de Holland House sont tapissés des portraits de M. Fox, tout y respire le culte de sa mémoire. » Sur la politique et l’histoire en général : « Cela est vrai, c’est la plus grande différence avec la mort de Louis XVI, je n’ai jamais rencontré un homme de bien ou un homme éclairé qui approuvait ou admirait le 21 janvier (…) ». De réflexions plus générales : « Il était jeune, c’est une puissance que la jeunesse pour agir sur les hommes ». Après la page de titre est collée la lettre de don de la Comtesse Foy au peintre, à bordure de deuil, en date du 2 septembre 1826 : « Monsieur, Permettez-moi de vous offrir ce volume de Fox, dont vous trouverez les marges couvertes de l’écriture de mon mari . J’ai dû à votre talent et à votre cœur une douce satisfaction pour le reste de ma vie, et mes enfants vous devront de ne jamais oublier les traits de leur père. Aussi, Monsieur, j’ai moins la pensée de m’acquitter envers vous, que l’espoir de vous avoir offert un souvenir vivant de cette chaleur d’âme et de ce talent qui ne sont plus, souvenir dans lequel il me sera bien doux de vous voir confondre toujours & ses enfants & sa pauvre femme. Agréez, Monsieur, avec l’expression de ma reconnaissance celle de tous les sentiments de considération distinguée de votre très-humble servante. La Comtesse Foy. Paris ce 23 septembre 1826. » Est jointe une lettre d’Auguste Gérard au Comte de Juigné, colonel de la Légion de Seine et Oise à Douai, en date du 17 septembre 1819. Reliure recouverte de maroquin bleu, bordé d’un filet d’or, orné sur les deux plats de motifs en demi-ronde bosse ciselé en vermeil mat et brillant. Poinçon à la tête de lièvre. Chaque plat à décor de motifs de frises de feuilles de laurier, soutenues sur les côtés par un glaive et une trompette de la Renommée enrubannés, enrichis aux quatre coins de motifs de palmettes. Au centre, un encadrement strié enrichi sur tout le pourtour de motifs quadrilobés, présente un hibou (symbole de la mort, que l’on trouve encore sur l’immeuble où le général mourut, rue de la Chaussée d’Antin) dans une couronne de lauriers, une lampe à huile à prise en serpent (symbole d’éternité) et au centre, dans un Ouroboros (symbole de l’éternelle renaissance), une médaille en or enchâssée : - Sur le premier plat, une médaille représentant le Général Foy, de profil par F. CAUNOIS, en fort relief et marqué à l’avers « LE GENERAL FOY DEPUTE DE L’AISNE » et au revers dans une guirlande de lauriers « NE A HAM DEP DE LA SOMME LE 3 FEVRIER 1775 MORT A PARIS LE 28 NOVEMBRE 1825 ». - Sur le plat de derrière, une médaille en or gravée « SOUVENIR DE RECONNOISSANCE DES ENFANS DU GAL FOY ET DE SA VEUVE » et au revers « ODIOT ORFEVRE A PARIS ». Plats intérieurs garni de papier gaufré à décor d’un semis de losanges orné de fleurettes, bordés de filets dorés. Dos à nerfs à décor au fer à l’or de motifs de rinceaux feuillagés , perles et motifs quadrilobés, encadrant deux cartouches avec inscriptions « FOX – HISTOIRE DES DEUX DERNIERS ROIS DE LA MAISON DE STUART  », « AVEC NOTES DE LA MAIN DU GENERAL FOY » et « PARIS 1809 ». Signé du relieur « PURGOLD ». Dans son coffret en forme de livre, recouvert de papier façon maroquin, tranches dorées, dos à nerfs décorés au fer, marqué en suite de l’ouvrage. Garni de satin ivoire, avec un ruban pour sortir l’ouvrage. Dimensions avec coffret : 24 x 16 cm x Ht 6 cm Diamètre de la médaille : 5 cm B.E. Vers 1826. (Petits accidents et usures du coffret). Provenance : - Bibliothèque du Général FOY. - Donné par sa veuve au Baron Gérard en 1826, en remerciement du portrait posthume du Général (1826). - Fernand Foy, (1847-1927), 3e comte Foy, s’étant marié à Marie Gérard, petite nièce du baron Gérard (1849-1915), l’ouvrage est probablement revenu par ce biais dans la famille FOY. - Puis Maximilien Sébastien FOY (1900-1967) et descendance. Les souvenirs de Foy, dont cet ouvrage et le portrait en pied par Gérard, étaient conservés dans la propriété familiale puis à la villa Mallet Stevens de Mezy-sur-Seine. Historique : La mort de Foy, figure de l’opposition libérale, donne lieu à de grands rassemblements. Ses obsèques sont suivies par une foule immense et sa dépouille reçoit les honneurs militaires. Le cortège réunit de très nombreuses personnalités politiques, militaires, littéraires et artistiques parmi lesquelles, le duc d’Orléans — le futur Louis-Philippe —, Alexandre de Lameth, Horace Vernet, David d’Angers, Châteaubriand, Benjamin Constant… Il rassemble de très nombreux opposants au régime. Sa veuve commandera à Gérard son portrait en pied. Ce portrait, aujourd’hui conservé au Michigan Museum of Art et resté dans la famille jusqu’au XXe siècle, est de l’avis de ses contemporains, superbe. Le général, en grand uniforme rehaussé d’un manteau noir, est présenté dans un décor montagneux, portant ses décorations, dont celle de l’ordre du Croissant, portée en sautoir, toujours très caractéristique des portraits de Foy. La veuve du Général écrit au peintre (30 avril 1826) : « Depuis huit jours, Monsieur, j’ai le bien vif désir d’aller chez vous pour vous témoigner tout ce que je vous dois de reconnaissance bien profonde et tout ce que j’en éprouve. J’ose à peine espérer une consolation aussi douce que celle de revoir, avec l’aspect de la vie, celui qui est si cruellement perdu pour moi. Rendrez-vous justice, Monsieur, aux sentiments de discrétion qui m’ont fait différer depuis huit jours et à l’impatience qui me fait vous demander aujourd’hui quand je pourrai vous dire de vive voix tout ce que je sens si bien et tout ce que ces paroles ne vous diront que si mal ? Permettez-moi de me dire, Monsieur, avec tous les sentiments les plus distingués, la personne la plus obligée et la plus sincèrement reconnaissante. La Comtesse Foy. » Gérard refuse de se faire payer son portrait, pour des raisons amicales et probablement idéologiques, bien que Gérard soit alors un peintre très en cour. En septembre 1826, la Comtesse Foy lui fera parvenir son présent et la lettre contenue dans notre ouvrage (voir la description), qui est bien reprise dans l’ouvrage recensant la correspondance du baron Gérard, publié sous le Second empire. Les gazettes du temps, ici « Le Courrier français »se font l’écho de ce don, malgré parfois quelques inexactitudes : « Mme Foy a trouvé un moyen non moins délicat qu’ingénieux de reconnaître dignement ce don (nota : celui du portrait de Gérard à la famille Foy), et l’œuvre du génie enlevé à la France, payera elle-même l’œuvre du grand talent que nous avons le bonheur de posséder encore. Prenant dans la bibliothèque de l’orateur patriote un exemplaire de l’Histoire des Stuarts, par le fameux Fox, exemplaire qui est accompagné de 80 notes marginales de la main de son époux, elle l’a confié à M. Purgold, l’un de nos plus habiles relieurs. De cet atelier, le livre est passé dans celui de M. Odiot, orfèvre du roi, qui a exécuté sur la couverture une guirlande en or mat du meilleur goût , la médaille de M. Caunois, également en or, est incrustée en manière de médaillon sur l’un des côtés du volume : l’autre est orné d’une plaque de même métal, sur laquelle les mots suivans sont écrits : « La veuve et les enfans du général Foy à M. Gérard, peintre du roi. » Ainsi, par une heureuse alliance de talens, de grands noms sont attachés à ce don précieux et lui donnent un caractère vraiment monumental. » L’ouvrage reprenant la correspondance du peintre Gérard donne lui aussi une description du don : « Ce volume, magnifiquement relié et orné de la médaille de Caunois, représentant le général Foy, est annoté sur les marges de la main de celui-ci. C’est l’Histoire des deux derniers rois de la maison des Stuarts, par Fox, avec un avertissement de lord Holland, son neveu. » Biographies : - Maximilien Sébastien Foy (1775-1825) Il entra à l’école militaire de La Fère, puis celle de Châlons-sur-Marne et fut reçu à seize ans comme lieutenant d’artillerie. C’est à Jemmapes qu’il mérita les grades de lieutenant puis de capitaine d’artillerie. En 1794, il sera arrêté par Lebon à Cambrai pour avoir soutenu la cause libérale. sauvé par le 9 thermidor, Foy est nommé chef d’escadron, il n’a pas encore 20 ans et il est choisi comme aide de camp par le jeune Général Bonaparte. Après de nouvelles victoires en Italie, la paix d’Amiens le rappelle en France. Malgré son admiration pour les qualités guerrières de Bonaparte, Foy ne pouvait accorder son approbation au gouvernement. Son vote puritain le consigna comme simple Colonel pendant neuf années. Nommé général en 1808, il participe aux guerres d’Espagne, et sera de nouveau blessé à Orthez. Aux cents jours, il alla combattre sous les ailes impériales. Lors de la bataille de Waterloo, il reçut sa dix-septième blessure. Dès 1815 commença une brillante carrière politique pour le Général Foy qui siégea durant sept sessions consécutives à la Chambre des Députés. En 1819, il est candidat à la députation de l’Aisne, élu, il siégera sur les bancs de l’opposition libérale. Il fut honoré d’une triple élection en 1823 pour les arrondissements de Vervins, Saint Quentin et Paris. Il mit ses talents d’orateur pour défendre de nobles causes : la liberté de la presse, le droit des anciens combattants de l’armée napoléonienne, le respect de la constitution, le droit de pétition. Foy meurt en 1825. Les lignes de la lettre insérée dans l’ouvrage nous donneront peut être mieux qu’une biographie (souvent muette pour les femmes de ces grands hommes), un éclairage sur la personnalité de la Comtesse FOY, née Elisabeth Daniels (1790-1868), fille adoptive du général Baraguey d’Hilliers et mère des 7 enfants du couple. Un passeport de 1813 la décrit : 1,60 m, cheveux châtains, yeux bleus, teint frais. Le ménage Foy fut soudé. - Jean-Baptiste Claude Odiot (1763-1850) est un orfèvre français, attitré de la cour et de la famille de l’empereur Napoléon Ier. À ce titre, il bénéficia de prestigieuses commandes de l’Empereur et de sa famille : le sceptre et l’épée du Sacre, le berceau du Roi de Rome, les immenses services de Madame Mère et de Pauline Borghèse, le service de campagne de l’Empereur. Il continua à fournir le Roi Louis XVIII sous la Restauration et les grandes familles françaises. - Jean-Georges Purgold (1784-1829) est un relieur originaire de Darmstadt. C’est un des relieurs majeurs du XIXe siècle, avec René Simier et Joseph Thouvenin. Il fut d’abord apprenti chez le grand relieur Jean-Claude Bozerian, puis fonda son atelier après la retraite de ce dernier, en 1810. Il s’installa rue Dauphine, puis rue Cassette à Paris. À la Restauration, l’atelier avait déjà une renommée de sérieux et de qualité. Lesné, relieur et poète contemporain de cette génération, le qualifie de « prince des relieurs ». Purgold affectionnait les dos plats, rompant ainsi avec la tradition du dos à nerfs du XVIIIe siècle. Comme toute sa génération, Purgold commença par copier la reliure « à la Bozerian » avant de s’en écarter, expérimentant des ornementations souvent complexes, exécutées au fer, parfois à la plaque au centre des plats. À la fin de son activité, en 1828-1829, il exécuta même des reliures « à la cathédrale » dans le goût du temps. Purgold mourut en mars 1829, laissant un atelier en pleine gloire à sa veuve. - François Augustin Caunois (1787-1859) est un sculpteur et médailleur français, qui s’illustra sur sa série de médailles sur les hommes illustres dont le Général Foy. Bibliographie et œuvre en rapport  : - GERARD et VIOLLET LE DUC, « Correspondance de François Gérard : peintre d’histoire, avec les artistes et les personnages célèbres de son temps », LAINE, Paris, 1867, p. 367. - Francois GERARD, Portrait posthume du Général FOY, en pied, Musée d’art de l’Université du Michigan, n° 2004/2.8. Ce portrait provenait de la famille FOY et a été acquis en 2004. - Le Courrier Français, n°242, 31 août 1826, page 3. - Jean Claude CARON, « Les Deux vies du Général Foy (1775-1825) : Guerrier et législateur », Champ Vallin, 2014.
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