Constant (Benjamin). Mémoires sur les Cent...

Lot 147
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Constant (Benjamin). Mémoires sur les Cent...

Constant (Benjamin). Mémoires sur les Cent jours, en forme de lettres. À Paris, chez Béchet aîné, et à Rouen, chez Béchet fils, 1820. Un tome (sur 2) in-8, (4)-182 pp., demi-veau brun à coins, tranches mouchetées, quelques rousseurs, reliure usagée avec mors fendus (reliure anglaise de l’époque). Édition originale de cet essai historique majeur sur les Cent -Jours , qui parut d’abord par extraits dans le périodique libéral La Minerve française de septembre 1819 à mars 1820. Le second tome, ici manquant, parut en 1822 après la mort de Napoléon Ier. Benjamin Constant , homme libre et contradictoire . Publiciste, écrivain et homme politique, Benjamin Constant, défendit toujours les principes d’une démocratie parlementaire libérale, plutôt qu’il ne s’attacha à un régime en particulier, ses palinodies lui ayant été souvent reprochées : ainsi, il demanda à entrer au Tribunat mais s’y montra un opposant à la dérive absolutiste du premier consul, puis s’opposa au retour de l’empereur en mars 1815 avant de se rallier à lui. Il fut l’amant de madame de Staël, elle-même admiratrice puis opposante de Napoléon Bonaparte. De la biblioth èque de Napoléon Ier à Sainte -Hél ène : estampille répétée sur le titre et sur le faux-titre de la première plaquette, avec mention autographe « l’emp. Napoleon » par Louis-Étienne Saint-Denis, dit le « mamelouk Ali » qui lui servait de bibliothécaire et parfois de secrétaire. La lecture de ces Mémoires inspira à Napoléon des réfle xions sur l’impopularité des Bourbon en 1814 et sur ses rapports avec Benjamin Constant . Le grand-maréchal Bertrand rapporte ainsi dans ses Cahiers de Sainte-Hélène, à la date du 27 janvier 1821, que « l’empereur a lu la brochure de Benjamin Constant sur les Cent-Jours », et rapporte longuement ses propos à cet égard : « L’empereur y a remarqué qu’il dit que «les paysans surtout étaient pour l’Empire». Ainsi l’armée n’était pas pour Napoléon ? [...]. Ce que le France veut surtout, c’est l’égalité. Ce qu’elle ne veut pas, ce sont les prétentions, l’orgueil des nobles. C’est là ce qui a rendu la noblesse antipathique à l’ordre des choses actuel. Elle conserve un orgueil féodal , elle est loin du peuple, même lorsqu’elle est sans fonctions [...]. La plus grande objection que l’on ait contre les Bourbons c’est qu’ils ont été réellement les maîtres de la France. ce sont eux qui l’ont affirmé. On le sait, nous le savons : Louis l’a assez dit [...]. Benjamin Constant est un homme d’esprit. Écrivain, il faut qu’il écrive, qu’il accuse. Il était l’amant de Mme de Staël. Il avait été fort partisan du 18 fructidor et du 18 brumaire. À cette époque, il venait beaucoup chez moi. Il me voyait tous les jours, ou fort souvent... Lors de la formation du Tribunat, Mme de Staël et ses amis me firent beaucoup d’amabilités. Constant, lui, me fit force protestations. Sieyès ne voulait pas le nommer : c’était un intrigant. Je m’entêtai. Constant fut nommé. Dès le deuxième jour, je fus étonné de le voir déclamer contre moi avec Duveyrier [...]. Je refusai désormais de voir Benjamin Constant. Mme de Staël jeta les hauts cris : «Faites comme en Angleterre : on y déclame contre le gouvernement». «Bien, mais vous ne prétendez pas après cela que je vous donne des places et que je vous courtise.» Lorsqu’au retour de l’île d’Elbe, on voulut rappeler Benjamin Constant, on dit que celui-ci prendrait la fuite : «Oh ! Je le recevrai, qu’il soit tranquille !» Constant avait toujours été désireux de se rapprocher de moi sous l’Empire , c’est moi qui ne m’en étais pas soucié. Il était de la société de Mme de Staël, qui eût aimé me culbuter : il y a des matières assez graves avec lesquelles on ne rit pas. » Exemplaire passé dans la biblioth èque du comte Gower (note autographe signée sur une garde : « This copy of the Cent-jours belonged to Bonaparte at St-Helena... »). Admirateur de Pauline Bonaparte comme de la reine de prusse , George Granville Leveson Gower (1786-1861) fut appelé comte Gower jusqu’en 1833, date à laquelle il devint marquis de Stafford et duc de Sutherland. Il fit partie, comme Lord Holland, Lord Jersey, Lord Russell ou Lord Douglas, du petit groupe d’aristocrates anglais qui ne dédaignaient pas de fréquenter les Bonaparte, dont la princesse Borghèse en Italie. Le comte Gower acheta à Londres plusieurs ouvrages provenant de la bibliothèque de Napoléon Ier à Sainte-Hélène. Le comte Gower a fait relier à la suite trois autres plaquettes : Constant (Benjamin). Questions sur la législation actuelle de la presse en France, et sur la doctrine du ministère public, relativement à la saisie des écrits, et à la responsabilité des auteurs et imprimeurs. À Paris, chez Delaunay, 1817. Seconde édition. - Forbin -Janson (Charles Théodore Alexandre Palamède de). Lettre [...] à M. le comte Decazes. Paris, à la Librairie constitutionnelle de Brissot-Thivars, et chez Delaunay, mademoiselle Donnas, 1819. Le marquis de Forbin-Janson, ancien chambellan de Napoléon Ier et fait pair de France sous les Cent-Jours, fut une des personnalités nommément visées par l’ordonnance de proscription du 24 juillet 1815. - Notices biographiques sur les nouveaux pairs de France, nommés par l’ordonnance du 5 mars 1819. Paris, librairie de Gide fils, mai 1819. In-8. Seconde édition corrigée et augmentée, parue quelques semaines après l’originale. Le comte Gower a signé le faux-titre de son initiale. Constant : in-8, 99-(3 dont la dernière blanche) pp. - Forbin-Janson : (4)-79 [dont les 4 premières en chiffres romains]-(3 dont la première blanche) pp. - Questions : 94-(2 dont la dernière blanche) pp. Provenance : Deux ex-libris dont un daté de 1892 et un moderne, chacun avec la même signature illisible datée de 1960.
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