SAINTE -HÉL ÈNE. - [NAPOLÉON Ier]. - Manuscrit...

Lot 53
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SAINTE -HÉL ÈNE. - [NAPOLÉON Ier]. - Manuscrit...

SAINTE -HÉL ÈNE. - [NAPOLÉON Ier]. - Manuscrit intitulé « Chapitre 2e. Des consuls provisoires », mis au propre de la main d’Henri-Gatien BERTRAND. [Sainte-Hélène]. 2 pp. in-folio d’une écriture fine et serrée. Long et important passage des mémoires de Napoléon Ier Dans les Mémoires pour servir à l’histoire de France sous Napoléon Ier, il correspond à la fin du chapitre intitulé « 18 brumaire », ainsi qu’aux sous-chapitres II à VI et IX du chapitre « Consuls provisoires » (Napoléon Ier, Correspondance, t. XXX , Paris, Imprimerie impériale, 1869, pp. 384-397, 400-402). L’instauration du Consulat par le coup d’état du 18 brumaire : Napoléon Ier y cultive son image d’homme providentiel et fédérateur, en exposant comment ses mesures de mansuétude mais aussi de fermeté permirent de mettre un terme au chaos révolutionnaire et de réunir autour de lui la nation tout entière. Une version primitive du te xte , présentant de tr ès fortes variantes avec celle éditée , dans Un manuscrit resté inconnu au x éditeurs de 1869 - pour ce sous-chapitre, ceux-ci avaient travaillé sur la réédition de 1830 du texte. La présente version est plus ramassée et laisse entrevoir plus clairement encore l’idée directive que Napoléon Ier souhaite communiquer aux lecteurs. Seule la partie concernant la Vendée présente une formulation quasiment identique à celle publiée. « Le 10 novbre [1799, 19 brumaire an VIII] les consuls provisoires tinrent leur première séance. La Constitution de l’an 8 fut mise en exécution le 14 décembre, instituant des consuls provisoires durant 34 jours. 2 commissions composées chacune de 50 membres du Conseil des Anciens et du C[onseil] des 500 représentoient ces 2 conseils, le Directoire étant représenté par ces 3 consuls, de sorte que tout marchait selon les formes de la Constitution de l’an 3. La présidence fut déférée à Nap[oléon] toutes les fois qu’il s’élevoit des discussions entre lui et Syès [prononciation de l’époque pour Siéyès], le consul Roger Ducos qui, incapable d’avoir une opinion à lui, avoit toujours dans le Direct[oire] suivi celle de Syès, s’en détachoit maintenant et se mettoit pour Napoléon. La 1ère opération dont on s’occupa fut de nommer les ministres. Cambacérès conserva le ministère de la Justice, le gal Berthier remplaça d’abord de Crancé dans celui de la Guerre, Taillerand [sic] eut celui des Relations extérieures, Gaudin fut nommé aux Finances en remplacement de Robert Lindet et Bourdon prit à la Marine la place de Pelet qui fut congédié. Toutes les nominations furent faites d’un commun accord. La 1ère dissention d’opinion eut lieu au sujet du ministère de la Police. Syès haissoit fortement et méprisoit Fouché et vouloit qu’il fût remplacé par Alquier. Ce changement ne paroissoit pas indispensable : quoique Fouché ne fut pas dans le secret du 18 brumaire, il s’étoit bien comporté et n’avoit hésité sur rien pour se ranger dans ce parti. Nap[oléon ] convenoit avec Syès qu’on ne pouvoit compter en rien sur sa moralité, que son esprit versatile étoit un grand inconvénient, mais enfin il avoit rendu des services et sa conduite avoit été à la fois honorable et utile à la République. «Nous formons une nouvelle époque», disait Nap[oléon ], «il ne faut pas trop nous souvenir du passé». Fouché conserva son ministère. Cep[endant ] le coryphée de la société du Manège [ jacobine ] et du Conseil des 500 s’agitoient en tous sens. On crut nécessaire de les frapper à leur tour de terreur. Un décret ordonna la déportation dans l’île de Ré d’une trentaine des principaux meneurs. cet acte de vigueur remplit le but qu’on se proposait. Ils se mirent en fuite ou se cachèrent pour se soustraire à cette mesure et c’étoit tout ce que l’on vouloit. le décret ne reçut aucune exécution et peu de temps après il fut rapporté. L’opinion avec raison répugnoit à toute mesure violente. Les adhésions des provinces arrivoient en foule, et la joie que l’événement du 18 brumaire avoit causée dans les départemens rendoit inutile l’emploi des moyens extraordinaires. Les malveillans étoient comprimés par l’unanimité de l’opinion publique. Un objet important dont les consuls eurent à s’occuper fut celui des finances [Napoléon Ier décrit ici les premières mesures qui, sans recours à l’emprunt forcé, visèrent à les rétablir]. Depuis le 18 fructidor [coup d’État du Directoire contre la nouvelle majorité royaliste, le 4 septembre 1797], un grand nombre d’individus étaient déportés à la Guyane, ou, pour se soustraire à la loi de la déportation, s’étoient sauvés en pays étranger. Ils avoient été ainsi traités sans jugement et par seule mesure de politique. Une partie de ces déportés avoient depuis levé le masque et avoué leurs relations avec les Bourbons et avec l’étranger. La conduite des autres était incertaine, beaucoup d’entr’eux étoient beaucoup plus distingués par leurs talens que par leur caractère. On rendit une loi qui rapporta celle de fructidor et rappela ces déportés au sein de la République. Dans la situation où se trouvoient les esprits, on avoit besoin de rallier, de concilier, de réunir tous les différens partis qui avoient divisé la nation, afin de pouvoir l’opposer toute entière à ses ennemis extérieurs... Les emplois furent donnés à des hommes de tous les partis et de toutes les opinions modérées, et l’effet fut tel qu’en peu de jours il se fit un changement dans l’opinion de toute la nation... Le serment de haine à la royauté fut supprimé, comme factieux et inutile... Les prêtres détenus furent relâchés, les églises catholiques, les temples protestants, &c., furent également protégés et les théophilanthropes cessèrent d’avoir cette protection spéciale dont ils avoient abusé pour vexer les autres cultes. La loi des otages fut abolie et tous ceux qui avoient été arrêtés d’après cette loi furent relâchés... La Vendée et la Chouannerie troubloient la tranquillité de 18 départemens. Du coup, les affaires y alloient si mal que Châtillon, chef des Vendéens, s’empara de Nantes. Il est vrai qu’il ne put s’y maintenir que 24 heures, mais la Chouannerie exerçoit ses ravages jusqu’aux portes de la capitale [Napoléon Ier décrit ensuite la situation, les compromissions de l’armée républicaine, puis évoque sa rencontre avec deux chefs chouans, Jean-Guillaume Hyde de Neuville et Louis d’Andigné] Hide parut être un jeune homme d’esprit, ardent mais sans être passionné. Dandinier parut être un furibond. Nap[oléon ] leur répondit qu’il ne falloit pas songer à rétablir le trône des Bourbons en France, qu’ils ne pourroient y arriver qu’en marchant sur 500 mille cadavres , que son intention étoit d’oublier le passé et de recevoir les soumissions de tous ceux qui voudroient marcher dans le sens de la nation, qu’il traiteroit volontiers avec Châtillon, Bernier, Bourmont, Suzannet, d’Autichamps &c... » Les mémoires de Napoléon , ou la promesse tenue des adieu x de Fontainebleau . Napoléon Ier avait dit en 1814 à ses derniers fidèles : « J’écrirai les grandes choses que nous avons faites ensemble », et dirait encore à Las Cases au début du mois d’août 1815 : « Nous écrirons nos Mémoires. Oui, il faut travailler , le travail aussi est la faux du temps. Après tout, on doit remplir ses destinées , c’est aussi ma grande doctrine. Eh bien ! Que les miennes s’accomplissent ». Conscient de la place majeure qu’il avait occupée dans l’histoire de son temps, il consacra à Sainte-Hélène de longues heures à dicter - plus rarement écrire - le récit de ses campagnes, et des analyses militaires et politiques sur son époque. Ces textes autobiographiques et historiographiques, écrits à la troisième personne, forment ainsi une véritable somme d’un intérêt majeur pour comprendre sa pensée. Une grande oeuvre historique et un monument à sa légende . Éloigné du pouvoir, le monarque déchu s’attacha à façonner son image pour la postérité, lui qui avait su de son temps jouer en maître de tous les moyens de communication pour imposer son personnage public de général révolutionnaire victorieux, de premier consul pacificateur et législateur, puis d’empereur omnipotent et bienfaisant... Une véritable aventure éditoriale : la publication de ces « mémoires » s’effectua en plusieurs étapes, de 1818 à 1869. Ils firent d’abord l’objet d’éditions partielles par Gourgaud en 1818, O’Meara en 1820 et Las Cases en 1823. De manière non encore exhaustive, et dans un ordre chronologique bouleversé, une très large édition en fut donnée par Gourgaud et Montholon en 1823-1825 sous le titre de Mémoires pour servir à l’histoire de France sous Napoléon Ier, rééditée en 1830 dans une chronologie rétablie, tandis que la partie consacrée à l’Égypte, restée inédite, parut séparément en 1847. L’ensemble fut réédité par Petetin en 1867, mais c’est l’édition donnée à la suite de la grande Correspondance en 1869 qui demeure la plus complète, bien que les éditeurs en aient exclu quelques dictées précédemment publiées par Las Cases et par Montholon (cf. Thierry Lentz, « Présentation des mémoires de Napoléon », dans Mémoires de Napoléon. La campagne d’Italie, Tallandier, 2010, pp. 11-31).
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