GUSTAVE COURBET (1819-1877)  Deux chevreuils... - Lot 49 - Osenat

Lot 49
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GUSTAVE COURBET (1819-1877)  Deux chevreuils... - Lot 49 - Osenat

GUSTAVE COURBET (1819-1877) 


Deux chevreuils au repos dans un paysage de neige

Huile sur toile avec le tampon de collection 'TD' (Théodore Duret, au revers de la toile) et le cachet à la cire rouge 'F.L.D.' (sur le châssis, initiales non identifiées, probablement Fernand Lair-Dubreuil) 46.5 x 55.5 cm. Peint en 1866  Monsieur Niklaus Manuel Güdel, président de la Société suisse pour l'étude de Gustave Courbet, a exposé et publié la présente œuvre.  


Provenance : Théodore Duret, Paris (Cachet de collection avec les initiales 'TD', au revers de la toile). Collection privée, Paris.  Exposition : Ornans, Musée Gustave Courbet, sous la direction de Diana Blome et Niklaus Manuel Güdel, Courbet / Hodler: une rencontre, octobre 2019-janvier 2020, p. 159, no. 107 (la présente oeuvre illustrée). Oil on canvas, bears the collection stamp "TD" (Théodore Duret on the backside of the canvas), and the red wax seal "F.L.D." on the frame (non identified, probably Fernand Lair-Dubreuil), 18 7/64 x 21 ²¹/32 in, painted in 1866.


« L'une des figures les plus charismatiques, complexes et novatrices de son temps, Gustave Courbet a défrayé la chronique comme peu de ses contemporains. Débutant dans les années 1840 entre romantisme et style troubadour, il s’affirme dans les années 1850 comme le chantre du Réalisme, en opposition aux Romantisme et à l'Académisme dominant la scène artistique parisienne en 1850. Pionnier de la peinture moderne, précurseur de l’impressionnisme, Courbet est l’un des premiers artistes à avoir forgé sa légende et son succès en multipliant provocations et scandales, rejetant les institutions politiques et cléricales, jusqu’à son exil final en Suisse en 1873. Courbet émerge au cours des années 1850 comme le peintre des forces de la nature et de la représentation humaine sans concession, qu’il hisse au niveau de la peinture d’Histoire. À ce titre, la terre natale de Courbet, à Ornans en Franche-Comté, a largement influencé sa recherche d'une vérité artistique ancrée dans le réel. Courbet est particulièrement attaché à cette région en grande partie rurale faite de petites montagnes, de vallées agricoles fertiles et de forêts de pin, et y puise son inspiration pour ses plus grands chefs d'œuvres, manifestes du Réalisme: L'enterrement à Ornans, L'atelier du peintre, La rencontre. Après avoir vécu dans les années 1840-50 à Paris, Courbet revient à partir des années 1860 à la nature, sa réputation grandissant et sa situation financière s’améliorant. Courbet alterne son temps entre la Normandie et surtout Ornans, qui deviendra son principal point d'attache jusqu'à son exil en Suisse. Il se tourne vers le paysage, genre qu'il affectionne particulièrement et qui relève d'une création plus intime. Les sujets vigoureux, mettant en scène une nature franche comme les puissantes vagues normandes par gros temps, où l'exploration des sites pittoresques et la faune sauvage du Jura, passionnent davantage Courbet que les cercles d'influence qu'il côtoie. C'est durant l'hiver 1866-67, de retour à Ornans après un séjour chez le diplomate Horace de Choiseul Praslin, que Courbet entame sa plus importante série de paysages de neige, sujet qu'il a représenté pour la première fois en 1856 avec Cerf courant dans la neige, puis de manière plus régulière à partir des années 1860. La présente œuvre s'intègre dans cette série peinte durant l’hiver 1866-67. Courbet capte un instant de sérénité dans un recoin de la vallée d’Ornans où, entre rivière et forêt, reposent sereinement deux chevreuils observés à leur insu, figés dans une neige scintillante. Le traitement complexe de cette œuvre témoigne de la quête incessante de Courbet pour mimiquer la réalité: travaillant tantôt au pinceau pour les sous-couches, tantôt au couteau pour les matières en surface, Courbet innove par une approche variée des matières pour transcrire le plus sincèrement le minéral, le végétal et l’animal. Le froid vif, le scintillement de la neige et le silence méditatif de la nature figée, est tempéré par une composition compacte avec une perspective limitée, qui renforce l'intimité et le caractère privilégié de la scène. Avec ce sujet, Courbet inaugure le genre du paysage de neige, jusqu'alors peu pratiqué en France, mais qui sera par la suite le passage obligé de la génération impressionniste: Monet, Renoir, Whistler, proche de Courbet, mais aussi Pissarro, Sisley, Caillebotte et même Gauguin s'y sont essayés. C’est également, par sa liberté de sujet et son anticonformisme, le thème qui annonce l’avènement du peintre moderne, guidé non pas par des codes académiques mais par sa propre sensibilité. Le célèbre critique Théodore Duret, défenseur de Courbet et des impressionnistes, et qui fut l’un des premiers propriétaires de la présente œuvre, ne s’y est pas trompé. »

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