SÈVRES Plateau du déjeuner "Têtes de Madones...

Lot 113
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Estimation :
80000 - 120000 EUR

SÈVRES Plateau du déjeuner "Têtes de Madones...

SÈVRES Plateau du déjeuner "Têtes de Madones d’après Raphaël" 2ème grandeur en porcelaine dure réalisé par la manufacture de Sèvres en 1813, peint au centre de la Vierge à la Chaise ou Madonna della Seggiola ou Sedia dans un médaillon circulaire sur un fond or entouré de l’inscription : LA MADONE DE RAPHAEL LA MADONA DELLA SEDIA et cerné d’une rosace formée de feuillages, arcades et fleurs brunis à l’effet, le bord décoré en grisaille sur le fond or de griffons affrontés autour de candélabres, rosettes et rinceaux feuillagés. Signé dans la peinture à gauche : Victoire Jaquotot 1813. Au revers la marque à la vignette de la manufacture impériale de Sèvres en rouge : aigle couronné Manufacture Impériale SEVRES. L’inscription en or : Par Me JAQUOTOT D’après le TABLEAU dU MUSEE NAPOLEON N°1129 La marque en or TZ pour l’année 1813 et la date et marque de doreur 26 avril BT Dps pour le doreur Charles Marie Pierre Boitel, la peinture des ornements par Jean Claude Antoine Deperais. Numéro à l’encre : 1229. Epoque Empire, année 1813. Longueur : 37 cm. Largeur : 33 cm. Très bon état Provenance : Livré au Palais des Tuileries pour être offert en présent de jour de l’an 1814 et gardé par l’Impératrice Marie-Louise Ancienne collection de la maréchale Louise Lannes, duchesse de Montebello (1782-1856), dame d’honneur de l’impératrice Marie-Louise. Ce plateau est la pièce principale du déjeuner Têtes de Madones d’après Raphaël réalisé par la manufacture de Sèvres en 1813. Alexandre Brongniart confie la peinture de cet ambitieux cabaret à Marie-Victoire Jaquotot. La miniaturiste avait déjà montré son talent pour la peinture sur porcelaine des têtes ornant les cabarets des femmes célèbres ainsi que des tasses réalisées à partir de 1809, décorées du portrait de Jeanne d’Aragon ou du Génie de la Poésie d’après le tableau et le dessin de Raphaël conservés au Musée Napoléon (futur musée du Louvre), ou encore sur un vase fuseau orné d’un portrait de Raphael d’après son autoportrait1. Le choix des Madones d’après Raphael n’est pas exclusivement déterminé par le talent de Victoire Jaquotot à reproduire les œuvres du maître italien mais sans doute aussi par le symbole de pouvoir que représente la possession de ces tableaux par la France sous l’Empire. Pour le centre du plateau, après une hésitation avec La Belle Jardinière, le choix se porte sur La Madonna della Sedia. Ce tondo est peint par Raphael à Rome en 1514, sans doute commandé par le Pape Léon X, il entre dans les collections des Médicis et il est conservé au Palais Pitti à Florence jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. En mars 1799, les troupes françaises occupent la Toscane entrainant la fuite du grand-duc Ferdinand III vers Vienne. Figurant au rang des 506 tableaux pris en Italie entre 1797 et 1814, La Vierge à la Chaise, saisie à Florence en mars ou avril 1799, arrive à Paris en janvier 18002. Elle est présentée au Louvre lors de l’exposition ouverte le 28 ventôse an VIII (19 mars 1800), puis répertoriée sous le n° 1129 lors de l’inventaire du Musée Napoléon. Le choix de la peinture pour le centre du plateau du cabaret est donc porté non seulement sur un chef d’œuvre de Raphael mais aussi sur l’image glorieuse d’une prise de guerre. La Madonna della Seggliola sera restituée à l’Italie par la France en 1815 à la suite de la seconde abdication de Napoléon. Lors d’une dernière visite aux tableaux au Louvre en mars 1814, Stendhal insiste auprès de Dominique Vivant-Denon pour que la Vierge de Raphael échappe à la restitution et suive Marie-Louise à Rambouillet3. Le baron Denon refuse d’entendre cette suggestion et La Madonna della Sedia quitte la France le 24 octobre 1815 avec 248 autres tableaux, convoyés dans 41 chars escortés par les soldats prussiens. La Vierge à la Chaise de Raphael est aujourd’hui conservée au Palais Pitti à Florence. Dès la fin du XVIIIe siècle, la copie de tableaux sur porcelaine est perçue comme le moyen de « transmettre à la postérité la plus reculée les chefs d’œuvres de ces hommes qui ont illustrés les arts »4. La réussite du déjeuner des Têtes de Madones va encourager Alexandre Brongniart à poursuivre dans la voie tracée et le plateau peut être considéré comme un prélude à la reproduction de tableaux sur plaques de porcelaine. Il est conscient des effets que le temps peut avoir sur les tableaux des maîtres anciens , la photographie n’existant pas encore, il veut produire des répliques impérissables. L’administrateur de Sèvres écrira en 1835 : « La copie sur porcelaine de tableaux remarquables doit être une des attributions de la Manufacture … Au nombre des services les plus essentiels qu’une des branches de l’art céramique, la porcelaine, peut rendre aux arts du dessin, c’est la transmission la plus complette sous tous les rapports et le plus inaltérable des chefs d’œuvre de la peinture »5. Les documents conservés aux archives de la manufacture de Sèvres précisent la composition et le programme de ce déjeuner des Têtes de Madones d’aprè
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