SERGENT-MARCEAU (Antoine-François Sergent,...

Lot 102
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10 000 - 12 000 EUR

SERGENT-MARCEAU (Antoine-François Sergent,...

SERGENT-MARCEAU (Antoine-François Sergent, dit). Tableaux des révolutions de Paris, depuis le mois de juillet 1789. Se vend à Paris, chez l’auteur (imprimé, sous la direction de M. Clousier, imprimeur du roi, par les Enfans-Auveugles, en leur maison d’institution), 1789. In-4, 16 pp., demi-maroquin à grain long grenat, dos lisse fileté et fleuronné, plats cartonnés de papier rouge encadrés d’une fine frise dorée (reliure vers 1820), volume placé sous étui bordé moderne. Édition originale, tirée sur papier vélin fort d’Annonay. Première livraison, seule parue, dédiée à la Société de la Révolution de Londres. Ella été imprimée par l’imprimerie dirigée par Jacques-Gabriel Clousier et qui dépendait de l’Institution des enfants aveugles fondée par Valentin Haüy (dont Sergent-Marceau grava par ailleurs le portrait). Reportage illustré consacré à chaud aux journées insurrectionnelles des 12 et 13 juillet 1789. Très belle illustration gravée en couleurs, à l’eau-forte rehaussée d’aquatinte, soit 4 « tableaux » dont les 2 premiers en tirage avant la lettre : Le Royal-Allemand, commandé par le prince de Lambesc, charge la foule qui manifeste aux Tuileries contre le renvoi de Necker, le 12 juillet 1789. – Troupe d’émeutiers au soir de cette journée-là. – « Les Gardes Françaises repoussent un détachement de Royal Allemand commandé par le prince de Lambesc, rue basse du Rempart dans la nuit du dimanche 12 juillet 1789 » (légende gravée). – « Le duc du Châtelet voulant passer le bac devant les Invalides est poursuivi par le peuple, et sauvé de ses mains par des GardesFrançaises, le lundi 13 juillet 1789 » (légende gravée). Ouvrage rarissime : la Bnf, comme le Musée Carnavalet, n’en possèdent que les 4 planches seules sans le texte imprimé, dans les mêmes états qu’ici. Artiste graveur et jacobin engagé, Antoine-François Sergent (1751-847) étudia son art auprès d’Augustin de Saint-Aubin, et se fit une réputation pour ses estampes en couleurs. Quand survint la Révolution, il s’impliqua activement dans la vie politique, devint secrétaire de la Société des jacobins, et fut élu à la Convention. Il s’y fit notamment remarquer pour son action au sein du Comité des arts et de l’instruction publique, faisant par exemple venir les chevaux de Marly au Tuileries, contribuant à fonder le Musée français, ou, lors d’une mission à Chartres, protégeant du vandalisme les sculptures de la cathédrale. Décrété d’arrestation après le coup d’État antijacobin de prairial, il s’exila un temps en Suisse. La même année, il épousa la sœur du général Marceau, qui pratiquait elle aussi la gravure, et il ajouta alors son nom célèbre au sien. Très hostile au régime issu du 18 brumaire, il connut encore l’exil de 1800 à 1811, ayant été expulsé de France après l’attentat de la rue Saint-Nicaise, et vécut chichement en Italie. Louis-Philippe Ier, qu’il avait connu au Club des jacobins, lui accorda une pension à partir de 1830. Exemplaire de l’auteur enrichi de 2 pièces : le prospectus de l’ouvrage (imprimé sur 2 ff. in-4 de papier gris-bleu, relié en tête). – Une carte publicitaire gravée sur cuivre, « Sergent, Me imprimeur en taille-douce, du Bureau de la Guerre, & des fortifications, demeure rue St-Jacques au coin de celle du Plâtre. À Paris » (tirage sur un f. in-8 monté sur un autre f., in-4, également relié en tête). Sergent-Marceau a inscrit de sa main une notice autobiographique, vers 1819, sur une des gardes inférieures, dans laquelle il attribue au poids de ses responsabilités politiques l’interruption de la parution. Prestigieuse provenance : baron Jérôme Pichon (d’après Cohen et Rahir, volume cependant absent du catalogue de la première vente aux enchères de ses livres en 1869). – Le célèbre égyptologue George Herbert, comte Carnarvon, qui découvrit la tombe de Toutankhamon (Londres, première partie de la vente aux enchères de ses livres, 1893, n° 52). – Louis Lebeuf de Montgermont (Paris, première partie de la vente aux enchères de ses livres, 1911, n° 199). – Le libraire et bibliographe Édouard Rahir (cuir ex-libris sur le contreplat supérieur, n° 916 du catalogue de la troisième partie de la vente aux enchères de ses livres, Paris, 1935). Cohen et Seymour de Ricci, col. 952, exemplaire cité , Portalis et Béraldi, t. III, p. 544 n° 15 , inconnu à Quérard , Tourneux, t. I, pp. 59-60, n° 289 et 290, avec mention erronée de 5 planches (car 2 des sujets cités n’en font qu’un), exemplaire cité
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