Eugène DELACROIX (1898-1863)

Lot 201
40 000 - 70 000 €
Résultat : 150 000 €

Eugène DELACROIX (1898-1863)

George Sand habillée en homme, novembre 1834
Huile sur panneau de bois
Signée en bas à droite
26 x 21,5 cm
Oil on wood panel, signed lower right 10 1/4 x 8 7/16 in.

Provenance:
- Commandé par François BULOZ.
- Acheté à la vente Buloz le 8 janvier 1878 à l’Hôtel Drouot par son fils Charles BULOZ pour la somme de 8.000 francs, resté en sa possession jusqu’en 1883.
- Docteur LANDOUZY jusqu’en 1916.
- Marie-Louise PAILLERON, petite-fille de François BULOZ jusqu’en 1923.
- Robert BOURGET-PAILLERON, son fils jusqu’en 1954.
- Resté dans la famille jusqu’à aujourd’hui.

Expositions:
- Exposition des portraits historiques du XIXe siècle, École des Beaux-Arts, Paris, 1883, n° 56.
- Eugène Delacroix, École des beaux-Arts, Paris, 6 mars-15 avril 1885, n° 37.
- Prêté au Musée Carnavalet pour l’inauguration du Salon George Sand, 7 mai 1926.
- Galerie Charpentier, Paris, 1929, n° 868.
- Centenaire du romantisme, Exposition Eugène Delacroix, Musée du Louvre, juin-juillet 1930, n° 71.
- Eugène Delacroix et ses amis, Atelier Delacroix, Paris, juin-juillet 1932, n° 187.
- Célébrités françaises, Galerie Charpentier, Paris, 1953-1954, n° 58, reproduit.
- George Sand, Bibliothèque Nationale, Paris, 1954, n° 66, reproduit en couverture du catalogue.
- Alfred de Musset, Bibliothèque Nationale, Paris, 1957, n° 117.
- Atelier Delacroix, Paris, 1963, n° 53 et n° 118 (catalogué deux fois par erreur).

Bibliographie:
- Théophile Silvestre, Delacroix, 1855, p. 80.
- Victor Champier, L’Année Artistique, 1878, p. 303.
- Alfred Robaut, L’oeuvre complet d’Eugène Delacroix, Charavay Frères Éditeurs, Paris, 1885, décrit sous le n° 449, p. 120 (croquis d’après la gravure pour illustrer le descriptif du tableau).
- Vincent van Gogh, Les lettres complètes de Vincent Van Gogh, Gallimard, Paris, 1960, Volume III, n° 645 (juin 1890).
- L’Illustration, probablement 1890, reproduit.
- Spoelberch de Lovenjoul, La véritable histoire d’Elle et Lui, Calmann-Lévy, 1897, p. 76, (lettre de George Sand à Sainte-Beuve du 25 novembre 1835).
- Moreau-Nelaton I., 162, reproduit Fig. 131. - Marie Louise Pailleron, François Buloz et ses amis, 4 volumes dont: • La vie littéraire sous Louis-Philippe, Calmann-Lévy, Paris, 1919, p. 437.
• La Revue des Deux Mondes et la Comédie-Française, 1920, pp. 90 à 93.
• Les écrivains du Second Empire, 1924, p. 173. - Augustine de Rothmaler, Les prétendus portraits de George Sand, Mercure de France, 15 juin 1924, n° 624, p. 693.
- George Sand, Journal intime, Calmann-Lévy, Paris, 1926, p. 3f.
- Augustine de Rothmaler, Les portraits de George Sand par Delacroix, Gazette des Beaux-Arts XIV, juillet 1926, pp. 70 à 72, reproduit p. 71.
- Raymond Escholier, Delacroix, peintre, graveur, écrivain, Éditions Floury, 1927, Volume II, 124-7, 128 n° 1, reproduit en face de la p. 124.
- Léo Swane, Delacroix, portraits de George Sand, Ordrupgaart Museum de Copenhague, 1954, p. 105.
- Delacroix, l’Oeuvre du Maître, Les Classiques de l’Art, Hachette, 1930, reproduit p. 40
- Correspondance I 398 n. 4, v.166 n. 2.
- L’Art Vivant, 15 janvier 1930, Correspondance inédite de Delacroix à George Sand, reproduit en couverture de la revue.
- Juliusz Starzynski, Delacroix et Chopin, Académie polonaise des Sciences, Paris, 1962, p. 5, reproduit planche 2.
- Raymond Escholier, Delacroix et les femmes, Fayard, Paris, 1963, pp. 101 à 104, reproduit à l’opposé de la p. 97.
- René Huyghe, Delacroix, Hachette, 1963, reproduit pleine page (détail), p. 159.
- Maurice Serullaz, Eugène Delacroix, Mémorial de l’exposition organisée à l’occasion du centenaire de l’artiste, Musée du Louvre, Paris, 1963, p. 205.
- M. Gauthier, Delacroix, Oldbourne Press, Londres, 1964, reproduit planche XXII.
- René Huyghe, Delacroix ou le Combat solitaire, Hachette, 1964, pp. 32 et 278, reproduit pleine page planche 29.
- Lee Johnson, The Paintings of Delacroix, A Critical Catalogue, 1832-1863, Clarendon Press, Oxford, 1986, Volume III Text, décrit sous le n° 223, pp. 42 et 43.
- Lee Johnson, The Paintings of Delacroix, A Critical Catalogue, 1832-1863, Clarendon Press, Oxford, 1986, Volume IV Plates, reproduit planche 44.
- Trapp, The Attainment of Delacroix, 1970, p. 281, n° 58.
- Barthélémy Jobert, Delacroix, Gallimard, 1997, décrit et reproduit p. 26, sous le n° 9.
- Delacroix The Music of Painting, Charlottenlund, Danemark, 13 septembre-30 décembre 2000, p. 48, reproduit.
- Claudine et Séverine Vincent, Delacroix-Sand, l’amitié en clair obscur, Éditions Triatis, 2008.

Eugène DELACROIX - George Sand habillée en homme – Novembre 1834 The paintings of Eugène Delacroix A critical Catalogue – 1832-1863 – Volume III Text Lee Johnson (Commentaire traduit des pages 42 et 43) François Bulloz, éditeur de George Sand et rédacteur en chef de la Revue des Deux mondes, a commandé ce portrait dans l’intention de le faire graver, de manière à fournir à ses lecteurs une image de George Sand qui a commencé à écrire pour la Revue en 1833.
Il a été peint en novembre 1834, lorsque George Sand, désespérée suite à sa rupture avec Alfred de Musset, tentait de se réconcilier avec lui. Il l’avait quittée à Venise, théâtre de leur idylle, à la fin mars, et ils vivaient chacun séparés à Paris depuis le début du mois d’octobre. Elle est représentée les cheveux coupés avec une expression de pathos qui, dans une moindre mesure, rappelle le modèle utilisé par Delacroix dans son étude de tête pour la vieille femme des Massacres de Scio. Dans un accès remarquablement romantique, George Sand avait coupé sa somptueuse chevelure et envoyé celle-ci à De Musset en gage de remords (un Dessin montrant George Sand avant cette coupe fut réalisé par Musset en 1833), son ultime témoignage d’amour à Musset fut de conserver sa dernière lettre dans un crâne humain, spécialement acquis à cette fin. Quasiment peint en camaïeu, très probablement en raison de l’intention du commanditaire d’en faire réaliser une gravure, le portrait suggère la tristesse du modèle précisément par l’absence de couleur, tristesse dont Delacroix était pleinement conscient et qu’il tentait d’apaiser: dans une notation de son Journal Intime, datée du 25 novembre et adressées à Musset, George Sand rapporte: «Ce matin, j’ai posé chez Lacroix (sic). J’ai causé avec lui en fumant des cigarettes de paille délicieuses. Il m’en a donné [...] Je racontais mon chagrin à Delacroix ce matin, car de quoi puis-je parler, sinon de cela ? Et il me donnait un bon conseil: c’est de n’avoir plus de courage: “Laissez-vous aller, disait-il. Quand je suis ainsi je ne fais pas le fier, je ne suis pas né Romain. Je m’abandonne à mon désespoir. Il me ronge, il m’abat, il me tue. Quand il en a assez, il se lasse à son tour, et il me quitte.”» Le même jour, elle écrivit à Sainte-Beuve, à qui elle avait aussi raconté sa peine: “Venez me voir aujourd’hui à quatre heures ou demain à la même heure, j’ai séance chez Delacroix pour ce portrait de la Revue, et ne veux pas rester chez moi le soir.” Une autre note par George Sand ne porte pas de date, mais donne une indication supplémentaire quant à son état d’esprit au moment de la réalisation de ce portrait: “Alfred revient – portrait chez Delacroix. – Scène nouvelle avec Alfred le soir” George Sand s’habillait également en homme à cette époque, ce afin qu’elle puisse fréquenter les artistes masculins d’égal à égal, simulacre à propos duquel Delacroix l’a taquinée dans une lettre non datée: “ce sexe charmant dont pourtant vous ne voulez plus être. Tâchez de ne pas être homme non plus, c’est une vilaine bête”. Le portrait semble avoir été accroché dans la salle des Dessins de Bulloz à Paris, d’où sa réputation se répandit jusqu’à Londres: en 1853 rien de moins qu’une personnalité comme Carlyle, qui avait George Sand en horreur, exprimait le désir de le voir lors de sa prochaine visite à Paris. Delacroix fut exaspéré par l’attitude cavalière de Calamatta au sujet de la gravure. Utilisant le modèle de Delacroix mais faisant aussi poser George Sand pour lui, Calamatta grossit l’expression, modifia la chevelure (les cheveux du modèle ayant repoussés) et, négligeant d’inscrire le nom de Delacroix sur la planche, le priva du mérite pour la conception originale
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