Théodore Géricault (1791-1824) - « L’Empereur...

Lot 184
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Théodore Géricault (1791-1824) - « L’Empereur...

Théodore Géricault (1791-1824) - « L’Empereur Napoléon Ier, de profil gauche (recto) » Vers 1812-1814 Plume et encre brune, lavis de brun sur traits de crayon noir 11,5 x 6,8 cm Marque de la collection « POD » (Pierre-Olivier Dubaut), en bas à droite (Lugt :L. 2103b). - « L’arrière-train d’un chien (verso) » Crayon noir - Annotations manuscrites au verso du montage, à l’encre bleue (sans doute de la main de Mme Jacqueline Dubaut-Bellonte) : « Th. Géricault/ 1791-1824. L’Empereur Napoléon Ier/ Collection P-A. Chéramy et Bon Vitta - / Exposition Géricault (Gie Bernheim, Jui 1937)/ Exposition Géricault - (Malborought Gie Londres, 1952, n°38) ». - Ancienne étiquette de la galerie « Guy Stein, 2 rue de la Boetie Paris/ Exposition Grands & petits maîtres du dernier Empire/, novembre/ décembre 1937, n°87 ». Provenance : - Collection Paul Arthur Cheramy (1840-1912), selon Pierre Dubaut. - Collection du baron Joseph Raphaël Vitta (Lyon, 1860 - Breuil, 1942), selon Pierre Dubaut. - Paris, Pierre-Olivier Dubaut (1886-1968), peintre et collectionneur (peut-être dès 1937) - Paris, Maxime Dubaut (1920-1991), peintre - Paris, collection Jacqueline Dubaut-Bellonte (1926-2012), galeriste - Par héritage à ses trois enfants. - Tableaux, meubles, objets d’art, Tessier & Sarrou, commissaires-priseurs, cabinet de Bayser, expert, Paris, Hôtel Drouot, 7 décembre 2016, n° 46, repr. coul : « Collection Pierre Dubaut/ Dessins/ Horace Vernet (Paris 1789-1863), attribué à/ L’Empereur Napoléon Ier de profil à gauche/ Plume et encre brune, lavis de brun sur traits de crayon noir. 11,5 x 6,8 cm/Légèrement insolé/ Provenance : ancienne collection P. Dubaut, son cachet en bas à droite (L.2103b)/ Diverses annotations au verso : "ancienne collection Chéramy et Bon Vitta/Exposition Géricault (galerie Bernheim, juin 1937)/exposition Géricault, (Malborought gallery, Londres, 1952, n°38)"/ Ancienne étiquette de la galerie Guy Stein : Grands et petits maîtres du dernier Empire, novembre, décembre 1937, n°87 ». Expositions : - Exposition Géricault, peintre et dessinateur (1791-1824), organisée au bénéfice de la "Sauvegarde de l'Art français", Paris, Galerie Bernheim-jeune, 10 mai - 29 mai 1937 (Introduction par le duc de Trévise, catalogue par Pierre Dubaut), hors catalogue (?). - Grands et petits maîtres du dernier Empire, Paris, galerie Guy Stein, novembre, décembre 1937, n° 87. - Théodore Géricault, 1791-1824, Londres, Marlborough Art Gallery, octobre - novembre 1952 (préface de Neville Wallis, catalogue par Pierre Dubaut), n° 38 : « The Emperor Napoleon I, profile/Pen an sepia (0,11 x 0,68 m)/ Collections : Cheramy, and B. Vitta/ Exhibited : Bernheim-Jeune ». Bibliographie : - Anonyme, Napoléon, La République, Le Consulat, l’Empire, Sainte-Hélène, Paris, Hachette, [1900], n. p. - Germain Bazin, Théodore Géricault. Étude critique, documents et catalogue raisonné, t. V, Le retour à Paris, Paris, Wildenstein Institute & Bibliothèque des arts, 1992, pp. 36, 162, n° 1517, repr : « Auteur inconnu, plume et lavis de brun, dimensions non communiquées ».1 Authenticité : Cette oeuvre sera incluse dans le Catalogue raisonné des dessins inédits et retrouvés de Théodore Géricault, actuellement en préparation par M. Bruno Chenique. Biographie : Théodore Géricault, à juste titre, ne passe pas pour avoir été l’un des plus farouches admirateurs de Napoléon, à la différence de ses amis intimes comme Horace Vernet, Charlet, les généraux Bro et Brack. Et pour cause ! Géricault renonça à servir dans les armées napoléoniennes. Son père lui acheta un remplaçant (qui trouva la mort) et, dès la chute de l’Empereur il s’engagea dans la garde nationale puis dans les Mousquetaires gris du roi2. Opposant silencieux à Napoléon (à la manière de Mme de Staël), Géricault n’en devint pas pour autant un ultra-royaliste et bifurqua rapidement vers un libéralisme d’essence républicaine3. Si, dans l’art de Géricault, les représentations de Napoléon sont donc rares, elles existent pourtant bel et bien comme l’atteste le tableau que conserve le musée des Beaux-Arts de Reims : Napoléon donnant un ordre à un officier de chasseurs à cheval de la garde (fig. 2), que l’on peut dater des années 1812-18144. Mais c’est surtout la figure de Bonaparte, dans les années 1818-1821, qui semble l’avoir intéressé avec ses deux lithographies : La Marche dans le désert (épisode de la campagne d’Égypte inaugurant la bataille des Pyramides), et le Passage du Mont Saint-Bernard (deuxième campagne d’Italie)5. Géricault y a parfaitement exprimé le charisme du jeune général tout un donnant une place essentielle aux soldats républicains, symbole même du peuple en marche (le « RF » est visible sur le drapeau). Dans cette dernière lithographie Bonaparte est campé avec sa fameuse et légendaire posture de la main dans le gilet. Le dessin de l’ancienne collection Dubaut (fig. 1) peut être considéré comme un paradigme de l’iconographie napoléonienne. Géricault le campe de profil et resserre le cadrage (n’hésitant pas à couper l’image au niveau des genoux6). Il nous présente un Napoléon qui a pris du ventre, les mains dans le dos. Le superbe travail de la plume et du lavis brun permet la création d’un personnage monumental habité par une sorte de grandeur calme. Mais les mains dans le dos, magistralement traitées d’une plume toute michelangelesque, viennent au final rappeler sa force intérieure, son énergie vitale. La manière audacieuse (caractéristique de l’art de Géricault7) de poser le lavis, notamment sur le visage, permet encore la création d’une sorte de masque laissant apparaître le beau profil volontaire de Napoléon. Dans les rares écrits laissés par Géricault, le nom de l’Empereur n’apparaît qu’une seule fois sous sa plume. En 1960 Lorenz Eitner publia un album de dessins de Géricault (dit « Album de Chicago ») dans lequel figurait d’importantes annotations (le dessin date de 1814)8. En 1989, Germain Bazin, publia à nouveau ces quelques lignes qui ressemblent fort à un programme iconographique lié aux sujets qui, en 1814, intéressaient fortement le jeune peintre, aussi bien dans le cadre de la commande qu’il avait reçu de Vivant Denon pour le futur Salon de 1814 (une célébration du courage militaire du prince Eugène de Beauharnais)9 que celui, plus scolaire, des programmes étudiés à l’École des Beaux-Arts : « Portrait de lanciers « Portrait de l’Empereur « Mameluk « Le prince Eugène « Héliodore de Sicile « Xerxès se promenant entre la mer et un bois, ses chevaux sont attaqués par deux lions. Il se deffend ... son char « Un officier du génie après s’être longtem défendu dans l’intérieur de ruines [?] se trouvent blessé est protègé par le fils même du pacha à l’intérieur de la ruine. « Mars et Hercule montés sur leur char et voulant partir pour aider le [...] sont séparés par Jupiter qui lance la foudre entre les [...] voulant épouvanter [...] »10. Dessiner la figure antique de Xerxès, en 1814, au moment de la chute de l’Empire, en l’associant à la figure de Napoléon, pouvait-il avoir un sens particulier ? Probablement. Géricault ne pouvant ignorer que Xerxès avait été le responsable du sac d’Athènes et qu’il fut finalement vaincu comme devait l’être Napoléon, responsable du sac de Moscou. Le magnifique portrait de l’Empereur, à la plume et encre de sépia, par Théodore Géricault (un dessin qui d’après des critères stylistiques, date des années 1812- 1814), peut-il être mis en rapport avec ce programme iconographique de 1814 ? C’est en tout cas, à ce jour, le seul qui lui corresponde et témoigne de l’élaboration d’une très subtile iconographie où règne une évidente psychologie des profondeurs. Illustrations : - Fig. 1. Théodore Géricault, L’Empereur Napoléon Ier, de profil gauche, 1812-1814, plume et encre brune, lavis de brun sur traits de crayon noir, 11,5 x 6,8 cm. - Fig. 2. Théodore Géricault, Napoléon donnant un ordre à un officier de chasseurs à cheval de la garde, 1812-1814, huile sur toile, 46 x 55,5 cm, Reims, Musées des Beaux-Arts. 1 L’accès à la collection de la famille Dubaut fut refusé à Bazin. Ce dernier en gardera un vif ressentiment (Germain Bazin, Théodore Géricault. Étude critique, documents et catalogue raisonné, t. VII, Regard social et politique : le séjour anglais et les heures de souffrance, documentation É. Raffy, Paris, Wildenstein Institute & Bibliothèque des arts, 1997 p. 58). 2 Bruno Chenique, « Géricault : une vie », catalogue de l’exposition Géricault, sous la direction de Régis Michel et Sylvain Laveissière, t. I, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 10 octobre 1991 - 6 janvier 1992, pp. 270-275 , B. Chenique, « Géricault, le Salon de 1814 et les semaines saintes d’un mousquetaire républicain », actes du colloque La provocation une dimension de l’art contemporain (XIXe-XXe siècle), Institut d’Art et d’archéologie, 2-3 février 2001, sous le direction d’Éric Darragon, avec la collaboration de Marianne Jakobi, Paris, Publications de la Sorbonne, 2004, pp. 65-86. 3 B. Chenique, « A l’extrême gauche de Géricault », catalogue de l’exposition Géricault, la folie d’un monde, sous la direction de Bruno Chenique et de Sylvie Ramond, Lyon, musée des Beaux-Arts, 19 avril - 31 juillet 2006, pp. 44-63, 220-224. 4 Germain Bazin, Théodore Géricault. Étude critique, documents et catalogue raisonné, t. III, La gloire de l’Empire et la Première Restauration, Paris, Bibliothèque des arts, 1989, pp. 170-171, n° 787, repr. 5 François Bergot, catalogue de l’exposition Géricault. Tout l’oeuvre gravé et pièces en rapport, Rouen, musée des Beaux-Arts, 28 novembre 1981 – 25 février 1982, pp. 47-50. 6 On retrouve un cadrage très similaire dans le dessin d’un Grenadier de la vieille garde (Bazin, t. III, 1989, p. 200, n° 859, repr). 7 Germain Bazin, Théodore Géricault. Étude critique, documents et catalogue raisonné, t. II, L’oeuvre, période de formation, Paris, Bibliothèque des arts, 1987, p. 486, n° 472, repr , Bazin, t. III, 1989, p. 166, n° 776, repr , p. 226, n° 925, repr , p. 256, n° 1008, repr , Bazin, t. V, 1992, p. 161-162, n° 1516, repr , p. 203, n° 1630, repr. 8 Lorenz Eitner, Géricault. An Album of Drawings in the Art Institute of Chicago, Chicago, The University Press, 1960, p. 38, f° 48. 9 Bruno Chenique, « Denon-Géricault : une commande inédite pour le Salon de 1814 », La Méduse, feuille d’information de l’Association des amis de Géricault, n° 6, décembre 1998, pp. 2-3. 10 Bazin, t. III, 1989, p. 147, n° 720 , Germain Bazin, Théodore Géricault. Étude critique, documents et catalogue raisonné, t. IV, Le voyage en Italie, Paris, Bibliothèque des arts, 1990. p. 12.
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