c1932 PACKARD 904 EIGHT DELUXE CONVERTIBLE VICTORIA ROLLSTON

Lot 105
Aller au lot
70 000 - 90 000 EUR
Résultats avec frais
Résultat : 74 400 EUR

c1932 PACKARD 904 EIGHT DELUXE CONVERTIBLE VICTORIA ROLLSTON

c1932
PACKARD 904 EIGHT DELUXE CONVERTIBLE VICTORIA ROLLSTOM
Numéro de série 51567
Numéro de moteur 193464
Carrosserie Rollstom steel
Carte grise française datée de 1936 et de type A53
Packard est peut-être l’un des constructeurs qui manque le plus au faste américain d’aujourd’hui. Dans les années 1920 et 1930, les Packard étaient l’équivalent américain de Rolls-Royce en Angleterre. Produisant des voitures haut de gamme en tout point, ils savaient allier les performances au confort et à la qualité de fabrication. Améliorées chaque année avec la présentation d’une nouvelle série, les Packard surpassaient leurs concurrentes de l’époque en termes de production. En 1931, la 9ème série était présentée. Elle proposait notamment de nouveaux châssis surbaissés et renforcés d’un X. Déclinée en deux modèles, la 903 de 142.5 pouces d’empattement et la 904 de 147.5 pouces d’empattement. Equipée d’un moteur de 384.8 ci, 8 cylindres en ligne à soupapes latérales et à neuf paliers, et d’une boîte quatre vitesses, la Packard 904 était forte de 135 chevaux pouvant l’emmener à 110 kilomètres par heure ! Particulièrement moderne en son temps, la Eight Deluxe proposait un système de graissage commandé depuis le tableau de bord, une suspension à rigidité variable. Elle restait pourtant facile à conduire et capable de performances très honorables ! Années 1930 obligent, les châssis pouvaient être carrossés à la demande des clients au sein des plus grandes carrosseries d’alors, à l’instar de Rollstom. Cette dernière, installée à New-York depuis 1921 fut très vite remarquée par le principal concessionnaire Packard de la ville, Grover C. Parvis, pour son savoir-faire en termes d’élégance et de robustesse. Julius Veghso assisté de Rudy Creteur étaient parmi les meilleurs designers de Rollston, mais leurs inspirations furent tirées des carrosseries Van Den Plas qui furent les premières carrosseries convertible Victoria à quatre ou cinq places sous capote.
Cette Packard fut certainement livrée neuve en France. Elle fut recarrossée dans les années 1950 et fut alors utilisée comme utilitaire par un boucher d’Aulnay-sous-Bois. Abandonnée dans une casse à la suite d’une crevaison, elle fut redécouverte par un groupe de passionnés, ce, bien des années plus tard. Le projet fut lancé et la restauration commençait chez un collectionneur parisien qui la revendit ensuite à ceux-là-même qui l’avaient découverte. Ils poursuivirent le chantier et transformèrent la Packard en convertible Victoria Rollstom d’après des documents trouvés aux USA. Seulement, les travaux ne furent jamais terminés. La suite de l’histoire ne peut être mieux racontée que par son ancien propriétaire dans sa lettre adressée à son ami pour récapituler la remise en état de sa Packard à la fin des travaux :
« Salut Gilbert,
Avec l’aide de Didier, je vais essayer de te faire la chronologie de l’acquisition et de la remise en état de cette fameuse Packard. Le véhicule m’a été indiqué par un vieil ami Expert en automobiles à la retraite et amateur de vieilles voitures. Il me confiait connaître un modèle « fabuleux », me disait-il, si j’avais les moyens je l’exposerais dans mon garage, sans jamais la remettre en état, uniquement pour le plaisir de la regarder. Piqué par son propos, nous sommes allés en banlieue parisienne, voir cette auto. Naturellement, j’ai découvert une épave. Le gars, chez qui elle était stationnée dans la cour, à tous vents, depuis plus de 10 ans, m’a raconté qu’il avait commencé les travaux de remise en état, mais que le promis restaurateur était décédé, et bien que le propriétaire du véhicule lui ai versé des acomptes substantiels, il n’avait pas eu les moyens de la finir, toujours la même histoire avec les carrossiers, plus ou moins avides de prendre des sous au maximum et d’en faire le moins possible.
Toujours est-il, que je me suis porté acquéreur. Après discussions, j’ai obtenu un prix, qui, quoique raisonnable était élevé, vu l’état dans lequel se trouvait la fabuleuse voiture. J’ai pu obtenir les papiers chez le Notaire, car ce véhicule était dans la succession du dit propriétaire. J’ai donné une commission, et j’ai ramené la Belle dans mon garage.
C’est à ce moment-là, que les doutes m’ont assailli. Enfin, connaissant le travail « garagiste depuis 45 ans à la retraite », je me suis mis au boulot en 2006. Bien que mon vendeur m’ait affirmé une mécanique remise en état, rien n’avait été fait, je te passe les découvertes…
Enfin, lorsqu’elle a été prête à tourner, j’ai commencé la tôlerie !
Par exemple : - aucune tôle de plancher – aucune armature de siège – aucun coffre à batterie – pas de tôle recouvrant le réservoir à essence – pas de porte-bagage – tous les chromes restants étaient piqués à mort, inutilisables – pas de pare-brise, pas de montants et encadrement, pas de feux d’aile et feux arrière – pas de compteurs – pas de phares
Il faut bien voir sur les photos que j’ai prises à son arrivée l’état dans lequel elle était. Enfin la sellerie, pas de sellerie, pas de siège, il a fallu aller dans plusieurs pays d’Europe pour avoir le modèle. Jusqu’en 2010, avant de pouvoir imaginer ce que pouvait être une Packard 904, 1932 Rollstom, je me suis déplacé 5 fois au Canada et à Hershey, pour trouver les pièces mécaniques. Enfin, il me reste quelques bricoles à terminer. Aujourd’hui, elle a belle allure. Après quelques finitions, l’année prochaine, je ferais un déplacement en Belgique avec elle, car il y a un rassemblement Packard, à Bruxelles. Ce ne sera qu’après 6 années de galère, que mon calvaire se terminera dans le plaisir. Pour la petite histoire, je t’ai fait le détail approximatif des dépenses. J’ai dû oublier de noter pas mal de choses. Toutes les pièces trouvées de-ci, de-là, doivent être d’origine, achetées aux US, aidé de quelques copains Canadien, me trouvant adresses et pièces dans les bourses Canadiennes.
Voilà l’histoire du fabuleux rêve réalisé, de mon copain Expert. »
Au total, cette voiture coûta prêt de 144 000 €, sans compter le prix d’achat. Il ne put malheureusement s’en servir que peu avant son décès à 83 ans en septembre 2015. Acquise en 2016 par son propriétaire actuel, cette Packard ne tournait pas. Des travaux de remise en état mécanique furent ainsi réalisés pour fonctionner aujourd’hui sans problème. Comme dans le temps, elle reste une voiture simple et confortable à conduire malgré son âge.
Fruit d’une passion de toute une vie, il aura peut-être fallu cinquante ans à son ancien propriétaire pour réaliser son projet automobile le plus fou. Cette superbe Packard est aujourd’hui proposée à la vente et représente une occasion unique d’acquérir les lignes d’une carrosserie Victoria Rollstom pour un prix somme toute, raisonnable, surtout comparé à une Duesenberg en grande partie similaire en apparence !
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue