BERTHIER (Louis-Alexandre)

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BERTHIER (Louis-Alexandre)

Relation de la bataille de Marengo. À Paris, au Dépôt général de la Guerre, an XII [1804]. Au colophon: Imprimé par les soins de J. J. Marcel, directeur général de l'Imprimerie impériale. Grand in-folio, (2 dont la seconde blanche)-17-(1 blanche) pp., maroquin rouge à grain long, dos lisse orné, large encadrement doré sur les plats avec armoiries dorées au centre, coupes et chasses ornées, gardes de tabis bleu, tranches dorées, reliure un peu frottée avec coiffes et coins usagés, départs de mors et tabis fendus (reliure de l'époque).ÉDITION ORIGINALE, publiée en fait en 1806, comme les éditions aux formats in-8 (datée an XIV-1805), in-4 (datée 1806), petit in-folio (datée 1806). UN TIRAGE RESTREINT SUR HOLLANDE, RARISSIME: Brunet parle par ouï-dire de vingt-cinq exemplaires seulement, citant celui provenant du duc de Plaisance (Brunet, t. I, col. 817, Monglond, t. VI, col. 573-574, édition non citée par Quérard et Davois). 8 planches gravées sur cuivre: titre, dédicace, 2 cartes générales à double page avec rehauts de couleurs à la main (dont une avec territoires au lavis), 4 plans à double page avec rehauts de couleurs à la main. Les pages de texte sont toutes imprimées dans un encadrement étoilé gravé sur cuivre. MARENGO, MOMENT CLEF DE LA SECONDE CAMPAGNE D'ITALIE, ET «PREMIÈRE MANOeUVRE GLOBALE DE BONAPARTE», selon Jacques Garnier: elle «réunit l'action politique (vis-à-vis de l'ennemi et du peuple français), l'action stratégique (ensemble des forces disponibles et de la partie sous son propre commandement) et l'action tactique en une bataille dont le chef eut tant de mal à se voir attribuer, à lui seul, la victoire». MARENGO, PAR QUOI «CRURENT LES FORCES, LA RENOMMÉE ET LA MAJESTÉ DE L'EMPIRE»: cette épigraphe tirée d'Horace, placée en latin en tête du présent volume, souligne combien Napoléon Ier voulait élever cette bataille pourtant controversée au rang de première grande victoire militaire personnelle après son accession au pouvoir. UNE INCROYABLE HISTOIRE ÉDITORIALE MARQUÉE AU COIN DE LA VOLONTÉ IMPÉRIALE. Le tracé des cartes et la rédaction du texte d'accompagnement de la Relation de la bataille de Marengo ont demandé six années de travaux et sont particulièrement représentatifs de l'attention particulière que portait Bonaparte à sa propagande personnelle. De 1800 à 1806, ils connurent plusieurs versions successives qui varièrent à mesure qu'évoluait le statut du héros et, partant, celui de sa geste (cf. Mémorial du Dépôt général de la Guerre, Paris, Ch. Piquet, 1828, pp. 268-276). Peu après la bataille de Marengo (14 juin 1800), une première version rédigée par Bonaparte ou sous sa direction fut publiée dans le Moniteur (22 juin 1800): il s'agissait d'un succinct Bulletin de l'armée de réserve, écrit dans le style triomphal habituel, mais n'occultant pas les difficultés, notamment la dispersion des troupes accentuée encore lors du premier mouvement de retraite. 202 / OSENAT / Une seconde version, plus étendue, fut préparée au Dépôt de la Guerre au début de l'an XII (1803), pour une insertion dans l'ouvrage d'instruction des officiers dit Mémorial topographique et militaire. Elle fut néanmoins abandonnée car Bonaparte avait entre temps conçu le désir de publier un ouvrage à part, d'une autre ampleur, dans un but de propagande personnelle. Sous l'autorité nominative du ministre de la Guerre Louis-Alexandre Berthier, qui participa à la bataille, le Dépôt de la Guerre se lança donc dans un travail historiographique de fond, réunissant et confrontant les sources françaises et étrangères, déjà existantes (publiées ou manuscrites) ou nouvellement recueillies auprès des officiers généraux présents à la bataille. On fit établir des cartes topographiques sous la direction du général Sanson, directeur du Dépôt, sur lesquelles le général de Castres marqua les positions militaires successives, sous la supervision du colonel Vallongue, sous-directeur du Dépôt, qui rédigea le texte d'accompagnement. Bonaparte se fit remettre l'ensemble et le couvrit de tant de corrections qu'il fallut presque tout refaire. Le Premier Consul prenait des libertés avec la réalité pour atténuer l'évidence des erreurs ou des risques et pour faire de cet engagement militaire héroïque mais hasardeux une opération maîtrisée: par exemple, les bataillons du général Lannes sont présentés comme donnant tous des charges en retour durant la retraite alors qu'un seul avait accepté alors de suivre le général Lannes à l'ennemi. Cette nouvelle mouture fut approuvée par Bonaparte (devenu empereur entre temps, 1804), et le travail de gravure fut entamé. Comme Napoléon Ier devait aller se faire couronner roi d'Italie à Milan (1805) et souhaitait revoir Marengo, Berthier décida de lui en offrir un premier exemplaire sur le champ de bataille même: il demanda donc la gravure d'un feuillet de dédicace qui en témoignerait, et fit apporter en Italie cinq exemplaires in-folio illustrés de 10 cartes. Mais Napoléon Ier considéra que l'ouvrage n'était pas encore conforme à l'image de général infaillible qu'il souhaitait incarner: il porta encore des corrections destinée à resserrer les positions de son armée, notamment en modifiant la direction de la retraite de Lannes, présentée comme effectuée en ordre dans un mouvement tournant, et en plaçant les troupes de Carra-Saint-Cyr à Castel-Ceriolo. Il exigea du général Sanson que l'on détruisît tous les exemplaires achevés (un exemplaire fut sauvé par le colonel Muriel), mais aussi les documents préparatoires et les sources en contradiction avec sa nouvelle version. Une nouvelle mouture fut préparée directement dans le cabinet de Berthier, avec planches soumises au fur et à mesure à l'empereur, et la version définitive fut arrêtée seulement après Austerlitz, illustrée de 4 des 6 ou 8 cartes seulement: c'est cette version qui fut publiée dans le présent volume. Il est intéressant de noter qu'à Sainte-Hélène Napoléon Ier donnerait de nouveau un récit de Marengo, qui accentuerait encore la version finale de la Relation de 1806 pour affirmer l'idée d'un plan calculé dans lequel les mouvements de l'armée française (et notamment la retraite de Lannes) aurait été articulés autour du pivot de Castel-Ceriolo (tenu par Carra- Saint-Cyr). LUXUEUX EXEMPLAIRE DE PRÉSENT AUX GRANDES ARMES IMPÉRIALES (OHR, fer n° 10 de la planche n° 2652), IDENTIQUE À CELUI QUE L'EMPEREUR EMPORTA LUI-MÊME À SAINTE-HÉLÈNE (ancienne bibliothèque Du Temple de Rougemont) ou à celui du ministre de la Marine l'amiral Decrès (ancienne bibliothèque Gérard Souham). PROVENANCE: BIBLIOTHÈQUE DU MARÉCHAL SUCHET (vignette ex-libris). «JE NE PUIS DIRE QUEL ÉTAIT MON MEILLEUR GÉNÉRAL. JE SUPPOSE QUE C'ÉTAIT SUCHET» (NAPOLÉON Ier, d'après Las-Cases dans son Mémorial de Sainte-Hélène). Le futur maréchal Suchet contribua en quelque sorte à la victoire de Marengo par sa prise de position dans Masséna près d'Acqui, ce qui amena le général Melas à faire l'erreur de détacher une partie de sa cavalerie sous le commandement du général Nimpsch pour aller à sa rencontre.
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