DELAMARRE (Achille-Joseph)

Lot 32
Aller au lot
1 000 - 1 500 EUR
Résultat : 1 000 EUR

DELAMARRE (Achille-Joseph)

Ensemble d'environ 45 lettres et pièces concernant principalement sa carrière et ses titres honorifiques. 1809-1843 et s.d. Un brillant officier des guerres d'Empire et de l'expédition d'Espagne (1823). Achille-Joseph Delamarre entra dans l'armée en 1807 comme simple soldat et demeura au service jusqu'en 1832, recevant successivement les grades de caporal puis de sergent en 1808, de sous-lieutenant puis de lieutenant en 1809, de capitaine en août 1812, de chef d'escadron en février 1814 et enfin de lieutenant-colonel en juillet 1823. Il devint aide de camp du maréchal Oudinot en 1809 et l'assista dans toutes ses campagnes, en Autriche (1809), en Russie (1812), en Allemagne (1813), en France (1814), et en Espagne (1823). Charles X l'anoblit du titre de comte, et Napoléon III en fit un sénateur. L'ensemble comprend des lettres et pièces de nombreuses personnalités militaires: le major-général de la Grande Armée le maréchal Louis-Alexandre Berthier (lettre signée «Alexandre», Enns, 5 mai 1809, lettre signée «Alexandre», Ebersdorf, 2 juillet 1809, lettre signée «Alexandre», île de Lobau dite «isle Napoléon», 3 juillet 1809, lettre signée «Alexandre» au maréchal Oudinot, île de Lobau dite «isle Napoléon», 3 juillet 1809, lettre signée «Alexandre», Vitebsk, 10 août 1812), le ministre de la Guerre le général Henry Clarke (pièce signée «Cte d'Hunebourg», Paris, 1809, lettre signée «Cte d'Hunebourg», Paris, 1809, lettre signée «Duc de Feltre», Paris, 1812, lettre signée «Duc de Feltre», Paris, 1812, pièce signée «Duc de Feltre», Paris, 1815), le général Henri-François Delaborde (lettre autographe signée, San Sebastian, 3 décembre 1808, lettre autographe signée, Toro, 1809), le ministre de la Guerre le général Pierre Dupont de L'Étang (2 pièces signées, Paris, 1814), le général Alphonse-Louis Gentil de Saint-Alphonse (pièce signée, Paris, 1818, lettre signée au maréchal Oudinot, 1818, avec apostille autographe de celui-ci), le maréchal Laurent Gouvion-Saint-Cyr (lettre signée, Paris, 1818), le général Louis-Sébastien Grundler (pièce signée, Paris, 21 mars 1815, lettre signée, Madrid, 1823, lettre signée au maréchal Oudinot, Vitoria, 1823), le général Armand Charles Guilleminot (lettre signée, Paris, 1824), le maréchal Étienne Jacques Joseph Alexandre Macdonald (lettre signée au maréchal Oudinot, Paris, 1823), le maréchal Nicolas Charles Oudinot (lettre autographe signée «Le comte Chs Oudinot», Augsbourg, 1809, pièce autographe, s.l.n.d.), le ministre de la Guerre le maréchal Nicolas Jean-de-Dieu Soult (lettre signée «mal duc de dalmatie», Paris, 1832), etc. Les titres honorifiques sont les suivants: chevalier, officier puis commandeur de la légion d'Honneur (notamment 2 lettres signées de Berthier, un brevet avec griffe de Louis XVIII et signature de Macdonald, une lettre signé par le ministre d'État Gustave Rouland), chevalier de l'Ordre bavarois de Max-Joseph (notamment un brevet signé par Maximilien-Joseph Ier de Bavière), chevalier de l'Ordre de Saint-Louis (brevet avec griffe de Louis XVIII), chevalier de l'Ordre espagnol de Saint-Ferdinand (brevet avec signature secrétaire de Ferdinand VII), titulaire de la médaille de Sainte-Hélène (brevet avec griffe du duc de Plaisance). Avec deux manuscrits autographes de Delamarre, dont un daté de 1826 contenant le récit détaillé du combat du 4 octobre 1813 à Interbock entre le maréchal Ney et les troupes prussiennes ayant passé l'Elbe, probablement écrit à la demande du général Pelet qui allait publier une série d'articles en 1826 et 1827 dans Le Spectateur militaire sur la campagne de 1813, et qui réunissait, selon sa méthode habituelle, des sources de première main. Delamarre y défend l'honneur du maréchal Oudinot en imputant à une erreur du maréchal Ney le passage de l'Elbe par Blücher, ce qui va dans le sens des théories de Pelet qui considérait que les vues stratégiques très larges de Napoléon Ier avaient été mal comprises par ses subordonnés, notamment le maréchal Ney qui ne se porta pas vers Berlin comme l'empereur le lui demandait, ce qui permit une convergence des troupes ennemies sur Leipzig où eut lieu la bataille du 18 octobre perdue par les Français. «Le 4 octobre [1813], Monsieur le maréchal [Oudinot] me donna l'ordre de me rendre auprès du maréchal Ney pour savoir ses intentions relativement à son corps. Je trouvais le maréchal dans son logement faisant les dispositions pour la journée. Il me fit entrer et me dit: «L'opération de Berlin est mauvaise et je ne veux pas plus la faire qu'Oudinot, c'est une affaire de gazette, dites donc au maréchal qu'il doit rester où il est, je vais me mettre à la tête du 4me corps (Bertrand), je pousserai jusqu'à Interbock. J'y trouverai le reste du corps de Traneuzen [?] que vous avez battu hier. J'y aurai peut-être un engagement. Je marquerai ainsi mon mouvement, mon intention étant de marcher sur la Silésie où arrivant à l'improviste nous pourrons frapper un grand coup... Ma marche sur Interbock devant faire au moins gagner deux journées à l'armée dont je rejoindrai l'arrière-garde par une marche de nuit». Le 4me corps exécutant déjà son mouvement lorsque je revins auprès de Mr le maréchal [Oudinot] et ainsi le 12me corps [commandé par Oudinot] qui s'était trouvé en tête la veille, par les ordres du ml Ney, se trouva le dernier, le gl Reynier [commandant le 7e corps sous les ordres du maréchal Ney] devait, autant que je puis me le rappeler, suivre le mouvement du 4me corps jusqu'à une certaine hauteur pour prendre la route de la Silésie. Le maréchal ne recevant rien du ml Ney et croyant entendre le canon, me prescrivit de nouveau de joindre le maréchal, de lui rappeler l'inaction du 12me corps, de rester près de lui et de lui porter les ordres dont il me chargerait. En arrivant auprès du maréchal Ney, je trouvai le 4me corps aux prises près de Interbock un peu vers la gauche de la ville et des montagnes, l'ennemi entretenait le feu mais rien n'annonçait encore ce que pourrait être la journée. Le ml me garda, n'ayant encore aucun ordre à donner au 12[e] corps, parce croyant toujours avoir affaire aux débris du corps de Traneuzen, il ne pensait pas à changer son plan. La présence de l'armée ennemie s'annonça par une charge de cavalerie qui traversa nos lignes d'infanterie et vint expirer au pied du mamelon où était l'état l'état-major, alors le ml Ney se porta au galop à la gauche où une fusillade assez vive s'engageait. Dans le même moment, nos troupes étaient dans un terrain couvert de petits buissons et légèrement accidenté, le ml les fit porter en avant, nous étions en face des défilés de la route de Berlin, pend[an]t que ce mouvement s'exécutait, l'ennemi débouchait vis à vis de nous avec rapidité et en un instant ses batteries tirèrent sur le 4me corps, il était clair alors que toute l'armée était déjà là, ce fut dans ce moment que le maréchal me dit: «Allez chercher Oudinot». Je partis aussi vite que possible. Comme j'allais entrer dans le bois qui couvre la route de Wittemberg, je voulus voir encore la position de la bataille, car le feu en un instant avait augmenté d'une manière étonnante, l'ennemi continuait à déboucher et s'étendait rapidement surtout par sa droite, pour arriver sur la route de Wittemberg, alors je m'enfonçai dans le bois, persuadé que nous ne pourrions pas arriver à tems. Le maréchal [Oudinot] devait dans ce moment être, selon les ordres du ml Ney à près de trois lieues du champ de bataille, je n'avais pas fait une demi-lieue que je trouvai l'avant-garde du 12me corps. Mr le ml, inquiet de ne pas recevoir d'ordres, s'était dirigé sur la cannonade. Je lui communiquai mon ordre en lui disant que je désirais qu'il vît par lui-même le champ de bataille, que la rapidité de l'attaque de l'ennemi était telle que j'étais persuadé qu'il n'arriverait plus à tems, nous partîmes au grand galop. Sortis du bois nous vîmes que l'armée ennemie était entièrement débouchée, des masses précédées d'une nuée de tirailleurs, infanterie et cavalerie, marchaient sur le point où nous étions... et allaient aussi nous séparer du 4me corps avec lequel rien ne nous liait. «Vous avez raison, me dit le maréchal [Oudinot] mais mon devoir est d'exécuter les ordres du ml Ney et je ne l'abandonnerai pas au moment du danger. Dites à la division Guilleminot d'avancer aussi vite que possible. Alors commença le combat pour le 1]2me corps. Il est inutile d'en rappeler les résultats [un échec]. Ce qu'il fallait expliquer c'était comment le ml Ney se trouvait isolé avec un seul corps de son armée. Ce récit prouve qu'il n'y a rien à reprocher aux commandants des 7me et 12me corps [Reynier et Oudinot] qui ont fait plus que leur devoir dans cette triste journée et que tous les désastres de cette bataille ne devaient être attribués qu'à l'erreur du ml Ney qui a cru ne trouver qu'un corps isolé et battu là où était toute une armée, avait par l'éloignement où il avait tenu deux corps, manqué le moment décisif, qui était d'empêcher avec toutes ses forces l'armée ennemie de déboucher des défilés, le 7me corps ne s'étant pas plus trouvé que le 12me sur le champ de bataille.»
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue