Malraux (André)

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Malraux (André)

Ensemble de 10 maquettes (9 avec très nombreuses corrections autographes, dont une avec 6 bons à tirer autographes signés) et un jeu d'épreuves, pour les deux premières éditions de son grand recueil d'essais sur l'art, respectivement intitulées Psychologie de l'art et Les Voix du silence. Environ 2260 pp., réunies dans 11 volumes brochés, soit 3 de format grand in-8 (28 x 22 cm), correspondant à l'édition originale, et 8 de format in-8 carré (22,5 x 18 cm), correspondant à la seconde édition, quelques incomplétudes. JOINT, relativement à cette oeuvre, un reliquat d'environ 80 coupures dactylographiées et imprimées dont une vingtaine avec corrections autographes d'André Malraux, ainsi qu'une lettre signée de celui-ci. L'épopée artistique de l'humanité retracée par André Malraux. Dans ces essais magistraux, André Malraux propose une réflexion générale sur l'art, soutenue par une vision lyrique et passionnée de l'histoire mondiale de l'art. L'ensemble fut publié en deux temps sous deux titres généraux différents. L'édition originale, qui parut sous le titre de Psychologie de l'art (Genève, Albert Skira), comprend trois parties: Le Musée imaginaire (1947), dans lequel Malraux étudie le corpus de reproductions disponible à l'époque moderne, La Création artistique (1948), qui constitue une réflexion sur l'artiste, et La Monnaie de l'absolu (1950), qui aborde la question de l'art moderne. En 1951, Malraux publia une seconde édition sous le titre Les Voix du silence (Gallimard, Nrf, Galerie de la Pléiade): remaniée et corrigée, elle est augmentée d'une quatrième partie (placée en second), intitulée Les Métamorphoses d'Apollon et consacrée aux formes artistiques. «JAMAIS ENCORE N'AVAIT ETE ELEVE UN TEL MONUMENT A LA GLOIRE DU GENIE CREATEUR DE L'HOMME» (ANTOINE TERRASSE, «La Méditation de toute une vie», dans Revue André Malraux Review, vol. 21, n° 2, Edmonton, 1989). «Les historiens de l'art étudient les événements, les circonstances qui ont accompagné la naissance des oeuvres. Malraux, lui, cherche à percer le mystère du génie. Son esprit ne se lasse pas d'observer tous les signes de l'esprit. "Notre plus profonde relation avec l'art est d'ordre métaphysique..." De là cette méditation admirable, et, au-delà des interrogations, l'exaltation renouvelée devant les chefsd'oeuvre. Il faut bien parler ici de croyance, et de ferveur. Si tous les livres de Malraux sont, comme il l'écrit lui-même, "les différents chapitres d'une même vie", tous ses livres sur l'art sont les chapitres d'un même livre: un hymne à la création. C'est dire avec quelle émotion on retrouve ces maquettes, ces épreuves - vivant témoignage de son attention, de sa rigueur, comme du soin méticuleux qu'il apportait à la présentation des images» (Antoine Terrasse, ibid.) Les maquettes se présentent chacune comme un volume établi à part entière. Leurs doubles pages ont été montées à partir d'épreuves imprimées du texte, découpées et contrecollées de sorte à ménager la place nécessaire aux reproductions, elles-mêmes contrecollées. Ces reproductions sont, dans deux des maquettes pour l'édition originale, des tirages photographiques en noir et des impressions en couleurs, et, dans les sept maquettes de la seconde édition, des épreuves tirées en bleu. Les trois maquettes pour l'édition originale ont été montées sur les recto et verso des feuillets, tandis que les sept maquettes pour la seconde édition ont été montées sur une face seule de chaque feuillet, les faces vierges ayant été ou non collées entre elles. De nombreuses corrections autographes enrichissent neuf des maquettes. Ces neuf maquettes portent de nombreuses indications de mise en page et des corrections typographiques. Mais surtout, cinq maquettes parmi elles contiennent des corrections portant sur le fond du texte, étant destinées à amender le style, nuancer les idées, modifier les exemples: c'est le cas, pour l'édition originale, de l'ensemble de la première maquette du Musée imaginaire et des 9 premiers cahiers (pp. 1-144) de la maquette de La Création artistique, et c'est le cas, pour l'édition de la Pléiade, essentiellement des «secondes» maquettes. 5 maquettes sont donc ici à considérer aussi comme des épreuves abondamment corrigées, portant de nombreuses et importantes annotations autographes. L'ensemble porte également des notes éparses d'autres mains. Le riche témoignage d'une pensée en perpétuelle évolution, à travers les versions successives de sa mise en écriture. Le fait de disposer ici de plusieurs maquettes pour les mêmes textes permet d'observer les variations qu'ils subissent de l'une à l'autre. Ainsi, la première maquette de l'édition originale du Musée imaginaire comprend encore des passages écartés par la suite (par exemple pp. 35-40 ou pp. 63-66), et la seconde maquette de l'édition originale du Musée imaginaire présente de nombreuses variantes, des passages ajoutés ou déplacés, remaniés, et un très long ajout à la fin du volume. Les maquettes pour l'édition de la Pléiade diffèrent toutes dans leur texte avec la version définitive. On voit aussi que le titre de l'édition originale a d'abord été Essai de psychologie de l'art ou Essais de psychologie de l'art avant de se réduire plus élégamment à Psychologie de l'art. Cas extrême, le Musée imaginaire figure ici au total en cinq versions différentes. Les paragraphes sur Rubens, les jésuites et l'art baroque, par exemple, y offrent une parfaite illustration du travail d'André Malraux: la première maquette de l'édition originale contient une première version (pp. 82 et 84), puis la seconde maquette de cette édition présente une version recelant déjà quelques variantes (p. 102). La première maquette de l'édition de la Pléiade contient une nouvelle version imprimée avec variantes, elle-même avec corrections autographes ajoutées (p. 88). La seconde maquette de cette édition comprend la plus importante modification (p. 90), le passage central imprimé y reprenant la version corrigée de la maquette précédente mais subissant à nouveau un remaniement: «Rubens peignant pour lui-même est moins tragique, mais plus peintre encore. Nuages, saints envolés, raccourcis extravagants, finissent par n'être plus que de riches coups de pinceau. Mais l'interruption du monde pictural [«plastique» corrigé avant biffure en «pictural»] détruit le monde théâtral, parce qu'elle détruit l'illusion moins dramatique, mais rejette l'opéra pour une féerie forcenée. Tandis qu'il conquiert l'Europe, le baroque couvre étouffe sous les flons-flons napolitains l'hymne exaltant et souvent déchiré de sa naissance: ce sont les baroques romains, qui veulent recouvrir le Jugement dernier. Le vrai drame, et les riches coups de pinceau de la vraie peinture, détruiraient le monde théâtral, parce qu'ils détruiraient l'illusion.» Enfin, les épreuves en bleu comportent encore d'infimes et ultimes variantes (p. 90). Par ailleurs, dans les maquettes de l'édition de la Pléiade, plusieurs reproductions et plusieurs cadrages diffèrent avec l'édition définitive. Pour l'édition originale, sous le titre: psychologie de l'art Le Musée imaginaire - Première maquette, dite «farfelue» 102 pp., quelques collettes manuscrites. Destinée à évaluer approximativement la mise en page, elle est la seule à présenter un aspect aussi atypique: ses pages ont été montées à partir de feuillets d'épreuves imprimés du texte, mais, pour ménager des espaces aux futures reproductions, ces feuillets d'épreuves ont subi des coupes portant atteinte au texte, et les images placées dans ces espaces n'ont aucun rapport avec le texte (images de films de Méliès, Feuillade, Léonce Perret, Marcel Carné, et de son propre film Sierra de Teruel). André Malraux s'en explique dans deux notes autographes, sur une des gardes: «1e maquette ayant servi. Corrections manuscrites et fragments supprimés. Il n'existe pas de montage semblable de la suite (j'ai alors fait la maq[uette] directement). La 1e version s'arrêtait là.» «maquette farfelue, à conserver. C'est le premier projet, avec les photos remplacées par des coupures du n° contemporain de Labyrinthe, que publiait Skira. Les légendes sont les vraies (prévues alors, certaines ont été déplacées). Très surréalistes.» Henri Godard analyse ainsi le résultat: «Malraux sait aussi s'amuser [...]. Par le comique pour les unes, par le pathétique pour les autres, ces deux séries d'images se trouvent dans un décalage éclatant avec les chefs-d'oeuvre dont la reproduction les remplacera dans le volume publié. Dans quelques cas, ce contraste entre l'image collée et l'oeuvre à venir est porté à l'extrême par leur nature respective [...]. Ce décalage, c'est la définition même du farfelu, auquel Malraux n'est pas moins sensible qu'au pouvoir métaphysique de la création artistique. Cet autre pôle de sa personnalité, moins connu ou méconnu, se traduit par une gamme de réactions qui va du sens de la blague à une sensibilité à tout fait capable de déranger ou de rompre un ordre établi, qu'il soit social ou intellectuel. Par lui, il touche au surréalisme dont il est d'autre part si éloigné» («La Maquette farfelue du Musée imaginaire», dans Présence d'André Malraux, n° 4, Paris, automne 2005). - Seconde maquette, 150 pp., soit pp. 1 à 58, 61 à 78, 2 sans numéro, 79 à 142, 8 sans numéro, de nombreuses reproductions ont été ôtées. La Création artistique - Maquette, 13 cahiers montés et 2 cahiers entièrement imprimés, comprenant en tout 238 pp., soit pp. 1 à 94 et 97 à 208 chiffrées au crayon, pp. 201 à 226 chiffrées en imprimerie, et 6 sans numéro, quelques dactylographies ajoutées, plusieurs reproductions ont été ôtées. 6 Bons à tirer autographes signés, soit un en tête de chacun des 6 premiers cahiers, «... après corrections...», datés du 31 mars 48 au 2 avril 1948. Pour la seconde édition, en grande partie originale, sous le titre: Les voix du silence Le Musée imaginaire - Première maquette, 122 pp., chiffrées 1 à 46 et 48 à 123, quelques papillons ajoutés. Les indications de mise en page sont très concrètes et généralement particulières, mais parfois d'ordre général: «Ne jamais décaler cet habillage de plus d'une ligne. S'il y a lieu, reprendre la page suivante comme elle doit être, et signaler la rupture: je changerai le texte» - Seconde maquette, 126 pp., quelques reproductions ôtées. Les Métamorphoses d'Apollon - Première maquette, 144 pp., chiffrées 124 à 129 et 131 à 268. La Création artistique - Première maquette, 194 pp., chiffrées 269 à 462. - Seconde maquette, 194 pp., chiffrées 269 à 462. La Monnaie de l'absolu - Première maquette, 174 pp., chiffrées 463 à 601 et 601 à 616 et 616 à 636. - Seconde maquette, 178 pp., chiffrées 465 à 605 et 601 à 637. Les Voix du silence «Bleus» (épreuves monochromes bleues), 640 pp., impression au recto, montage en vis-à-vis avec collage dos à dos, quelques planches imprimées en couleurs ajoutées, une épreuve imprimée en noir du bandeau montée en tête. Le volume réunit les quatre essais: I, Le Musée imaginaire (pp. 1-126), II, Les Métamorphoses d'Apollon (pp. 127-270), III, La Création artistique (pp. 271-464), IV, La Monnaie de l'absolu (pp. 465-640). Joint: - Un ensemble d'environ 80 coupures imprimées ou dactylographiées, dont une vingtaine avec corrections autographes de Malraux, principalement pour Les Voix du silence. MALRAUX (André). Ensemble of 10 lay-outs (9 with numerous handwritten corrections inc. 6 signed bons à tirer authorizing publication) and set of proofs for the two first editions of his major essays on art, respectively entitled Psychologie de l'Art (The Psychology of Art) and Les Voix du Silence (Voices of Silence). Approx. 2,260pp assembled in 11 volumes (soft covers), 3 of large octavo format (28 x 22cm) corresponding to the first edition, and 8 in smaller octavo (22.5 x 18cm), corresponding to the second edition, slightly incomplete in places. Also, connected to this work: around 80 typewritten/printed cuttings, a quarter of them with handwritten corrections by Malraux, and a letter signed by him. In these masterly essays André Malraux offers a general reflection on Art, underpinned by a lyrical, passionate vision of global art history. The ensemble was published in two stages with different overall titles. The first edition, published as Psychologie de l'Art (Geneva, Albert Skira), has three parts: Le Musée Imaginaire (1947), in which Malraux studies the corpus of reproductions available in the modern era, La Création Artistique (1948), reflecting on the artist, and La Monnaie de l'Absolu (1950), dealing with modern art. In 1951 Malraux published a second edition (Gallimard, NRF, Galerie de la Pléiade) with the title Les Voix du Silence. This new edition was reworked and corrected, and with an added fourth part (placed second) entitled Les Métamorphoses d'Apollon, devoted to artistic forms. ‘Never before had such a monument been erected to the glory of man's creative genius' (Terrasse, A.: La Méditation de Toute une Vie, in André Malraux Review, vol. 21, n° 2, Edmonton, 1989). ‘Art historians study the events and circumstances that accompany the birth of works. Malraux sought to pierce the mystery of genius. His mind never tired of observing all signs of the spirit, he believed the nature of our deepest relationship with art is metaphysical.' Hence this admirable meditation and, over and beyond the questions, the renewed exaltation in the presence of masterpieces. One must, here, talk of belief or fervour. If all Malraux's books are - as he himself wrote - ‘different chapters from the same life,' all his books on art are chapters from the same book: a hymn to creation. That reflects the emotion we feel when confronted by these proofs and lay-outs - living testimony to his attentiveness and rigour, like the meticulous care he devoted to presenting his images' (Antoine Terrasse, ibid.) The double-pages have been mounted using printed proofs of the text, cut up and stuck so as to leave room for the reproductions. In two of the lay-outs for the first edition the reproductions are blackand- white or colour photographs, in the lay-outs for the second edition, the proofs are printed in blue. The lay-outs for the first edition have been mounted front and back, whereas the lay-outs for the second edition were mounted on one side only, with the blank sides sometimes stuck together. The nine lay-outs contain plentiful instructions and typographical corrections. Above all, five of them contain corrections to the text itself, seeking to improve the style, add nuance to the ideas, and alter the examples: such is the case (with the first edition) for all the initial lay-out of Le Musée Imaginaire, and for the first 9 cahiers (pp. 1-144) of the lay-out for La Création Artistique, it is also the case for the Pléiade edition, essentially the ‘second' lay-outs.5 Lay-outs should thus be considered as abundantly corrected proofs bearing numerous major handwritten annotations. The ensemble also features scattered notes in other hands. Having several lay-outs for the same texts makes it possible to observe their successive variations. The initial layout for the first edition of Le Musée Imaginaire still includes passages that were later removed (e.g. pp 35-40 or pp 63-66), the second lay-out for the first edition of Le Musée Imaginaire has numerous variants, and passages that have been added, moved or reworked, and also a lengthy addition at the end. All the texts in the lay-outs for the Pléiade edition all differ from the final version. We learn that the title of the first edition was initially Essai de Psychologie de l'Art or Essais de Psychologie de l'Art before being shortened, more elegantly, to Psychologie de l'Art. An extreme case is Le Musée Imaginaire, with five different versions here. The paragraphs on Rubens, the Jesuits and Baroque art, for instance, offer a perfect illustration of Malraux's approach: the first lay-out of the first edition contains an initial version (pp 82 & 84), then the second lay-out for this edition has a version that already contains a few variants (p. 102). The first lay-out for the Pléiade edition contains a new printed version with variants and added handwritten corrections (p. 88). The second lay-out for this edition includes the most important change (p. 90): the printed central passage re-uses the corrected version from the previous lay-out, but undergoes further modification, viz.: ‘Rubens painting for himself is moins tragique, mais plus peintre encore. Nuages, saints envolés, raccourcis extravagants, finissent par n'être plus que de riches coups de pinceau. Mais l'interruption du monde pictural [‘plastic' changed to 'pictorial'] détruit le monde théâtral, parce qu'elle détruit l'illusion less dramatic, but rejects opera in favour of a determinedly magical world. While it conquered Europe, the Baroque couvre smothered the exultant hymn of its birth in Neapolitan flourishes: it was Roman baroques that wanted to cover over The Last Judgement. The real drama is that the richest brushstrokes of true painting would destroy thetheatrical world, because they would destroy illusion. Finally, the blue proofs include tiny, final variants (p. 90). In the lay-outs for the Pléiade edition, several reproductions differ from the definitive edition. For the original edition, entitled: PSYCHOLOGIE DE L'ART Le Musée Imaginaire - FIRST LAY-OUT, 102pp, destined to assess page lay-out, and the only one with such an atypical appearance: pages mounted using sheets of text from the printed proofs but, to leave room for future reproductions, these sheets of proofs have been cut, thereby affecting the text, and the images placed here have nothing to do with the text. (film images by Méliès, Feuillade, Léonce Perret and Marcel Carné, and from his own film Sierra de Teruel) André Malraux explains this in two handwritten notes on one of the fly-papers: 1st LAY-OUT HAVING SERVED. Handwritten corrections & fragments suppressed. There exists no similar montage of what follows (so have done the lay-out directly). The 1st version ends here. EXTRAVAGANT LAY-OUT, TO BE PRESERVED. This is the initial project, with the photos replaced by cuttings from the contemporary issue of Labyrinthe published by Skira. The captions are correct (though some were later moved). Highly surrealistic. Henri Godard analysed the result as follows: ‘Malraux also knew how to have fun.... These two sets of images - some of them comic, others pathetic - offer a striking contrast with the masterpieces whose reproductions would replace them in the published volume. In some cases this contrast was taken to the extreme by their respective natures.... This contrast was the epitome of the absurd, to which Malraux was just as sensitive as to the metaphysical power of artistic creation. This other, less well-known side to his personality came across in a range of reactions, ranging from a taste for jokes to a sensitivity fully capable of disturbing or shattering the established order, be it social or intellectual. In this way he came close to Surrealism - from which he was otherwise so distant' (La Maquette Farfelue du Musée Imaginaire, in Présence d'André Malraux, n° 4, Paris 2005). - SECOND LAY-OUT, 150pp, i.e. pp 1-58, pp 61-78, 2 unnumbered, pp 79-142, 8 unnumbered, numerous reproductions removed La Création Artistique - LAY-OUT, 13 cahiers mounted & 2 cahiers fully printed, 238pp in total, pp 1-94 & pp 97-208 numbered in pencil, pp 201-226 with printed numbering, 6 unnumbered, some typewritten additions, several reproductions removed 6 SIGNED BONS À TIRER, i.e. one at the top of each of the first six cahiers... after corrections..., dated 31 March - 2 April 1948 For the second edition, in large part original, entitled: LES VOIX DU SILENCE Le Musée Imaginaire - FIRST LAY-OUT, 122pp, numbered 1-46 & 48-123 Lay-out directions are very concrete & generally precise, though sometimes of a more general nature: 'Never move by more than one line. If necessary re-do the next page as required, and indicate the cut: I will change the text.' - SECOND LAY-OUT, 126pp, some reproductions removed Les Métamorphoses d'Apollon - FIRST LAY-OUT, 144pp, numbered 124-129 & 131-268 La Création Artistique - FIRST LAY-OUT, 194 pp, numbered 269-462 - SECOND LAY-OUT, 194 pp, numbered 269-462 La Monnaie de l'Absolu - FIRST LAY-OUT, 174 pp, numbered 463-601, 601-616 & 616-636 - SECOND LAY-OUT, 178 pp, numbered 465-605 & 601-637 Les Voix du Silence BLEUS (BLUE MONOCHROME PROOFS), 640 pp, printing on back, some plates printed in added colours, one proof printed in black. The volume contains the four essays: I Le Musée Imaginaire (pp 1-126), II Les Métamorphoses d'Apollon (pp 127- 270), III La Création Artistique (pp 271-464), IV La Monnaie de l'Absolu (pp 465-640) ALSO: - AN ENSEMBLE OF APPROX. 80 PRINTED OR TYPEWRITTEN CUTTINGS, INC. AROUND TWENTY WITH HANDWRITTEN CORRECTIONS BY MALRAUX, principally for Les Voix du Silence
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