« FRIAND... UN BRAVE...QUI JOUIT DE L’ESTIME DE TOUS LES MIL - Lot 218

Lot 218
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« FRIAND... UN BRAVE...QUI JOUIT DE L’ESTIME DE TOUS LES MIL - Lot 218
« FRIAND... UN BRAVE...QUI JOUIT DE L’ESTIME DE TOUS LES MILITAIRES... » DAVOUT (Louis-Nicolas). Lettre autographe signée à son épouse Aimée Leclerc. Liebemühl [actuellement Miłomłyn en Pologne], 2 mars [1807]. 4 pp. in-4, une déchirure angulaire sans atteinte au texte. Le maréchal Davout, véritable proconsul du Grand-Duché de Pologne. Après sa brillante participation aux campagnes de Prusse et de Pologne (batailles d’Auerstaedt, Czarnowo, Golymin, Eylau), il fut choisi en août 1807 pour commander les troupes françaises stationnées dans le Grand-Duché de Varsovie. Créée par le traité de Tilsit malgré les fortes réticences d’Alexandre Ier, cette entité politique devait être placée entre les mains du roi Frédéric-Auguste III de Saxe... lequel mit beaucoup de temps à venir en prendre possession. Il s’acquitta de sa tâche avec une grande maîtrise et justifia la confiance de l’empereur : c’est en pensant aux qualités d’administrateur déployées par le maréchal Davout en Pologne (et plus tard à Hambourg) que Napoléon Ier en ferait son ministre de la Guerre en 1815. « Je commence, ma petite Aimée, à recevoir de tes nouvelles, le courier d’aujourd’huy m’a remis tes lettres des 2 et 5 février et une sans datte. Je commence ma réponse par l’article sur lequel tu me presses le plus. Sur Mr Léon de Galz de Malvirade, tu peux assurer Mde La Forest qu’il jouit d’une parfaite santé, qu’il est aussi aguerri aux fatigues et aux dangers que notre vieux reître oncle Beaupré, ce qui n’est pas peu dire. Les chefs et les camarades du jeune Malvirade s’accordent à en faire l’éloge. Ce concert de louanges est un motif qui suffiroit pour déterminer la bienveillance des 1ers chefs militaires, mais sa parenté avec Mr et M[m]e La Forest ne peut qu’ajouter à l’envie de seconder le zèle, l’intelligence, l’activité et la bravoure que montre ce jeune homme dès son début. Assure M[m]e de La Forest que je m’occuperai avec plaisir de son parent. [Le baron Léonard de Galtz de Malvirade était alors premier page de l’empereur dont il deviendrait par la suite officier d’ordonnance, et il était le neveu de Catherine Marie de La Forest, épouse du diplomate ; le général Jean-Charles Musquinet de Beaupré, attaché à l’état-major du 3e Corps de la Grande Armée, était l’oncle maternel de la maréchale Davout.] Je ne doute point, ma bonne aimée que l’impératrice ne t’ait reçu avec sa bienveillance ordinaire et que tu n’auras pas oublié de mettre à ses pieds l’assurance de mes respectueux hommages et dévouement... Tes détails sur ma petite Joséphine [leur fille aînée, née en 1804] me donnent les meilleurs espérances. Je désire vivement partager avec toi ses caresses et jouir de ses gentillesses. Elle entre dans l’âge où un enfant est bien intéressant pour un père. Je ne dis pas pour une mère, surtout comme toi, ils le sont même auparavant d’être nés. L’arrivée de Friand [le général Louis Friant, qui s’illustra à Eylau à la tête de l’avant-garde du 3e corps, et qui était le beau-frère de la maréchale Davout], m’a fait suspendre ma lettre. Dis à sa femme qu’il jouit d’une bonne santé. Félicite-la d’appartenir à un brave qui jouit de l’estime de tous les militaires et qui a la réputation d’avoir de l’esprit sur un champ de bataille. Je lui accorde en outre dans toutes les occasions beaucoup de jugement ; plus je le connais plus je l’apprécie. J’espère, ma petite Aimée,... avoir définitivement à t’envoyer l’avancement de Desessart [le frère de la maréchale Davout, le général Nicolas-Marin Leclerc Des Essarts, chef de l’état-major de la division Friant dans le 3e corps de la Grande Armée] et de Beaupré. J’aurois bien des choses à te dire sur ta lettre du 2 et sur les reproches que tu m’y fais 1° sur l’envoi de mes chevaux. Beaumont [le général Marc-Antoine Bonin de La Boninière de Beaumont, époux de la sœur du maréchal, Julie Davout] t’expliquera la pénurie des fourrages. S’ils m’avoient suivis, ces chevaux de carosse et parade eussent déposés. Enfin, j’ai cru faire pour le mieux. [2°] La gêne où tu es m’affecte. J’ai fait ce que j’ai pu pour venir à ton secours. Beaumont te remettra mes économies. J’espère à la fin du mois ou dans le courant de l’autre pouvoir t’envoyer de 10 à 15000 f. [3°] Quan[t] à la manière que tu m’accuses d’avoir éludé de demander [à l’empereur une aide financière pour l’acquisition d’un nouveau logement parisien] en ne prenant point pour comptant les raisons que je t’ai donné, voici la vérité. Les mouvements de l’ennemi, l’incertitude du tems qui rendoit longue la communication avec Varsovie, les ponts étant fréquemment emportés, les occupations de l’empereur, la répugnance, même, que j’avois à lui demander une grâce dans un moment où je faisois
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