MIRABEAU (Honoré Gabriel Riquetti de). Manuscrit... - Lot 8 - Osenat

Lot 8
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Estimation :
1500 - 2000 EUR
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MIRABEAU (Honoré Gabriel Riquetti de). Manuscrit... - Lot 8 - Osenat
MIRABEAU (Honoré Gabriel Riquetti de). Manuscrit en grande partie autographe intitulé « [Introduction] sur la déclaration que la Russie a fait faire à la Curlande, et qui se trouve dans des gazettes de Leyde du 20 may au 3 juin ». 4 pp. in-folio, soit 2 pp. 1/2 in-folio de la main de Mirabeau, avec ratures et corrections, et 1 p. 1/2 in-folio d’une autre main, présentant des particularités de la graphie germanique, probablement celle de son secrétaire Karl von Nolde ; incomplet des 3 derniers paragraphes ; un manque marginal avec atteinte à un mot. IMPORTANT MÉMOIRE DIPLOMATIQUE DESTINÉ AU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES. En ces années-là, Mirabeau se cherchait un destin, et il fit un premier voyage en Allemagne de novembre 1785 à avril 1786, muni d’une simple lettre de recommandation de Vergennes. Grâce à son ami le futur prince de Talleyrand qui était proche de Calonne, il reçut ensuite du même Vergennes une mission officieuse de renseignement pour le compte de la France, alors que le roi de Prusse était sur le point de mourir – parallèlement, Mirabeau devait recueillir secrètement toutes sortes d’informations financières pour les affaires personnelles de Talleyrand. Il s’adjoignit à Paris les services d’un secrétaire germanophone, le baron Karl von Nolde, neveu du chambellan de Courlande, Otto Christopher von der Howen, et partit avec lui pour la Prusse, où il demeura de juillet 1786 à janvier 1787. BROUILLON PRÉSENTANT DE NOMBREUSES ET IMPORTANTES VARIANTES AVEC LA VERSION PUBLIÉE en 1789 par Mirabeau lui-même dans son Histoire secrète de la Cour de Berlin, sous le titre de « Mémoire remis à la Cour de France, sur la déclaration […] » « LA CURLANDE VIENT D’ÊTRE MENACÉE OFFICIELLEMENT D’ENCOURIR L’INDIGNATION DE LA SOUVERAINE DES RUSSIES DANS LE CAS OÙ SEROIT FONDÉ LE BRUIT QUI S’EST RÉPANDU AU SUJET DE L’ABDICATION DU DUC ACTUEL EN FAVEUR DU DUC DE WIRTENBERG, GÉNÉRAL PRUSSIEN. On sait que cet homme féroce, abhorré dans son pays au point de n’y pouvoir rester, quand il n’y craindroit pas tout des violences du cabinet de St-Pétersbourg, est fils du fameux Biren nommé duc en 1760 par l’influence ou plutôt par la terreur de la Russie qui chassa à l’aide de 40000 hommes Charles de Saxe, oncle de l’électeur et duc légitime pour installer le favori d’Élizabeth, czarine ; on sait que le duc actuel a plus d›une fois éprouvé tout le poids des ressentimens de Catherine II ; qu’il a été relégué chez lui des année entières en Sibérie ; que son influence est nulle et son abdication désirée. CE QUI N’EST PAS AUSSI CONNU, OU PLUTÔT CE QUI EST TRÈS SECRET, C’EST QU’IL Y A SIX ANS UN UKASE DE L’IMPÉRATRICE LUI ENJOIGNIT D’AVOIR À REMETTRE SON DUCHÉ AU PRINCE POTEMKIM ; et que par le conseil du chancelier Taubé [Ernst Johann von Taube] et du chambellan Howen, il conjura l’orage en faisant passer au prince Potemkim alors et toujours fort dérangé, 200 mille ducats… La crise recommence aujourd’hui, parce qu’on sent combien le duc devenu par ses économies et son avarice, las de son existence précaire et l’un des plus riches princes particuliers de l’Europe aspire à se mettre à l’abri des événemens, et que l’on craint que le cabinet de Berlin ne forme quelque spéculation sur la Curlande à l’aide d’un nouveau duc tout entier à sa disposition. Les conditions qui donnoient à la Pologne un droit de protectorat sur la Curlande cessant d’avoir force de loi au moment où cette République anéantie est dans l’impossibilité de le remplir, on appréhende sans doute que la Prusse se subroge à sa place… [Mirabeau fait ici un tableau géographique et économique du duché de Courlande]. Il est parfaitement inutile d’établir ici que LA CURLANDE ÉTANT UN ÉTAT LIBRE ET RÉPUBLICAIN dont le souverain est purement électif, de sorte qu’il peut bien abdiquer mais non pas céder ses droits, LA RUSSIE N’A NULLE ESPÈCE DE DROIT DE SE MÊLER DE SES AFFAIRES. LE DROIT EST UN MOT VUIDE DE SENS LORSQU’ON L’OPPOSE À CELUI DE FORCE. La Russie est depuis longtemps en possession de vexer la Curlande, de lui dicter ses choix, de contraindre ses suffrages, d’extorquer ou d’arracher ses denrées, et ses hommes ; il lui est arrivé de faire enlever son ministre à Warsovie, et de le reléguer en Sibérie ; et son parti est pris depuis longtemps de familiariser les Cours de l’Europe avec l’idée que la Curlande n’occupe un rang dans le monde qu’autant que la Russie veut bien en disposer… » Mirabeau propose ensuite que la France renouvelle son accord de commerce avec la Courlande, pour des raisons économiques, mais aussi géopolitiques : la France y gagnerait notamment l’accès de sa marine militaire à deux ports de la Baltique, et les relations russo-prussiennes y seraient moins tendues par le maintien d’une zone intermédiaire.
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