CAMPAN (Jeanne Louise Henriette Genest, dite... - Lot 2 - Osenat

Lot 2
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Estimation :
200 - 300 EUR
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CAMPAN (Jeanne Louise Henriette Genest, dite... - Lot 2 - Osenat
CAMPAN (Jeanne Louise Henriette Genest, dite Madame). Lettre autographe signée à la princesse Louise de Beauvau-Craon. S.l., [entre 1792 et 1805]. 6 pp. 3/4 in-4, adresse au dos, biffée. AFFAIRE DISCIPLINAIRE CONCERNANT UNE DE SES ELEVES, PROTEGEE DE LA PRINCESSE DE FOIX, Louise de Beauvau-Craon : d’abord récompensée (« nommée à la Rose »), la petite fille avait été convaincue d’avoir écrit des lettres en secret, de l’avoir nié et d’avoir donné « sa parole d’honneur » pour couvrir son mensonge. « ... J’ai donc cru devoir déployer toute la sévérité possible, et elle subi[t] dans ce moment et pour neuf jours consécutifs LA PENITENCE LA PLUS FORTE DE MA MAISON, et qui n’y a eu lieu encore qu’une fois depuis trois ans. ELLE PORTE UNE GRANDE ECHARPE NOIRE ; UN BONNET DE SOEUR GRISE EN TOILE JAUNE, AVEC DEUX ECRITEAUX SUR LA LONGUEUR DU BONNET – DEUIL DE TOUTES LES VERTUS. Remplacement de la Rose. Ce qu’il y a d’abominable, c’est qu’elle est charmante sous ce déguisement affreux, et que j’ai de grandes glasses dans ma classe... Je dois ajouter encore à ce triste récit qu’il faut bien s’observer sur les conversations que l’on peut avoir en sa présence ; elle a dit à plusieurs maîtresses et à des pensionnaires que les amies de son papa lui avoient appris que si elle étoit pauvre actuellement, elle seroit riche un jour à venir, qu’elle avoit un oncle maternel qui s’occupoit d’elle-même dans ce moment, et qu’elle seroit bien aise d’être en Angleterre parce que son papa étoit un homme de grande qualité et qu’elle auroit dans ce païs-là, le rang d’une princesse. Vous voyez, madame, que NOUS AVONS A DIRIGER UNE TETE QUI TRAVAILLE, sous des traits en apparence très calmes, et UN PETIT COEUR DISPOSE A LA VANITE, AU MENSONGE ET A LA COQUETTERIE. Je ne négligerai aucun des moyens utiles pour la corriger... » CELEBRE PEDAGOGUE FAMILIERE DE LA COUR D’ANCIEN REGIME ET DE L’EMPIRE, MADAME CAMPAN (1752-1822), était la fille d’un interprète aux Affaires étrangères et reçut une brillante éducation, apprenant par exemple l’italien avec Goldoni ou la musique avec Albanese. Elle fut nommée lectrice de Mesdames filles du roi Louis XV, puis femme de chambre de Marie-Antoinette. La Révolution la ruina, mais elle fonda une maison d’éducation à Saint-Germain en 1794 qui rencontra bientôt un immense succès : elle y accueillit entre autre la fille du futur président Monroe, la fille de l’ambassadeur d’Angleterre, Hortense et Eugène de Beauharnais, ou encore Pauline et Caroline Bonaparte. Napoléon, un temps pris d’amitié pour elle, lui confia la surintendance de la maison d’éducation de la légion d’Honneur à Écouen. À nouveau ruinée en 1815, malgré des pensions de Louis XVIII et de la reine Hortense, elle vécut une triste fin de vie. Elle laissa des mémoires parus en 1823 qui connurent un immense succès.
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