[INCENDIE DE MOSCOU] [Fédor Rostopchine]... - Lot 36 - Osenat

Lot 36
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Estimation :
18000 - 20000 EUR
[INCENDIE DE MOSCOU] [Fédor Rostopchine]... - Lot 36 - Osenat
[INCENDIE DE MOSCOU]
[Fédor Rostopchine]
[Alexandre Ier]
Copie manuscrite de 27 lettres adressées au tsar Alexandre Ier (27 mai-2 décembre 1812).
60 pages in-folio à l’encre noire sur 15 doubles feuillets de papier vélin ligné. Copie réalisée dans la seconde moitié du XIXe siècle. En français avec plusieurs notes en russe.
Placées dans une chemise portant l’inscription : « Papiers Rostopchine / Inédits / et pouvant être publiés / Donnés jadis à X*** par la Ctesse Lydia Rostopchine » et contenues dans un encartage à bords dorés fermé par un ruban (doublé de papier moderne). Pli fragilisé et petites déchirures sans manque sur la première lettre.

Passionnante correspondance du gouverneur de Moscou au tsar Alexandre Ier pendant la campagne de Russie, qui jette notamment la lumière sur son rôle dans l’incendie de la capitale russe et sur sa politique controversée à Moscou.

Le comte Fédor Rostopchine (1763-1826), père de la future comtesse de Ségur, a commencé sa carrière près de l’impératrice Catherine II. Il était très proche de Paul Ier et fut ministre des Affaires étrangères de Russie de 1799 à 1801 puis, après une pause de dix ans, il fut rappelé par Alexandre Ier et revint à la politique comme gouverneur général de Moscou de 1812 à 1814, c’est-à-dire au moment de l’invasion du pays par les troupes napoléoniennes. Personnalité hors du commun, Fédor Rostopchine est connu pour ses décisions controversées à Moscou. Après la guerre, il a passé le reste de sa vie à se justifier vis-à-vis de la société, cherchant à se débarrasser de l'image de l' « incendiaire de Moscou ». La période de sa gouvernance à Moscou reste mystérieuse et très mal étudiée jusque à maintenant.

L’archive présentée aux enchères constitue le seul document original ancien en mains privées qui nous renvoie aux origines de l’histoire de l’incendie de Moscou. Ces copies proviennent des papiers de famille de la comtesse Lydia Rostopchina (1838-1915), petite-fille du comte. Celle-ci, après avoir fait de nombreux séjours en France, s’y installa définitivement vers 1865. Elle retourna à plusieurs reprises en Russie pour y étudier les archives, dont elle tira la matière de plusieurs conférences, ainsi que l’édition des Œuvres inédites du comte Rostopchine (1894) et son ouvrage Les Rostopchine, chroniques de famille, publié en français en 1909. Les lettres du comte Rostopchine au tsar sont longtemps restées largement inédites avant leur publication en 1903 dans le Carnet historique et littéraire, probablement d’après cette copie.
La première publication de ces lettres a eu lieu en 1892 en Russie dans le journal historique « Les archives russes ». L’éditeur de cette publication indique : « Nous imprimons ces lettres d’après une copie autographe qui nous a été fournie par le comte Andreï Fédorovitch Rostopchine. Nous n'avons jamais eu en mains les originaux français des lettres de son noble père qui sont grardées dans la famille Rostopchine ». Il indique également que les lettres sont en français et que le journal publie le texte original accompagné par une traduction en russe. Cela permet de dire que toutes les publications officielles provenaient de copies manuscrites venant de la famille Rostopchine. « Les archives russes » nous indiquent aussi qu'Andreï Rostopchine prévoyait un livre à part entière consacré à cette correspondance, mais la parution a été suspendue en raison d’un procès lié aux mauvaises traductions des textes originaux. Puis, en parallèle, l’éditeur français a refusé la publication des documents du comte Andreï Rostopchine en demandant le droit d’exclusivité pour toute publication.

La copie présentée de cette correspondance a probablement servi de base à la publication française de 1903 et reste la seule copie existante dans des mains privées.

Les lettres que Fedor Rostopchine adressa durant cette période au tsar constituent un document historique de tout premier plan. On y voit le déroulement de la campagne de Russie vu de Moscou depuis la prise de fonction du gouverneur jusqu’à l’époque où il entreprend de réparer les dommages de guerre. On y suit l’approche des troupes françaises, leur arrivée aux portes de la ville, l’évacuation de celle-ci sans combattre, puis l’occupation par les Français, l’incendie, le départ des occupants, et le retour du gouverneur dans la ville ravagée.

Les lettres montrent la personnalité de Rostopchine et ses décisions historique, comme le procès de Vérestchaguine : «J’ose proposer à Votre Majesté un moyen qui pourra concilier la justice avec votre clémence. C’est de m’envoyer un oukaze pour lequel ce Vérestchaguine devra être mené à la potence pour être pendu, mais là sera seulement marqué et envoyé en Sibérie, aux travaux forcés dans les mines. Je mettrai beaucoup d’appareil à cette exécution, et on ne saura qu’il est gracié de la mort que quand je prononcerai. » (4 juillet 1812). L’histoire nous appren
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