LANNES (JEAN). Lettre autographe signée à...

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LANNES (JEAN). Lettre autographe signée à...

LANNES (JEAN). Lettre autographe signée à son beau-père François-Scholastique Guéhenneuc. Lisbonne, 18 vendémiaire an XII [11 octobre 1803]. 3 pp. in-4, adresse au dos. « J'expédie... des dépêches au 1er consul et au ministre des Relations [extérieures, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord]. Je vous prie, mon ami, de les remettre vous-même. Monsieur Bandera [le banquier lisboète Jacinto Fernandes Bandeira] m'a compté cent-mille francs, je lui ai donné un billet sur le Gouvernement. J'écris au premier consul et le prie de le faire acquiter, je ne doute pas qu'il ne le fasse, mais si sependant il faisait la moindre dificulté, je vous prie de vous arranger avec la personne que monsieur Bandera doit vous adresser. Je vous déclare, mon ami, qu'il m'ait impossible de rester davantage dans cette résidance vu les dépances énormes que je suis obligé de faire, dites donc au premier consul de me rappeller le plutôt possible, sans quoi je mangerai beaucoup plus que je n'ai. JE SUIS AVEC LE PRINCE DE LA MANIERE LA PLUS INTIME. Enfin, mon ami, quand je reste deux jours sans le voir, il m'envoit quelqu'un pour me dire d'aller chés lui. PIQUEMANIQUE VIENT D'ETRE RENVOYE [l'intendant général de la Police Diogo Inácio Pina Manique, très hostile à la France et aux idées des Lumières] ainsi que le ministre du théâtre qui, par son ordre, avait fait arretter un Français dans sa loge pour avoir aplaudi aux talants d'une actrice. Je vous promets que CE N'EST PAS PEU QUE D'AVOIR OBTENU LE RENVOY DE CETTE CANAILLE, les Anglais sont terrassais de voir que notre influance s'acroît tous les jours davantage et à leur dépans. Je ne reçois plus les journaux ni des nouvelles du Gouvernement, il y a plus de deux mois que le ministre [Charles-Maurice de Talleyrand] ne m'a pas écrit, il paraît que nous ne sommes pas cousins, au reste je n'i tiens pas beaucoup, sa correspondance est drôle avec moi, un jour il m'écrit de demander une chose au Gouvernement portugais, et un autre de ne pas le demander, de manière que JE SUIS OBLIGE DE NE RIEN FAIRE DE TOUT CE QU'IL ME DIT, JE ME GUIDE SUR LE DEVOUEMENT QUE J'AI POUR LE PREMIER CONSUL... LE PRINCE M'A DIT HIER AVOIR REÇU UN COURIER DE PETERBOURG QUI LUI A ASSURE QU'ON PARLAIT BEAUCOUP DE PAIX. POUR MOI, MON AMI, JE N'I CROIS PAS DU TOUT. JE NE VOIS MEME QU'ON PUISSE LA FAIRE AVEC UNE NATION QUI VIOLE LES TRAITES HUIT JOURS APRES LES AVOIR FAITS. JE NE VOIS DONC D'AUTRE PARTI APPRANDRE QUE CELUI D'ALLER CHEZ EUX. Je suis sûr que tout réusira à B[onaparte]. La fortune lui est dévouée comme moi, et ne l'abandonnera jamais. Adieu, mon ami, nos enfants vont beaucoup mieux depuis quelques jours, embrassez bien fort pour moi toute la famille, dites à Louis que je lui fairai santir la poudre de prai, au reste je suis sûr qu'il ne la crindra pas, il a de l'honneur [le futur général Louis Guéhenneuc, beau-frère et futur aide de camp du maréchal Lannes, également futur aide de camp de Napoléon Ier]. Mille amitiés au brave docteur que nous aimons toujours bien [son ami proche Jean-Nicolas Corvisart, médecin personnel de Napoléon Bonaparte]... » LANNES AMBASSADEUR AU PORTUGAL. Le maréchal Lannes avait été nommé le 14 novembre 1801 à Lisbonne comme ministre plénipotentiaire et envoyé extraordinaire : il y arriva le 25 mars 1802, et resta en poste de cette date au 10 août 1802 puis du 12 mars 1803 au 1er août 1804. Il eut fort à faire en raison de la forte implantation des Anglais, de la personnalité de leur ministre au Portugal Lord Robert Fitzgerald, et des manœuvres du régent, qui lui donnait toutes les apparences de l'amitié : Jean de Bragance fit de somptueux cadeaux à Lannes et accepta d'être le parrain de l'un de ses fils. FUTUR SENATEUR ET COMTE D'EMPIRE, FRANÇOIS-SCHOLASTIQUE GUEHENNEUC (1759-1840) était issu de la petite noblesse bretonne. Il fut d'abord employé dans l'administration des hôpitaux sous l'Ancien Régime puis dans celle des Eaux et Forêts sous la Révolution. Sa fille, Louise, ayant épousé le maréchal Lannes, et son fils étant devenu aide de camp de Napoléon, il vit lui-même sa carrière grandement favorisée.
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