[REGNAUD (Pierre-Étienne)]. Discours sur...

Lot 98
Aller au lot
4 000 - 5 000 EUR

[REGNAUD (Pierre-Étienne)]. Discours sur...

[REGNAUD (Pierre-Étienne)]. Discours sur l’antique gouvernement de la monarchie française. À Paris, chez tous les libraires, 1798. In-8, xxvii-(1)-335-(1 blanche) pp., veau fauve granité, dos à lisse cloisonné et fleuronné avec pièce de titre rouge, fine frise encadrant les plats, roulette dorée ornant coupes et chasses, tranches dorées , étiquette autographe de l’auteur collée sur le plat supérieur pour avertir de garder cet exemplaire (reliure de l’époque). ÉDITION ORIGINALE. Journaliste royaliste, Pierre-Étienne Regnaud (1736-1820) mena d’abord une carrière d’avocat et de procureur du Parlement. De 1790 à 1792, il fut un contributeur régulier à la presse hostile au mouvement révolutionnaire, Gazette de Paris, L’Ami du roi, etc. Il se retira à la campagne sous la terreur, mais s’offrit par voie de presse pour la défense de Louis XVI et, n’ayant pas été retenu, publia courageusement sa plaidoirie.Exemplaire de l’auteur abondamment corrigé et augmenté de sa main en 1801, en vue d’une seconde édition qui ne vit jamais le jour. Une « annonce de l’ouvrage en 1801 », autographe, sur une des premières gardes, justifie ce travail d’amendements par le fait que l’ouvrage avait été écrit sous le Directoire en 1796-1797. Le volume comprend donc environ 160 feuillets et becquets autographes reliés ou montés en marge, et de nombreuses corrections dans le texte, sur presque toutes les pages, certaines renvoyant aux feuillets ajoutés. Plusieurs ajouts et corrections viennent en fait restituer le texte originel tronqué ou altéré dans l’édition originale, dont Pierre-Étienne Regnaud n’avait pu relire les épreuves en raison de l’emprisonnement des imprimeurs durant six mois au cours de l’impression (comme il en informe ici le lecteur dans un nouvel avertissement autographe). De nombreux ajouts sont de bien plus d’importance, notamment ceux effectués dans les notes, celles-ci étant pour beaucoup de petits traités autonomes portant sur des questions particulières : les régences, les émigrés, le clergé, la noblesse, les constitutions des autres puissances européennes, notamment la Russie et l’Angleterre, etc. Ainsi de la note n° 19 (ajouts autographes transcrits ci-après en italiques) : « C’est une idée de tems de troubles de croire que parce que des sujets obéissent à de légitimes souverains, ils soient pour cela des esclaves [...] L’obéissance à l’autorité légitime est une privation de la liberté, nécessaire à celui qui se met en société [...]. Quoique le souverain ne fût soumis à aucune puissance divine, dont les rois, dit Appian, sont les lieutenans sur terre, et les lois que le prince garantit et protège [... de sa main :] La France étoit dans l’Europe le royaume où la puissance souveraine brilloit dans sa vraie majesté, en même tems qu’elle étoit tempérée par les lois... Ce n’est qu’un palliatif au sistème novateur de dire comme fait M. de Montyon [Antoine-Jean-Baptiste Robert Auget de Montyon, dans son Examen de la Constitution de France de 1799, et comparaison avec la constitution monarchique de cet État, paru en 1800]... « que là où finit l’intérest des des peuples, là finit la puissance des rois», qui en doute ? De plus grands législateurs qui lui avoient dit il y a longtems, Salus populi suprema lex esto [soit, en latin : « Que le salut du peuple soit la loi suprême]. C’est bien mieux dit... ce peu de paroles ne laisse point d’autres idées, celle si dangereuse de prétendre fixer des bornes. Qui les fixera, ces bornes pour le bien des peuples ? Écoutez Lafayette, il n’en met d’autres que l’insurrection , Bailli vous dira qu’il faut aller enlever le roi de son château , cette Assemblée de fous prétendra que le bien réside dans les droits de l’Homme , la vierge Target voudra enfanter à la France une Constitution, & chacun de ces insensés fera consister le bien des peuples dans ses folles idées. Quittons les maximes gigantesques, philosophiques, les phrases entortillées & disons bonnement que les rois sont établis par la Providence pour être les pères de la grande famille... » Pierre-Étienne Regnaud a également ajouté une épître dédicatoire autographe signée, datée du 2 juillet 1798, « au chef, rois, princes & princesses de la famille de Bourbon » (en tête), et une citation de la « lettre des Princes » qu’il aurait reçue en 1800 pour le remercier et le féliciter de l’envoi de l’édition originale, avec mention de son anoblissement par Louis XVIII (sur une des dernières gardes).
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue