Louis XVIII. Lettre autographe à Claude-Louis...

Lot 34
Aller au lot
400 - 500 EUR

Louis XVIII. Lettre autographe à Claude-Louis...

Louis XVIII. Lettre autographe à Claude-Louis de La Châtre. Château de Hartwell [à Aylesbury dans le Buckinghamshire], 25 décembre 1810. 1 p. 1/4 in-8 carré, liseré de deuil. « J’ai reçu, mon cher La Châtre, votre gros paquet par M. le p[rin]ce de Condé , je vous remercie de m’avoir envoyé l’ouvrage de M. Dutens [Louis Dutens, Correspondance interceptée, Paris, 1788, recueil d’anecdotes évoquant entre autres l’enlèvement du « masque de fer »], je l’ai lu avec le plus grand intérêt et non sans quelque fruit. Le laps de temps et les terribles événemens arrivés depuis 1788 avoient effacé de mon esprit bien des circonstances de ce qui se passa alors et mon jugement s’en étoit ressenti, aussi la lecture que je viens de faire l’a-t-elle rectifié sur beaucoup de points. Elle a encore un avantage, c’est qu’on croit lire l’histoire du présent, plutôt que celle du passé, tant la conduite actuelle du ministère est calquée sur celle d’alors , reste à sçavoir si le dénouement sera le même, Asdrubale interempto [soit, en latin, « Hasdrubal ayant été tué »], indépendamment de la différence qu’il y a de 72 à 50, et de 48 à 26. En lisant la lettre que je vous renvoye, j’ai d’abord craint d’être obligé de dire comme Grippe-Soleil, il nem’a pas amusé du tout [citation du Mariage de Figaro de Beaumarchais], mais l’heureuse combinaison de la date avec les quatre mots qui précèdent la formule finale m’a rassuré. Avec cela, il ne faut pas trop s’y fier, car la volonté de l’homme est ambulatoire, voire celle de la femme, il faut donc s’assurer que ladite dame est retournée en Berks, ne recevoir qu’alors sa lettre errante, y répondre en votre nom, expliquer les accidents qui vous ont empêché de la recevoir plutôt, dire que vous allez m’en transmettre le contenu et vous rendre d’avance garant de la sensibilité et des regrets qu’elle excitera en moi, encore voudrois-je que le mot regrets fût de cette belle écriture que le diable, qui l’inventa, auroit lui-même de la peine à déchiffrer. Adieu mon cher La Châtre. » Sur le duc de La Châtre, voir ci-dessus le n° 33.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue