CHABOT (François). Lettre autographe signée...

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CHABOT (François). Lettre autographe signée...

CHABOT (François). Lettre autographe signée à sa mère. Prison du Luxembourg, 28 nivôse an II–17 janvier 1794. 4 pp. in-4. Superbe et longue lettre de prison du conventionnel, qui serait guillotiné trois mois plus tard. Capucin converti aux idées nouvelles et devenu vicaire de l’abbé Grégoire à Blois, il adopta une position extrémiste, refusant par exemple de s’opposer aux massacres de septembre 1792, ou participant activement à l’accusation des Girondins. Il fut le premier à avoir prononcé les expressions de « sans-culottes » et de « muscadins ». Néanmoins, corrompu et spéculateur, il fut emprisonné au Luxembourg, condamné en même temps que Danton et Camille Desmoulins, puis guillotiné. Ferme dans ses convictions révolutionnaires, François Chabot convoque ici avec une certaine cuistrerie les autorités de Démocrite, Épictète, Socrate ou Montaigne, pour appuyer sa réponse aux reproches de sa mère sur les ennuis qu’il s’est attiré par ses « étourderies», et qui ont également atteint sa famille : « ... Il faut bien que les fous brisent les portes pour faire entrer les sages dans la maison de la Liberté , et je vous rappellais toutes les folies que j’ai faites à Rodès, à St-Geniès et même à Toulouse, et qui toutes ont servi la cause de la liberté, sans compter toutes celles que j’ai faites à la législature, et ma folie de juillet 1792 qui sauva la liberté de la presse, et ma folie du 8 et 9 août [1792] qui renversa le trône et celle du 31 mai pour laquelle Camboulas et Lanjuinais [les conventionnels Simon Camboulas d’Esparou et Jean-Denis Lanjuinais] voulaient m’envoyer à la guillotine et qui a délivré la République des brissotins. Eh bien ! vous disais-je, « quand je n’aurais pas été aussi heureux contre les deux factions des ultra- et des citra-révolutionnaires, mes intentions seraient toujours justifiées par mes anciennes folies que je crois avoir été utiles». À Toulouse, le 12 mai, je luttais avec sept à huit sans-culotes contre toutes les autorités constituées, contre mes collègues, contre toute la Garde nationale , et ma folie sauva le Midi de la France. À Amiens, sur la fin de juillet, je fus couché en joue par deux cens scélérats sous les armes avec sept mille gardes nationaux en révolte ouverte contre la représentation nationale, et ma folie sauva cette ville de la famine que les égoïstes avaient préparé aux sans-culotes, et du pillage que les sans-culotes auraient été forcés de commettre pour avoir du pain, et de la guerre civile qu’on avait déjà organisée. J’en fus quitte pour quelques cheveux qu’une bale m’emporta et ce fut le seul coup de fusil qui fut tiré... Il ne faut que de l’audace pour forcer le bonheur. Il n’y a rien de si heureux que les fous audacieux... Ma bonne mère..., j’étais trop heureux pour n’être pas un sujet de jalousie et par conséquent de persécution... » Joint, 8 lettres et pièces du xixe siècle concernant François Chabot.
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