FRANÇOIS DE SALES. Lettre autographe signée...

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FRANÇOIS DE SALES. Lettre autographe signée...

FRANÇOIS DE SALES. Lettre autographe signée à l'évêque de Montpellier Pierre de Fenouillet. S.l., 28 février 1616. 3 pp. in-folio, adresse au dos, papier jauni avec mouillures marginales, feuillet réemmargé avec atteinte à quelques lettres, pliures avec fentes. « Monseigneur, Je fay une supplication à Monseigneur le cardinal de Joyeuse, protecteur des PP. Capucins, affin de pouvoir obtenir le P. F. George de Saint-Joyre-La Faverge, pour le Caresme 1616. Et je vous supplie tres humbrement d'intercéder en ma faveur. Mays ce que je ne desire pas que Monseigneur le cardinal sache, je vous le diray confidemment. C'est que cette petite province de la mission a grandement besoin de predicateurs et ne sçait ou donner de la teste pour en avoir, estant separee des autres provinces et n'ayant que des Italiens et Savoyars ou Bressans. Pour cela, le P. provincial m'a conjuré de faire ce bon office, et m'a marqué specialement que j'employasse vostre intercession comme je fay en vous la demandant, Monseigneur, très humblement et très affectueuesement. Item, les Cordeliers de ce païs de Savoye ont eu nouvelles que leur provincial sollicite messieurs du Clergé de France affin qu'ilz facent retrancher leurs couvens de la province de Saint-Bonaventure, es estatz qui se celebrent, en suite de quoy les Cordeliers savoyars n'auroyent plus accés à l'esude de Paris ou ilz ont eu tant de doctes et braves docteurs qui ont regenté et gouverné en ce couvent-la comme je l'ay veu moy-mesme. Or je laisse a part l'interest de ce p[aïs], lequel pourtant me touche fort, mays j'ay un particulier interest pour ce diocese en faveur duquel feu Monseigneur Ange Justinien [Angelo Giustiniani] mon predecesseur fonda l'entretenement de bon nombre d'escoliers cordeliers, en l'estude de Paris. C'est pourquoy, Monseigneur, je vous supplie tres humblement d'employer votre authorité et dexterité pour empescher ce coup. Le dessein duquel ne peut proceder que d'envie ou de telle tentation car cest honneur a l'estude de Paris d'estendre ses rameaux hors du royaume, et nos Savoyars se sont comportés tousjours fort honnorablement, n'ayant rien fait qui leur puisse causer ce mal, sinon qu'ilz ont esté trop braves et ont obtenu les principales charges. Il y a encore l'affaire de nostre chapitre, pour ce petit benefice de Gex dont j'escris a notre grand et parfait ami, s'il vous plaît, Monseigneur, vous y contribuer de vostre faveur. ET POUR LE REGARD DU LIVRE DE L'AMOUR DE DIEU, JE LE REVOYS ET FAIS TRANSCRIRE POUR L'ENVOYER, DIEU AYDANT, CE CARESME A L'IMPRIMEUR, qui aura charge de vous faire presenter des premieres copies , je vous confesse a vous, Monseigneur, que CETTE PETITE BESOIGNE NE ME DESPLAIT PAS BEAUCOUP MAYS J'AY GRAND PEUR QU'ELLE NE REUSCISSE PAS SI HEUREUSEMENT QUE L'AUTRE PRECEDENT ?INTRODUCTION À LA VIE DÉVOTE?, POUR ESTRE A MON ADVIS UN PEU PLUS NERVEUSE ET FORTE QUOYQUE J'AYE TASCHÉ DE L'ADDOUCIR ET FUIR LES TRAITZ DIFFICILES. J'attendray l'oracle de votre jugement pour le corriger, avant qu'il vieillisse. Si vous me faites l'honneur de le voir et de me faire sçavoir les deffautz que j'y auray commis, avec autant de liberté comm'avec une veritable sousmission, je souhaite vostre censure. C'est par notre monsieur de Medio [ Jacques de Médio, curé d'Évires, chanoine de la collégiale de La Roche puis de Saint-Nizier à Lyon] que je vous escris, Monseigneur, et il prendra, je m'assure, playsir à vous dire nos petites miserables nouvelles, c'est pourquoy puisqu'aussi bien vous ay desja assés entretenu de nos menus affaires, je m'en remetz a luy, me contenant de me souscrire, Monseigneur, vostre tres humble et tres obeissant frere et serviteur François de Geneve. [P.S.] Nous avons introduit les Pères Barnabites en nostre college, gens doctes, doux, devotz, diligens, et qui en somme sont parfaitement aymables, si que nous en avons un extreme contentement... » PEUT?ÊTRE L'ŒUVRE MAÎTRESSE DE SAINT FRANÇOIS DE SALES, LE TRAITÉ DE L'AMOUR DE DIEU était en gestation dès 1607, mais avait progressivement été repensé comme un manuel de vie à l'usage des Visitandines dont il fonda l'ordre en 1610 avec Jeanne de Chantal. D'une doctrine plus savante, cette œuvre parue pour la première fois en 1616 ne rencontra pas le même succès éditorial que l'Introduction à la vie dévote (1608). Ces ouvrages majeurs de la spiritualité du renouveau catholique issu du concile de Trente, comptent également parmi les plus belles œuvres de la prose française préclassique. La correspondance de saint François de Sales représente en outre une part importante de son œuvre littéraire et spirituelle. IMPORTANT PRÉLAT, PIERRE DE FENOUILLET (1572-1652) était originaire d'Annecy et fut l'ami de saint François de Sales. Il fut prédicateur du roi, évêque de Montpellier où il déploya une grande activité, organisant notamment des missions en terre protestante, et prononça les oraisons funèbres de hautes personnalités dont Henri IV et Louis XIII. Lettre absente de l'édition du vol. VII des Lettres de saint François de Sales (Œuvres, vol. XVII), Annecy, Librairie catholique Emmanuel Vitte, 1911.
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