ÉLISABETH (Élisabeth de France, dite Madame)....

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ÉLISABETH (Élisabeth de France, dite Madame)....

ÉLISABETH (Élisabeth de France, dite Madame). Lettre autographe à la marquise de La Ferté-Imbault (s.l., 30 mars 1784, 1 p. 1/2 in-4), avec 2 apostilles autographes de celleci (s.l., début avril 1784, 3 lignes, et environ 1 p. 1/2 in-4). Le tout sur un bi-feuillet in-4. SŒUR CADETTE DE LOUIS XVI, MADAME ÉLISABETH ?1764-1794) alliait une grande piété à un caractère excentrique, signant certaines de ses lettres « Élisabeth la Folle ». Elle se montra toujours très attachée au couple royal, et Louis XVI lui offrit une maison dans le village de Montreuil, près du château de Versailles. Incarcérée en 1792 à la prison du Temple, elle fut guillotinée en 1794. Madame Élisabeth écrit ici : « Je ne puis m'empêcher, malgré vos deffences, de vous dire combien vous me faites plaisir, en me mandant que ma pupille est, et sera parfaitement heureuse , elle le mérite bien, car il m'a paru qu'il seroit difficile d'estre plus aimable, plus attrayante que ne l'est votre aimable nièce , je suis charmée qu'elle soit à son aise avec nous, je vous assure que ses compagnes, et moi, nous l'aimons déjà beaucoup. Si vous l'aviez vue le premier jour, son embarras vous auroit divertie , pour moi, qui suis portée à la méchanceté la plus noire, j'avoue que cela m'a fort amusée. C'est à vous à donner vos ordres à votre nièce, et elle voudra bien me les communiquer , pour moi, je serai très aise de vous voir, mais Montreuil sera bien glorieux de vous revoir, Madame Imbault, je tâcherai de le rendre si aimable que vous soyez tenté[e] de le rendre heureux en y revenant. Je suis très aise aussi que la connoissance de Mr de Blangy vous fasse prendre intérêt aux bonheur de deux autres personnes, car je suis persuadé[e] que Mr et Mde de Vibraye suivront leur exemple et seront heureux l'un par l'autre, en dépit de la mode , mais ce qui me fait encore plus de plaisir, c'est que cela m'ait mis[e] dans le cas de renouer connoissance avec Mde Imbault et de l'assurer moi-même de la tendre amitié que j'ai pour elle. » Dans ses notes explicatives, la marquise a indiqué : « Montreuil, maison de campagne de Madame, où je lui ai mandé que je désirois de lui faire ma cour plutôt qu'à son apartement de Versailles ». « Voici la cause qui m'a attiré[e] cette charmante lettre que j'ai reçu[e] hier au soir. Dimanche matin, j'eus une grande conversation avec la vicomtesse de Blangy pour sçavoir le vrai de ce qui [s]'étoit passé dans son âme pendant sa semaine et la manière dont la princesse l'avoit traitée. D'après son récit naïf, je juge[ai] qu'il falloit en remercier Madame, et prendre de là adroitement le prétexte de lui parler de ma passion, du plaisir que j'avois à mon âge d'estre réveillé[e] par elle, de mon ancien chevalier lanturelus le vicomte de Vibray, et de son bonheur d'avoir eppousé une fille de ma passion, que plusieurs amis communs me disoient fort aimable, et, après tout ces historique[s], je finis par dire à Madame que c'est l'énumération de [s]es bienfaits, parce que sans la place qu'elle a eu la bonté de donner à ma petite nièce, elle n'oroit pas pu faire un aussi bon mariage que celui du vicomte de Blangi, que je peint aussi sur sa véritable formes de jeune homme vertueux, raisonnable, et fait pour estre toujours un bon mary. Je finis en faisant mille tendres complimens à ma passion, à mon ami son époux, à mon cher vicomte lanturelus, et à ma future lampenne [?] » FILLE DE LA CÉLÈBRE MADAME GEOFFRIN, LA MARQUISE DE LA FERTÉ? IMBAULT était née Marie-Thérèse Geoffrin (1715-1791). Veuve à vingt-et-un ans du marquis de La Ferté-Imbault, Philippe-Charles d'Étampes, elle se brouilla avec sa mère et poursuivit seule une habile stratégie d'ascension sociale qui l'amena à se lier d'amitié avec le cardinal de Bernis, les Pontchartrain, la princesse de Rohan, le prince de Condé, les ducs de Luynes, le comte de Maurepas et surtout la comtesse de Marsan, gouvernante des enfants de France, qui l'introduisit dans le cercle du Dauphin. Comme sa mère, elle tint Salon, mais y admit des personnalités hostiles aux Lumières. Aimant le rire au point de recevoir le surnom de « madame Carillon », jouant à l'excès de la fantaisie, elle fonda le « Sublime Ordre des Lanturelus » pour lequel elle organisait des lectures de poèmes satiriques hostiles au Gouvernement, dans le but de défendre la cause parlementaire contre l'absolutisme. Elle a laissé des manuscrits à valeur de mémoires. Nattier a peint son portrait.
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